CHAPITRE II
répithète de vénérable , et au mérite duquel Edmond Burke rend une si complète justice ^ ; Bède , dis-je , se plaint comme Gildas de la profonde corruption du peuple, et convient qu'à l'époque dont il s'agit, c'est - à - dire vers le milieu du 5^ siècle l'ivrognerie et la discorde dominoient même parmi le clergé^.
2 5. Le choix par lequel Vortigern, un des chefs du pays, fut appelé à la couronne, probablement du consentement des évêques , est la condamnation de ceux qui furent appelés à le faire. Ce Vortigern , comme l'appelle Bède et, d'après lui, d'autres historiens; ou Gulhrigern, comme le nomme Gildas ; ou bien encore Gwertheyrn, selon Taliessin, barde qui florissoit au sixième siècle , étoit un impie dont les
' Edmond Burke, Abridg. of ihe cngl.
Hist.
' Bedae Hist. eccles. i. i^-
S6 VIE d'aLFRED -LE-GRAND.
iniquités remplissent les annales du temps. Il ne faut pas toutefois s'imaginer qu'on lui eût donné un pouvoir absolu ; nous voyons en effet que dans les affaires importantes du pays , il étoit obligé de consulter les états. Il ne parvint pas à la couronne sans avoir à triompher d'un rival. Celui-ci issu probablement de race romaine , est appelé Ambrosius par les Anglais : les chroniqueurs gallois le nomment Emris Wledig. Les uns et les autres le représentent comme un homme brave , modeste et pieux , dont l'influence fut toujours dangereuse à l'indigne Vortigern *.
26. Cependant celui-ci dans une assemblée des états , parvint à leur persuader d'implorer le secours des Saxons contre les Pietés et les Scols '.
' Voy. Turner's Hisl. of ihe Auglo-Saxons. "^ Bedœ Hist. ecclts. i. 14.
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