DU PREMIER PRÉSIDENT
ARTDSDEPRDBERDESAINT-AIRÉ
FâVHIfiR l586 A JANVIEK 1607.
(Bibliotbique nationale : Maniucnts franfais.)
1586. — ig KvTJer.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
MoNÏEIGNEUlt,
Vous recepvrés la présante par les mains de Monsieur Rives, sieur deCezerîn, pourveu par résignation faictepar son père de Testât de maistre des comples en la Chambre des Comptes de ce pals, sur quelques difficultés quy se sont présantées à sa réception : il ha esté contrainct de recourir à sa Majesté et à Messeigneurs de son conseil d'Estat. A la prière de ses parens, quy sont, tous gens de bien et d'honneur, je vous escrips ceste-cy pour vont supplier très
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humblement de vouloir avoir en spéciale recommandation la poursuitte dudict sieur de Cezerin, luy et tous les siens vous en demoureront à jamais très obligés et moy avec eux nous ferons service en tous les endroits esquels il vous plaira nous honorer de vos commandement. Monseigneur, je vous baise humblement les mains, et supplie le Créateur vous donner santé, prospérité et longue vie.
De Grenoble, ce 19 febvrier i586.
Vostre très humble et obaissant cousin et serviteur,
Artus Prunier, S^ Dagnièses.
1^94. — i5 t6ma.
Strs,
Depuis le départ du sieur Bongars, on ha princtpallement traviùllé à l'establissement du gouverneur en chef de ceste ville et païs de Lyonnois, d'autant que par les mémoires et instructions desquelles votre Majesté m'a honoré, vostre intention estoit d'en pourvoir Monsieur de Lyon au cas qu'il feust agréable à ladite ville, s'emploiât à la réduire à vostre obaissance, et se déclarât estre vostre serviteur. En défaut de ce, vostre Majesté entendoit y pourvoir Monsieur de Chevrières Sainct Chaumont ; Monsieur de Lyon ha usé de longueurs à s'ouvrir de vouloir entrer â vostre service et recognoistre vostre authorité. Et sur ce qu'il vit, que ceste ville estoit en termes de donner advîs A vostre Majesté de celuy que elle estimoit propre d'en avoir
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— 3a3 la charge, le vendredy onziesme de ce mois, il âst déclaration à quelques-uns de ceste ville de vouloir estre vostre serviteur ; ce que il ha confirmé le jour d'hier à Monsieur le colonel d'Ornano et à moy, avec paroles par lesquelles il se fait ouir de vouloir entièrement dépendre de vos commanderoens et m'a asseuré que il depeschera à vostre Majesté le sieur de Cbaseul, son nepveu, quy vous portera de ses lettres.
Il n'entend entrer en treté avec vostre Majesté que s'il vous plaist, Sire, de luy accorder les cinquante mille eecus portés par mes instructions ; il en haura très grande obligation à vostre Majesté, laquelle il suppliera de luy donner l'eyesché de Beauvals que Monsieur le duc de Mayenne luy ha donné et outre ce une pension pour luy ayder à supporter les despenses que il luy convient soustenir et le relever des pertes que freschement il souffre par la prinse de Sainct Marcelin et le Colombier, places de cest evescbé que les ennemis ont saysy depuis deux ou trois jours. Il dé^ aussy qu'il plaise à vostre Majesté luy entretenir cinquante arquebuziers pour sa giiarde,'et cinquante chevaulx légiers soubz la charge de tel que vostre Majesté nommera, à es que allant aux champs il le puisse faire avec plus de seureté. Quant au gouverneur, il s'en remet entièrement à vostre bon plaisir. Sire, les altercations et différensont esté tds pour le gouvernement en chef de ceste ville et pays de Lyonnois que pour le m ieux de vos affaires et éviter que on n'en