‹ Vie d'Artus Prunier de Saint-André: conseiller du roy en ses conseils dChapitre 11 sur 23 · AU ROY · texte numérisé non relu

AU ROY

SVRE,

Je escript ceste à vostre Majesté, en suitte des commandetnens qu'elle m'a faict par sa lettre du i5 febvrier dernier, deluydonner advis du subject que Monsieur deLesdlguiéres et moy, en qualité de commissaires de l'édlct de Nantes, avons heu de establir le prescbe à la Chasna, mandement de Chasteau Daulphin ; luy escripre aussy, sy ledict presche pourroit estre mis en quelque autre endroict deçà les monts, sens incommoder ceux de ladicte religion, ny déroger à l'édict de Nantes. La vérité est, Syre, que on apporta toutes les dilatations que on peust pour ne mettre le presche audict lieu delà Chasna. Mais sur ce que ceux de la religion prétendue réformée nous présentèrent lettres patentes de vostre Majesté, données à Paris le huitiesme febvrier dernier, par lesquelles nous feusmes commandés de leur pourvoir d'un second lieu de presche, il feust advisé sur la forte instance qu'ils en firent, de leur accorder le lieu de la Chasna pour second lieu de bailliage Se servans ceux de ladicte prétendue religion, de ce que par articles secrets du dernier apvril 1 598, il vous ha pieu déclarer

DigmzcdbyGoOgle

que lorsque les pats y mentionnés seroient de vostreobaissance que vous les tréteriés, pour le regard de la religion et autres poins accordés par son édict, comme ses autres subjects, nonobstant ce quy est porté par iceluy édict. Par ces raisons, c;à la nomination des prétendues églises réformées, nous feusmes nécessités d'establir le presche à la Chasna.

Ce ne feusl sans bien comprendre les mescontantements que en recevroîent les catholiques, mesmes les voisins du Piedmont, mais vos commandemens prévalurent et sera difiicile sans donner subject de mescontantement et plainte à ceux de la religion prétendue réformée de le transmarcher aillieurs, sy vostre authorité souveraine n'y intervient.

U est vray que le jour d'hier, les sieurs de Comps et du Gros qui vont à Chastelaraud, en qualité de députés de ceux de ladicte religion prétendue du Dauphiné, ont dit à Monsieur de Lesdiguières et à moy, que, si en l'assemblée de Chasteleraud , il vous plaist, Syre, y faire remonsirer que vous prendriés plaisir que iceluy presche feust osté de la Chasna, principallement pour conlanter sa Sainteté quy vous en faict instance, que ceux de ladicte assemblée consentiront de transmarcher aillieurs ledict presche et l'oster de la Chasna, c'est le remède le plus propre que nous y trouvions. Tout le surplus des autres affaires que vostre Majesté ha en ceste province se conduit selon vos édicts, et sommes jouissans du bénéfice de la paix que il vous a pieu, Syre, y establir, quy donne tant plus d'occasion et subject à chacun de prier Dieu pour vostre prospérité et longue vie. Je suis ung de ceux quy plus m'y affectionne, et quy incessamment jette mes vœux et supplications à la prolongation de vos jours en santé et toute prospérité, pour estre comme je suis et seray toute ma vie, Syre,

Vostre très humble, très obaîssant, très fidèle subject. Prunier, S' de Sàiht-André.

De Grenoble, ce [3 jeullet i6o5.

(Ms.fr., 15,898.)

DigmzcdbyGoOgle

1 5oS. — 5 aoQt.

A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER

MoNSEiaNBUR,

Je doibs response â la lettre qu'il vous plaist m'escripre par le sieur Brosse, le 37 may 1604, je ne la pouvois consigner plus à propos que entre les mains dudict sieur Brosse pour l'honeur qu'il ha d'avoir part en vos faveurs. Il vous dira tout ce qui se passa l'an dernier aux Estats teneus ft Valence, et ce quy survînt après iceux Estats, es assemblées faictes en ceste ville. Je m'en remettre/ à luy et vous supplierey très humblement, Monseigneur, de porter ce que vous cognoistrés estre nécessaire à ceste province. Tous les gens de bien jetent l'œil sur vous, Monseigneur, je vous supplie leur vouloir continuer les effects de vostre bienveillance Je participeray aux obligations que ils vous en hau~ roni pour vous rendre service très humble toute ma vie, lequel je vous offre de pareille affection. Après vous avoir baisé très humblement les mains, je supplie le Créateur TOUS donner. Monseigneur, santé, longue et très heureuse vie.

De Grenoble, ce cinquiesme aost i6o5.

Vostre très humble, très obaissant allié et serviteur.

Prunier, S' de Saint- André.

(Ms. fr., 15,898.)

DigmzcdbyGoOgle

i6o5. — îi août.

A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER

Monseigneur,

Je adjouste aux lettres que vous recepvrés de moy par la Serve que sy vous le trouvés bon, le fils de celuy quy signa avec moy ma lettre du i3 juing dernier, se rendra à Paris, à la poursuitte des affaires qu'il y ha. 11 n'ose se mettre en chemyn, sans sçavoir s'il sera à propos, et sy vous l'aurés agréable, d'autant que luy et Us siens désirent despendre entièrement de vos commandemens, je vous supplie me esclarer de vostre intention sur ce chef, cest affaire se conduit icy avec silence et sans que aucun s'en doubte. Je ne m'en suis déclaré à ce porteur. En voiant le gentilhomme, vous en jugerés plus que je ne vous en ay escript.

