‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 39 sur 215 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Saxons de cent cinquante ans de tranquillité, troublée peut-être de temps à autre par quelque irruption de barbares venus par terre ou par mer, toutefois jamais complètement interrompue.

7. Mais cette Église, comme tant d'autres de l'Orient et de l'Occident , fut aussi infectée par l'hérésie d*Arius , prêtre d'Alexandrie en Egypte, qui, vers l'an 3i9, commença à élever des doutes contre l'éternelle divinité du fils de Dieu , et devint chaque jour plus audacieux dans ses blasphèmes. Quoique son hérésie eût été solennellement condamnée par le concile général de l'Église tenu à Nicée en Bithynie, ses partisans se répandirent en tous lieux. Il seroit difficile de préciser les progrès que fit le mal en Bretagne ; ce qu'il y a de vraisemblable , c'est que celles des églises de ce pays qui étoient tombées dans l'erreur revinrent aussi à la doctrine catholique , lorsque , vers l'an 368 , tout

l'Occident se déclara contre cette hérésie *.

8. Le schismatique Pelage sortit du sein même de l'Église de Bretagne. Natif de Bangor dans le pays de Galles, il y avoil embrassé l'état monastique et vint à Rome, oii il fit la connoissance de Cœlestius, moine irlandais. Tous deux possédoient de grands dons naturels, beaucoup de science, de zèle et d'ardeur. Ils en vinrent à nier le dogme du péché originel et à professer d'autres opinions hétérodoxes conséquences de leur première erreur. Un an avant le sac de Pvome par les Goths, ils quittèrent cette ville et se mirent à prêcher leur doctrine qui , bien qu'anathématisée dans différents conciles , trouva encore cependant un grand nombre de partisans , surtout en Bretagne ^.

' Alhnn. ad Afror. et ad Epict.

* V. Marcum Mtrcatorem.

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