vint aux armes. Monsieur le colonel d'Ornano et autres, vos afHdés serviteurs, ont esté d'advis de laisser la nomination dudict gouverneur à son entier, à vostre nomination et plenière disposition. Et jusques à ce que vostre Majesté aye déclaré sur ce sa volonté, del'advis de Monsieur le colonel et des seigneurs quy l'adsistent, les consuls de ceste ville ont prins la charge dudict gouvernement, soubz vostre bon plesir. A quoy, il vous plaira, Syre, vousresouldre au plus tost et faire entendre ce qui sera de vos voluntés d'autantquela dilatation peutapporter préjudice. Monsieur
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de Chevriëres Sainct Chaumont ha maintenu icy vos affaires de tout son pouvoir, et y a rendeu bien avant preuve de sa fidélité ainsy que vous verres par celle que vous escript Monsieur le colonel d'Ornano, quy, à l'instante prière des eschevins et habitans de ceste ville, (quy l'ayment, l'honorent et chérissent infiniment), mène vos forces du Dautphiné du costé de Toussay pour divertir la construction du fort que t'ennemy y faict, lequel mis à la perfection pourroit grandement nuyre à ceste ville. Mascon ha de nouveau juré l'unyon depuis l'unziesme de ce mois. Les serviteurs que vostre Majesté y ha^ mandent, si Monsieur le colonel s'avance, il pourra arriver de mesmes à Mascon que à ceste ville, c'est l'une des principalles occasions qui donne subject à Monsieur le colonel de s'acheminer à Toussey, voysin dudict Mascon.
Et d'autant, Syre, que ce n'est moins de vertu de conserver que d'acquérir, je supplie très humblement vostre Majesté de vouloir bien considérer l'importance de ceste ville, et decroirequepourraffermirentiérementetâjamais à vostre obaîssance, il est très nécessaire, si d'ailleurs vos affaires le vous pouvoient permettre, de faire un tour à ceste ville; vostre arrivée y serviroit infiniment et profiteroit mesmesaux affaires du Languedoc, Provence et Daulphiné. Je m'en vais à Grenoble en intention de retourner icy selon 'es advis et Lttres que j'en haurey de Monsieur le colonel. Syre, après avoir supplié très humblement vostre Majesté de me vouloir honorer de ses commandemens, je supplieray le Créateur donner â vostre Majesté, Syre, très longue et très heureuse vie.
De Lyon, cequinziesme febvrier 1594.
Vostre très humble, très obaissant, très fidèle serviteur et subject.
Prunier, S' ds Sàint-André.
(Ma.fr, i3,i94, fol. 37.}
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i6ot. — Il juin.
EXTRAICT DU PROCÈS-VERBAL DE MESSEI- GNEURS ARTHUR PRUNIER , SEIGNEUR DE SAINCT ANDRÉ, CONSEILLER DU ROY EN SON CONSEIL D'ESTAT ET PRIVÉ, SECOND PRÉSIDENT EN LA COUR DE PARLEMENT DE DAULPHINÉ, GASPAR BARO ET JEHAN FIGUEL, CONSEILLERS DU ROY EN LADICTE COUR, COMMISSÈRES EN CESTE PARTIE, DEPPUTÉS PAR SA MAJESTÉ.
Le douziesme juing, mil six centz et un, sur les cinq heures du matin, au Monthelimard, en l'hostellerie du , Griffon, ha comparu, devant nous Commissères, sçavoir le sieur du Pouet Savasse accompagné de cinq soldatz quy sont entrés dans nostre chambre, ayant laissé grand nombre de ses aultres soldatz à la rue, lequel adressant la paroUe à nous, président Sainct-André, nous auroit dict son intention estre de se saysir de la ville, mesmes de la tour Sainct Martin par la force entre cy et l'heure de midy Nous ne faysons sortir les soldatz quy y sont establis en garnison par Monsieur de Gouvernet et ce pour garder la ville, en attendant que sa Majesté aye pourveu sur leurs remontrances, n'ayant heu jusques icy moyen de le fere entendre à sa dicte Majesté.
