‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 26 sur 215 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

avec l'empereur la puissance souveraine dans les provinces qui leur étoient confiées. La Gaule, l'Espagne et la Bretagne échurent en partage à Constance. Au moment où celui-ci armoit pour soumettre la Bretagne, Carausius fut assassiné par Alectus, l'un de ses généraux, qui monta sur le trône à sa place. Au bout de trois ans, Constance débarqua en Bretagne. Alectus fut vaincu, et mourut sur le champ de bataille. C'est ainsi que Constance réunit de nouveau la Bretagne à l'empire romain; elle en avoit été séparée pendant dix ans \ 41. La ville d'Yorck fut le séjour que Constance préféra en Bretagne, à l'exemple de Sévère. Ce grand et bon prince y mourut; et son fils, le grand Constantin, y fut proclamé empereur ^.

' Aurelius Victor in Cae?. Anr. Vict. cjûl. Eutrop.

^ Euseb. ceci. Hisl. viii , i5. Euseb. in-vilâ Constant, 1^21, 22.

4a. Il paroît qu'une période de plus de soixante ans s'écoula sans qu'aucun événement remarquable arrivât en Bretagne. Sous lerègnedeValentinien,lesScots * portèrent les flammes de la dévastation dans la Province. Le comte Théodose , le phis célèbre général de son temps et père du grand Théodose, qui monta plus tard sur le trône impérial, passa en Bretagne par ordre deValent inien avec une nombreuse armée, battit l'ennemi, conquit le midi de l'Ecosse, et en fît une province romaine qu'il nomma Valen-

' C'est du règne de Constantin seulement que date l'apjjarilion des Pietés et des Scots dans rhisloire où ils occupent conslamracnt cnsuile la place des Maeliens et des Calédoniens. Tout porte à croire que fX)us ces dénominations bien différentes , ces barbares ctoioht ce[.endanl les roêmcs hordes qu'oh a vues jusqu'à présent aux prises avec 1rs Tidmaiii?. Leurs niœms et leurs usages éloieji{ Us niêtiies : leur férocité néloil pas moindre, et

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tia^ en l'honneur de l'empereur*. Il réusbit en même teins à étouffer la révolte excitée par un nommé Yalentinus, qui, banni en Bretagne, essaya , à l'aide d'autres exilés et de quelques soldats, de se faire proclamer empereur et paya ce crime de sa tête ^

43. Depuis l'époque où les Bretons avoient été subjugués par Agricola , à l'exception de quelques soulèvements partiels des Brigantes , nous ne voyons dans celte province éloignée aucune tentative faite pour arriver à l'indépendance. La sévérité

un invincible peuchaul au pillage et à la vie vagabonde formoil égalemeul le Irait distinctif de leur caractère. Au reste, les documents nous manquent complètemeut pour expliquer cette subite substitution de noms. ( Aofe àa traducteur. )

' {Note du traducteur. ) Voir plus har.t , page 09, note .

* Amm. Marcellin , xxvui , 5.

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des premiers propréteurs et )a triste expérience faite par les naturels de la pesanteur du bras de Rome , avoient brisé leur courage. La douceur d'Agricola leur av oit plus tard rendu le joug romain plus supportable, et l'introduction des commodités de la vie les avoit bientôt énervés. En s'initiant à la science des Romains, ils avoient en même temps appris à connoître leurs besoins et leur luxe. Quand Constance fît reconstruire la ville d'Autun en Gaule , détruite trente ans auparavant par Tetricus , et la fit orner de temples et de palais, c'est en Bretagne qu'on alla chercher les ouvriers et les artistes dont on avoit besoin. Les Bretons s'étant ainsi accoutumés peu à peu à la servitude , les mouvements qui eurent lieu dans leur île contre le gouvernement , furent excités non pas par des indigènes , mais par des Romains qui se faisoient proclamer empereurs par les soldats.

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