AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR IX
procès- verbaux dressés, croit-on que les supérieurs ecclésiastiques vont crier au miracICt proclamer comme une œuvre divine les faits merveilleux qu'ils ont constatés de la manière la plus certaine? Telles ne sont pas les habitudes de TEglise. L*enquète a prouvé jusqu'à la dernière évidence qu'il n'y a là ni fraude ni illusion : c'était tout le résultat auquel le vicaire général voulait arriver. Quant aux stigmates et aux autres phénomènes extraordinaires, il incline à penser qu'ils ont une cause surnaturelle, mais il ne va pas plus loin; c'est pour lui une probabilité, rien de plus.
Il faut bien reconnaître que c'est là de la prudence et de la discrétion; mais, quelque part qu'il y ai ta faire an caractère personnel du vicaire général de Munster, on doit en faire honneur avant tout aux règles de conduite tracées par l'Eglise. Tout autre, en pareil cas, aurait fait comme lui, se serait considéré, non comme un juge, mais comme un simple rapporteur, ayant tout au plus une opinion à exprimer. Il n'y a qu'un juge qui puisse prononcer en matière de faits surnaturels et miraculeux ; c'est l'Eglise universelle , par l'organe de son chef suprême, lorsqu'il rend des décrets de béatification ou de canonisation. Hors de là, quelques fortes que soient les présomptions en faveur de la sainteté d'un serviteur ou d'une servante de Dieu, quelque surprenants que soient les faits qui se rencontrent dans sa vie, on raconte ces faits sans les qualifier, ou du moins on n'attribue aux qualifications qu'on leur donne qu'une autorité purement humaine. C'est ce que fait le père Schmœger pour sa Vie d'Anne Catherine Emmerich, en déclarant dans sa préface qu'il entend se conformer en tout aux décrets du pape Urbain Vin sur ces matières.
Ceci dit^ il est permis de. faire observer que les faits exposés dans la biographie de la sœur Emmerich,