Sur quoy, nous Commissères, luy avons dict avoir patienté plus de six sepmaines à Grenoble, après avoir receu nostre commission, affîn que ceulxquy commandoyent au chasteauheussenttant plusde loysir de se rettirer au Roy et obtenir déclaration de sa Majesté
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Que le cappîtene Arnaud fist entendre à Monsieur de Genthon par ung sien escript, signé par luy, en datte du quatriesme mars dernier, que après avoir patienté longuement Monsieur de LesdiguiÈres auroit bon de ne différer davantage l'exécution de nostre commission etque nous devions nous acheminer par desçi à cest elfect. Et pour nous fortifier d'aultant à l'exécution de nostre commission, en déclaration de sa vollonté, auroit ledict sieur de Lesdiguiéres escript aux cappitaines et soldaltz, estantz dans le chasteau, audict sieur de Genthon, à Monsieur levyséneschal de Montélimard et aux consulz de la ^lle : en apprès leurs lettres auroyent esté rendues à tous, mesmes à ceulx du chasteau, des mains dudict sieur de Genthon.
Que estant icy, nous nous sommes comportés avec toute la modération qu'il nous a esté possible, que la garnison quy estoilà la tourSainct Martin yestoit establie de l'aucthorité de Monsieur de Lesdiguiéres, qu'elle y auroit esté mise par ledict sieur de Genthon, sur les commanderoentz qu'il en heust de mondict sieur de Lesdîguières : qu'il advisât bien advant que de l'entreprendre et en print advis et conseil de ses amis.
A quoy ledict sieur du Pouet fist response : que les résolutions eo estoyent prinses et que sy !es soldatz, qui sont en ladicte tour, ne sortoyent à Pamiable entre cy et l'heure de midy, il les en feroit sortir par la force, que il avoyt faict parler ausdicts soldatz, lesquelz avoyent dict qu'ils obéyroyent à ce que nousdicts Commissëres leur en ordonnerons.
Ce que entendu par nousdicts Commissures, nous aurions dict audict sieur du Pouetque ladicte garnison estoit en ladicte tour, advant nostre arrivée en ceste ville, que nostre commission ne s'estendoit sy advant d'establir etdestituer ladicte garnison, mesmes celle d'oti est question, puis qu'elle y estoit mise de l'aucthorité de Monsieur de Lesdiguières, que nous le prions de surseoîrpour quelques jours, dans lesquelz nous advertïrions Monsieur de Lesdiguiéres.
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-3Z7- Quelques proppos que nous luy ayons tenu, il a tousiours persisté.
A l'instant est entendu dans notre chambre le sieur de Cotnps, accompagné du sieur de Rociieffort, du sieur de Lastic et autres, quy nous ont déclaré estre très humbles, très obéissantz, fidelles serviteurs du Roy ; que ayant sceu la descente du sieur du Pouet du chasteau en la ville avec ses soldatz, ilsseprésentoyent à nous pour ferecequenous leur marquerons pour le service du Roy : ce dont nous les aurions grandement loués et yceulz exhortés de continuer en ceste résolution.
Comme ledicl sieur du Pouet se feust rettiré, nous ayant déclaré à son despari qu'il n'entendoit empescher nostre commission, l'accompagnant juaques à la rue, nous y vismes grand nombre de soldats avec armes.
Après son despart, nous Commisséres avors prié ledict sieurdeComps, comme parent du sieur du Pouet, de le disposer à changer ses résolutions, il s'en excusa sur ce chefs ; que le sieur de Gouvemet luy a remonstré qu'il est question icy du service du Roy et non du particulier du sieur de Gouvernet, et ba persisté.