Je ne vous ay cy devant donné advis du père gardien des Cordeliers de ceste ville, nommé père Castaigne : pour éluder son accusation, il dit au commanccment d'icelle qu'il vouloit parler au Roy et dire chose qui concernoit son honeur et sa vie. On n'y voulut avoir esgard, parce que on jugea que ce qu'il en faisoit n'estoit que pour retarder la formation de son procès, comme depuis il ha déclaré à Monsieur de^Lesdiguières Si je n'y eusse veu plus de jour etrecogneude l'apparence, je ne eusse différé de vous l'escripre et ce que je vous en fais sçavoir présentement, n'est que pour vous supplier que si aucun vous en avoir voulu

entretenir, il vous plaise adjouster foy à ma lettre, laquelle

est conârmée à celle de la cour de Parlement de ce païs.

Monseigneur, je vous baise très humblement les mains.

Votre très humble, très obaissani serviteur.

Prunibr, S' DE Saint-André.

De Grenoble, ce 3i du mois d'aost i6o5.

(Ms. fr., 15,898.)

i685. — 33 décembre.

A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER

Monseigneur,

Je vous escripvés, estant à Valence, les termes esquels j'estois avec Monsieur de Lesdiguières, en suittedece, tout ha esté tellement avancé que il ha pieu à Monsieur de Lesdiguières me promettre son amitié. De mon costé, je luyay offert et l'ay asseuré de mon humble service, je n'ay longuement tardé de recognoistre les effets de sa bienveillance. Carestanten ceste ville, de retour deValence.il m'en ha esté iiaict preuve en un acte inconsidéré de mon fîls oii mondict S' de Lesdiguières m'a tellement favorizé que le tout ha esté remisa mon fils : Messieurs de la Cour de parlement m'ont en cesl endroict grandement obligé. Je m'estois proposé de vous le taire, mais j'ay estimé vous en debvoir toucher ce mot, pour doubte que par autres lettres que les miennes, on ne vous en ayt donné quelques sentimens Jeescrips au Roy du succès des Estats de ceste province : ce quy n'a peu estr« terminé se parachevra en une assemblée quy se

DigmzcdbyGoOgle

- 346 ■ tiendra en cesle ville, le dixiesme du mois de febvrier prochiiin. Je ne tarderay vous faire plus ample dépesche, cependant je vous baiseray très humblement les mains, et supplieray le Créateur vous donner, Monseigneur, santé, longue vie.

De Grenoble, ce 23 décembre i6o5.

Vostre très humble, très obaissant serviteur. Prunier, S' de Saint-André.

1606. — 16 mars.

A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER

Monseigneur,

II est arrivé grand inconvénient à Monsieur de Comiers, mon cousin germain, fils de Madame de la Motte Verdeyer, scur de feue ma mère, pour avoir occis en duel le jeune sieur de Sasscnage, tils aîsnc de Monsieur le baron de Sassenage. La présente vous sera rend eue par Monsieur de Pauliane, mon cousin, frère dudict sieur de Comiers, par laquelle je vous supplie très humblement. Monseigneur, vouloir surseoir l'expédition des lettres de évocation que ledict sieur baron de Sassenage entend de poursuivre jusques à ce que ceux quy feront pour ledict sieur de Comiers soient ouys, qui ont raisons pertinentes pour l'empescher. Je vous supplie très humb'ement. Monseigneur, me vouloir accorder ceste mienne requestc,je dis mienne pour l'intérest que je puisavoir en ceste action, qui faict mien cest

- '47affairc.commes'ilme touchoit en propre, attendu l'amitié que je porte à ceste maison et l'boneur et contentement que i'ay d'estre leur proche parent, « hujusmesanguinisglorior esse. » Je continue à vous offrir mon très humble service, suppliant le Créateur vous donner, Monseigneur, santé, longue vie.

De Grenoble, ce i6 mars 1606.

Vostre très humble, très obaissant alliéet semteur

Prunieh, S^ de Saiht-Andr£.

(Ms. St., 15,898.)

Nm8.

1607 — î4 janvier.

A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER

MONSBICNEUR,

Il y ha environ cinq ans que les consuls de la ville de Saint Marcelin furent appelles devant te Roy, à l'instance des consuls de Romans, pour deffendre sur la poursuitte que ceux de Romans faisoient d'obtenir de sa Majesté la translation du bailliage de Saint Marcelin en la ville de Romans, quy a esté de tout temps estably à Saint Marcelin. Le Roy en son Conseil estima que son service et le bien de ceste province ne portoit de faire icelle translation. Ce jugement fut rendu en vostre présence, et sur vos bons advis et remonstrances. Ceux de Romans reprennent leurs poursuittes pour, nonobstant ce que le Roy en ha ordonné, attirer à eux le siège dudict bailliage. Je vous supplie très humblement, Monseigneur, vouloir continuer vos Faveurs et les effects de vostre bonne justice à ceux de Saint Mar-

- 34» — celin, leur conserver ce que par bonnes raisons ils ont obtenu naguères de sa Majesté, ne permettre que en ceste cause il soit rien ordoné que ceux de Saint Marcelin ne soient appelles^ ouys et défendus. Outre l'obligation qu'ils TOUS en hauront, je vous prie de croire que le service du Roy, le bien de ce païs ne porte de faire ceste innovation, pour plusieurs bonnes considérations quy vous seront représentées de la part de ceux de Saint Marcelin, desquelles je m'expliqueray lorsqu'il vous plaira me commander. Je vous baise Ir£s humblement les mains comme celuy quy est,

Monseigneur, Vostre très humble, très obaissant allié et serviteur. Prunier, S' de Saint-André.

De Grenoble, ce 24 janvier 1607.

(Ma. fr.. 1^,898.)

DigmzcdbyGoOgle

Page 1