Grégoire témoigna à Augustin la joie
siuce rejected witli as undistlnguisliing a disregard, » (Burke. Abridgtn. of the Engl. Hist.) Il ne faut pas non plus peràre de vue que lorsque la miséricorde divine daigne descendre à une intervention immédiate , il est digne d'elle de se manifester selon les besoins et les capacités des hommes auxquels elle veut se faire connoitre.
' Greg. Epist. ad Eulog.
128 VIE d'alfp.ed-le-gra.nd.
la plus grande de ce qu'il apprenoit , lui traça des règles de conduite pour la direction de sa jeune Eglise déjà si riche d'avenir, et l'avertit, en même temps, de ne point se glorifier des miracles que Dieu avoit opérés par lui. Il lui cite les paroles de notre Seigneur à ses soixante-dix disciples : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans le Ciel !» *. Il lui rappelle que beaucoup d'élus qui ont écrit leurs noms dans le Ciel, n'ont point fait de miracles ; et que le Fils de Dieu ne reconnoit pas pour siens beaucoup d'hommes qui ont opéré des miracles ^. C'est ainsi que tout en l'encourageant, ce grand Pape cherchoit à le maintenir dans l'esprit d'humilité et le félicitoit de ce que Dieu eut daigné le choi-
' Saint Luc. x. 20.
' Saint Malth. tti , 22 , 20.
CHAPITRK III. l'K)
sir pour instrument de sa miséricorde à l'égard d'un si grand nombre d'hommes ^. Il me ;serable que la manière tout apostolique dont Grégoire envisage les miracles , met hors de doute la véracité de ceux qui sont arrivés de son temps et particulièrement de ceux dont il fait mention luimême.
56. Les heureux résultats de cette mission inspirèrent au grand Grégoire une confiance telle, qu'en esprit il voyoit déjà tous les habitants de l'heptarchie saxonne agenouillés au pied de la croix du Sauveur. Ce ne sont pas ses paroles , mais ses actions qui prouvent cette confiance. Il chargea Augustin de sacrer douze évêques et d'en envoyer à Yorck un qui, lorsque cette ville et ses environs auroient reçu la parole de Dieu, en deviendroitévéque etseroit en même temps le métropolitain des
• Gregor. Epist. ad Aup;ast.
i3o VIE u'alfred-le-grand.
douze autres. Tous ces évêques cependant, ainsi que les évêques bretons dont on comptoit un assez bon nombre dans les pays de Galles et de Cornouailles, dévoient être soumis à Augustin. Après la mort d'Augustin , l'évêque d'Yorck devoit être le mélropolltain de toute l'Eglise anglaise et bretonne ; et ensuite l'évêque d'Yorck ou celui de Londres, selon la priorité de consécration de Tun ou de l'autre. Mais ces dispositions demeurèrent inexécutées ; et la première dignité ecclésiastique d'Angleterre demeura attachée à l'archevêché de Canterbury, ville oii Augustin avoit fondé sa première église. Quand Grégoire arrêtoit, en 60 r , ces dispositions , il est probable qu'il agissoit par imitation de ce qui existoit avant le débarquement des Anglo-Saxons. Il étoit en effet naturel que Londres, comme la cité la plus considérable, et Yorck, comme siège du propréteur, fussent regardés