Pour ne rien laisser en arriére, nous priasmes ledict sieur de Gentbon et le sieur de Lastic d'aller trouver ledict sieur du Pouet pour luy dire que nous despescbions promptementà Monsieur de Lesdlguières, que dans peu de jours nous en aurions response, s'il vouloit différer et arrester les résolutions. Que pour le moingtz il heust agréable que les soldatz, quy sont en ladicte tour, y demeurassent sans en sortir, ny faire acte de guerre et que pour leur oster tout ombraîge que ledict sieur du Pouet laissât des siens en garde de ladicte tour. Lesdicts sieurs de Gentbon et Lastic le luy firent entendre mais ilz ne peurent advancer aulcuné chose avec ledict sieur du Pouet, quy de plus fort déclara qu'il persistoit à ses premières résolutions. Qu'il montoit au chasteau pour fere lascherle canon, sy à l'heure de midy iceulx soldatz ne sortoyent de ladicte tour Sainct Martin,
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disant que ce qu'il en faysoit estoit sur l'advis qu'il havoit heu que Monsieur de Gouvemet levouioit prévenir comme ledict sieur du Pouet avoit dict ce matin. Mais nous luy aurions faict entendre que l'intention dudict sieur de Gouvernet n'estoît telle, et que mesmes pour lever tous ombraiges, ledict sieur de Gouvernet, ny ses en&ns et aulcungs des siens n'estoient comparus en ceste ville pour nous laisser fere nostre commission tant plus librement.
A l'instant nous aurions mandé le sieur Jacques Boucharle, ung des conseillers de la maison consulaire de ceste ville , audict sieur de Lesdiguiéres, luy donnant advis à tout ce que dessus.
Ledict jour, douziesme )uing mil six centz et ung, environ sur les onze heures et demy du matin, ledict sieur du Pouet Savasse, accompagné de nombre de soldatz armés, se présenta d vant nous en ladicte hostellerîe, et derecbefz auroit dict à nous dicts Commissères qu'il alloit forcer la tour Sainct-Martin et lascher contre icelle tour l'artillerie, dont il nous avoit voulu avertir.
Surquoy nous luy aurions remonstré qu'il ne le debvoït entreprendre, qu'il s'estoit dict et qualiffîé jusques îcy serviteur du Roy, que sa Majesté ne trouveroit bon de telles procédures : nous estions en paix et avions à vivre soubz les commandemens de sa Majesté quy avoit assés d'aucthorité pour la fere recognoistre ; le priant de considérer le danger auquel il s'exposoît. Que en ce quy concemoit la tour de Sainct Martin, nous Commissères , n'avions nul pouvoir sur les gens de guerre. Que soudain que ledict sieur du Pouet seroit venu céans ce matin, nous aurions despescbé ung courrier & Monsieur de Lesdiguiéres pour luy fere entendre ce qu'estoit survenu en ceste ville ce matin, sur les propos que ledict sieur du Pouet nous avoit tenus et où il voudroit continuer à ses dessains. Qu'il beust doncques agréable de surseoir jusques à ce que Monsieur de Lesdiguiéres eust mandé sa volonté !
A quoy le sieur du Pouet resfK>ndict : que les conseylz
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— iig — en estoyent prins et qu'il alloit exécutter ses résolutions et fcre tirer le canon contre la tour Sainct Martin.
Ne pouvant rien advancer avec luy, après luy avoir faict sur ce subjeci touttes les remonstrances à nous possibles pour l'en divertir, nous l'aurions accoupagné jusques à la rue ob nous aurions veu nombre de soldatz armés avec cuyrasses et aultres armés quy l'accompa* gnoyent.
A l'instant après son despart, nous Commissères, aurions Ëiict entendre à Monsieur de Genthon les propos et résolu; tions dudict sieur du Pouet, le priant de luy aller parlei* de recbefe pour moyenner s'il estoit possible de le divertir de ses résolutions. Ce que fist ledict sieur de Genthon, accompagné du sieur d'Aramon et du sieur Bergier du Monthéïimard , quy l'heure d'après seroyent retournés et nous auroyent dict : avoir parlé sur le pont levîs du chasteau audict sieur du Pouet, accompagné icelluy sieur du Pouet de grand nombre de soldats, auquel il auroit faict touttes les remonstrances à luy possibles pour le destourner de son entreprinse; à quoy il n'auroit rien profficté, ains de plus fort ledict sieur du Pouet se seroyt roydy à ses résolutions et dict qu'il alloit fere tirer le canon. Comme de faict il fist, car à l'instant il fist tirer quelques voilées de canon après lesquelles les soldatz se rendirent.
