CHAPITRE III
la ville , précédés de l'image de J.-C. crucifié, et en chantant des cantiques *.
5o. Ils tinrent leurs assemblées dans une église située hors la ville et qui avoit échappé à la destruction générale des églises en Bretagne. L'évéque Luidhard et la reine Berthe y avoient déjà célébré le service divin.
5i. s Quand ils s'établirent dans la de- » meure qui leur avoit étéassignée(c'est Bè- » de qui parle) , ils commencèrent aussitôt » à imiter la vie apostolique de la primitive j) Église , priant , veillant et jeûnant cons- » tamment. Ils annonçoient la parole de » vie partout où ils pouvoient , méprisoient » comme choses à eux étrangères tout ce y qui étoit de ce monde , n'acceptoient w de ceux qu'ils instruisoient que ce qui » leur étoit absolument nécessaire pour se » nourrir, vivoient en tout suivant les
' Bedce Hisl. ceci. Anç. i , 25.
« principes qu'ils enseignoient , prêts à M supporter toute contrariété et heureux M de mourir pour témoigner de la vérité » qu'ils annonçoient. La simplicité de leur » vie innocente, et la douceur de leur di- » vine doctrine inspirèrent de l'admira- » tion. Quelques anglo-saxons se conver- M tirent à la foi et reçurent le baptême... » Le roi lui-même, satisfait de la pureté w de mœurs de ces saints et des promesses » dont ils prouvoient la vérité par les nom- » breux miracles qu'ils opéroient, se con- M vertit et se fit baptiser. Le nombre des » fidèles s'accrut chaque jour. Le roi s'en « réjouissoit beaucoup , mais ne forçoit » personne à embrasser le christianisme, » bien qu'il portât plus d'affection aux » fidèles comme à des concitoyens du w royaume des cieux. Il avoit en effet ap- » pris des instituteurs auxquels il étoitre- » devable de son salut, que le service de