CHAPITRE I. L\l
années de sa vie se soient écoulées dans une guerre sanglante contre les Bre-
lenu le droit des Laliens*; et clans la quatrième , les villes stipendiaires , ainsi appelées parce qu'elles payoient tribut , et quelles étoient administrées par des officiers romains choisis par le préleur de la province. Toutes ces distinctions disparurent cependant peu à peu en Bretagne.
Le gouvernement général de la Bretagne étoit confié par Tenipercurà un préfet ou propréteur , qu'il investispoit de toute son autorité. Chef suprême de Tarraée, le proprétcur présidoit à l'adoiinistration de la justice , et réunissoit dans sa personne tous les pouvoirs répartis à Rome entre les divers magistrats chargés d interpréter la loi.
Le procurateur ou questeur, officier ch.irgé du recouvrement des taxes et de Tadminislralion des deniers de la province , étoit le second
* On sait que jusqu'au règne de Caracalla , les sujets de l'einpire éloient divisés en quatre classes , savoir : Cives , Latini , Italici. Provinciales , ou les citoyens romain? . les Lalins , les habitants du sol italique et les provinciaux.
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tons insoumis, prit le parti d'en revenir à la mesure plus sûre d'Adrien , en réta-
magistrat. Quoique placé sous les ordres du préfet , l'empereur seul le nommoit ou le révoquoit. G'étoit le plus souvent un espion , chargé de surveiller la conduite du préfet, lequel à une distance si éloignée du centre du gouvernement et pouvant disposer de forces si imposantes et de ressources si nombreuses, inspiroit toujours quelque défiance aux ministres. Sévère crut parer à ce danger , en divisant l'île en deux gouvernements dislincls , ayant chacun un préfet à leur tête; mais il ne paroît pas que celte mesure ait eu le résultat qu'on ,s'en promeltoit. L'histoire montre en efîet que, de toutes les provinces de l'empire, la Bretagne fut peut-être celle qui pesa le plus dans la balance de ses destinées.
On présume que l'armée de Bretagne ne fut jamais moindre de quatre légions avec les auxiliaires, ou environ fio,ooo hommes. Mais ces légions étoient toujours composées d'étrangers au sol qui les nourrissoit. Constam-
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blissant les frontières de la provlnceà son rempart qu'il reconstruisit. SésèiCy pendant son séjour en Bretagne , tint sa cour à Eboracum , aujourd'hui Yorck. Il préféra sans doute ce séjour à celui des parties méridionales de l'île, parce que de là il lui étoit plus facile de tenir en respect les Maetiens qui habltoient les parties méridionales de l'Ecosse , et d'inspirer de la terreur aux Calédoniens indépendants. Il mourut à Eboracum.
38. Depuis cette époque jusqu'au troisième siècle , nous n'avons que très-peu de détails sur l'état de la Bretagne. Quand Dioclétien partagea l'empire avec Maxi-
ment en dehors des iatéreisel des mœurs des indigèues , ils en cloient mieux disposés à soutenir raulorité ou les prétentions du prince. Les légions recrutées en Bretagne étoicn! transportées jusqu'en Arménie ou en Égyptr ; dlrs rcmplaçoient dans ces régions brûlantes h-s Aiv TneniensouKgyptien? stationnés en Br-lagnc, {Noie du traducteur.)
mien, à qui il abandonna l'Occident, Carausius, belge de naissance, reçut le gouvernement de Bononia en Gaule ( Boulogne en Picardie), avec la mission spéciale de protéger la Gaule et la Bretagne contre les pirates francs et saxons. Carausius neprévint pas leurs entreprises ; mais les attaqua au moment où leurs vaisseaux étoient remplis de butin '.Avec les richesses immenses qu'il acquit par là, il acheta le dévouement desma~ rins et des légions romaines de la Bretagne, se fit proclamer empereur, accrut Tarmée au moyen d'un grand nombre de mercenaires, et fit construire beaucoup de vaisseaux.
39. Après avoir perdu contre lui une bataille navale , Maximien fit la paix avec Carausius et lui abandonna la Bretagne.
40. Trois ans plus tard, Dioclélien et Maximien nommèrent Galère et Constance, césars ; titre inférieur, à la vérité, à celui d'auguste, mais en vertu duquel ilsparlageoient
' Eutî'opias, ]x , 10.