Après la prinse de ladicte tour, consydère que ledict sieur du Pouet le matin , de son aucthorité, par le moyen de ses gens de guerre, s'estoit saysy des portes de la ville où il avoit mis corps de garde de soldatz et que d'heure à aultre il faysoit entrer gens de guerre dans la ville et le chasteau.
Nous Commissères, ayans mis en considération le danger auquel nous pouvions estre de y demeurer plus longuement, et que nostre sesjour audict Monthelimard y serait inutille et impossible de y pouvoir continuer en liberté et seureté nostre dicte commission, aurions prins résolution de nous en rettirer. Ce que advant nostre des-
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canon la tour Sainct-Martin, de laquelle il mit dehors lee soldats y establys en garnison par Monsieur de Lesdiguiëres. Ce remuement s'est passé sans effusion de sang et sans ravage et rançonemens. Messieurs Baro , Figuel et moy, jugeasmes nostre résidence audict Monthelimard estre inutile, y estant l'authorité du Roy du tout abbatue; nous en sortismes, ayant par ce moien interrompu le cours de nostre commission qui estoit fort advaocée. Il vous plaira de voir l'extraîct de nostre procez verbal que je mande aur Roy, qui contient au vray le succez de ceste affaire. Je vous supplie, Monseigneur, me marquer ce que sera des volontés et commandemens du Roy et vostres, pour ce que concerne nostre commission auxquels je me conforœeray pour n'avoir autre désir que de demeurer toute ma vie,
Monseigneur,
Vostre très humble, très obéissant allié et serviteur. * Prunier, S' de Saint André. .
De Saint-André, près Romans, le i5 juing 1601. (Ma. (t., i5,8g8.)
i6o3. — 14 août.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
Je vous ay escript souvent pour les affaires de mes amis, naîntenant je recours par la présente à vous, Monseigneur, :n un affaire quy en mon particulier me touche à Thon-
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neur auquel je vous supplie ne m'abandonner et me fortifier de vos faveurs. C'est que lundy, onziesme de ce mois, aiant esté appelle pour me trouver au conseil tenu lors par et chez Monsieur de Lesdiguières, pour les affaires de ceste province, tedict sieur de Lesdiguières m'aiant donné la séance quy m'appartenoît , survint Monsieur de Saint Julien, premier président en la Chambre des comptes de ce pais, lequel se sentant fort des faveurs de mondict sieur de Lesdiguières dit que je luy prenois sa place. Sur quoy je remonstray à Monsieur de Lesdiguières que la place en laquelle il m'avoit faict seoir, estoit celle en laquelle mes devanciers, seconds présidens en ce Parlement, avoient esté assis aux Conseils de Messieurs les lieutenans géoéraulx du Roy en ceste province, de laquelle j'avoîs tousjours jouy, mesmes depuis le temps que Monsieur de Lesdiguières estoit en charge sans aucune contradiction. Que jamais Messieurs les premiers présidens de la Chambre des comptes ne m'y avoient troublé , lesquels , veoans au Conseil de Monsieur le lieutenant général , se contentoient d'estre assis après le dernier conseillier de la Cour. Que si Monsieur de Sainct Julien sevouloit relever d'estre conseillier au Conseil d'estat, que j'avois cest honneur de l'estre et d'y avoir esté repceu sept ou huict ans avant luy. A présent ledict sieur de Sainct Julien se faict ouyr d'en vouloir escripre au Roy, et que il ira en Cour pour me faire deschoir, s'il peust, de mes prétensions. Je me résouls de le suivre, et par vostre aide j'espère que ce quy m'appartient me sera conservé.
Je vous en ay voulu escripre la présente, en humble supplication, à ce que sy ledict sieur de Saint Julien escripvoit au Roy à mon préjudice, ou allant en Cour, arrivoit avant moy ; qu'il vous plaise, Monseigneur, me favorizer que aulcune chose soit terminée en ce mien afiiaire, sans que je sois ouy. Vous suppliant de croire que ce différent ne provient pour ambition que j'aye d'entrer aux Conseils de mondict sieur de Lesdiguières, pour le peu de contente-
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volonté que vous portés à ce corps, que pour mon particulier. De sorte que avec raison j'ay occasion d'attribuer ceste mesme fortune à vous, Monseigneur, et de m'estudier â le recognoistre par humbles services et submissions à vous, Monseigneur, et aux vostres.
