CHAPITRE III. l
vaiîgile fut pour la première fois annoncé dans le Sussex , par conséquent plus tard que dans le reste des états Anglo-Saxons de la Bretagne.
Voici ce qu'on rapporte au sujet de la première prédication de l'Evangile dans le Sussex. Le pays étoit en proie à une horrible sécheresse : il n'arrive que trop souvent chez les hommes grossiers, que la souffrance dont ne peut préserver ni le courage ni l'énergie , pousse au désespoir le malheureux que la foi ne soutient pas. Dans la terrible extrémité où furent réduits les habitants du Sussex , on vit des troupes de quarante et cinquante individus s'enlacer dans les bras les uns des autres et se précipiter à la fois dans la mer du haut des rochers à pic qui garnissent les côtes,
97. Une circonstance assez remarquable , c'est que par une superstition qui leur étoit particulière ou par tout autre préjugé, les habitants du Sussex ne niangeoient pas de poisson.
i56 VIE d'alfred-le-grand.
98. Cinq ou six hommes pieux vivoient alors sous la direction d'un Écossais nommé Dikul, dans une presqu'île entourée d'un côté par la mer et fermée de l'autre par d'immenses forêts. Ils s'étoient consacrés tout entiers au service de Dieu; mais leurs doctrines n'avoient pu faire de prosélytes parmi les habitants du Sussex. Sur ces entrefaites AVilfried, évéque devenu célèbre dans l'histoire ecclésiastique d'Angleterre par son zèle, ses talents et ses aventures, vint grossir la petite communauté. Celui-ci s'occupa avant tout des besoins physiques des malheureux païens. Lui et ses compagnons prirent leurs filets , allèrent à la pêche, en partagèrent les produits avec leurs voisins affamés, et leur apprirent à manger du poisson. « Ils pêchoient pour devenir y pêcheurs d'hommes '. « lis gagnèrent par là la confiance des habitants et la mirent à
' Saint Malth. ivrio.