J'ai infiniment déféré aux sages advis qu'il vous a pieu me desparttr par vos dernières lettres et suivant icelles^ j'ay composé les affaires que j'avois avec Monsieur de Lesdiguières et avec Monsieur de Sainct JuUîen, premier président en la Chambre des Comptes , de sorte que j'en demeure satisfaict comme ils sont de leur cosié ; tous deux se sont trouvés à ma réception et m'y ont aidé.
Quant à Madame Dillins, je la vois et visite fort souvent, et luy rends service de bon cœur; j'augmenteray le désir que j'ay de luy complaire et la servir en toutes occurrences, puisque je cognois que vous l'avés agréable et qu'il vous plaist me le commander, voulant entièrement despendre de vos commandemens et m'y conformer en tout et partout.
J'ay cy devant supplié. Monsieur de Saint Fuscean de s'ouvrir à vous, Monseigneur du désir que j'ay de mériter l'honeur de vos faveurs et bonnes grâces par rénovation d'alliance en vostre meson. Je suis attendant sa response, et sur les lettres qu'il m'a cy devant escriptes, j'ay advancé mes affaires ; de sorte que lorsqu'il vous plaira me commander de me rendre à Paris à cest effect, je ne faudray de m'y acheminer et m'y conduire tout ainsy que je pourray cognoistre que vous l'aurés agréable. Et sur l'espérance que je me donne d'avoir bientost vostre response , après vous avoirjtrès humblement baisé les mains, je supplieray le Créateur vous donner, Monseigneur, santé, longue vie.
De Grenoble, ce 26 novembre i6o3.
Vostre très humble, très obaissant allié et serviteur. Prunier, S'' de Saint André.
(Ha. fr., 15,898.)
DigmzcdbyGoOgle
1604. -' 34 dMI.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
Monseigneur,
Vous recepvrés, avec la présente, le depesche de Messieurs de la cour de Parlement de ce pals concernant la nomination de Messieurs les présidens et conseilliers catholiques, quy hauront à servir en la Chambre de l'édict, ceste année. Ladicte cour ha estimé que sa Majesté doibt commander A ■Monsieur le président de ûoroe de continuer encores icelle année le service en ladicte Chambre pour taire cesser la difficulté qui surviendroit, si Monsieur le président de Chevrières y idloit servir, lequel Monsieur le président Marquet, quy est de la religion prétendue réformée, ha opinion debvoir précéder, et présider comme plus ancien en ladicte Chambre, sy ledict Chevrières y va servir, cequy apporteroit extresme mescontentement aux catholiques de ceste province.
Je vous supplie. Monseigneur, de prendre en bonne part l'advis que je vous en donne par ceste mesme lettre, laquelle n'estant à autre effect, après vous avoir baisé très humblement les mains, je finiray par prière à Dieu
vous conserver, Monseigneur, en santé, bonne, longue et heureuse vie.
De Grenoble, ce 24 may 1604.
Vostre très humble, très obaissant allié et serviteur. Prunier, S' de Saint- André.
(Ms. fr., 15,898.)
DigmzcdbyGoOgle
1604. — i5 tulllet.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
MOHSBIONBUR,
La commodité de Monsieur de Sainct Julien, premier président en la Chambre des Comptes de ce pals, me donne subject de vous escripre la présente pour vous supplier très humblement vouloir favorizer de vostre justice la poursuitte que Messieurs les commissaires, establis en ceste province à la réunion du doméne du Roy, ont à foire devant vous. Monseigneur, pour estre dressés des vacations qu'ils ont foict et faîront cy après en leur commission, sur les remonstrances que vous entendrés de leur part par la bouche dudict sieur président.
Lesdicts sieurs commissaires ont servy si utilement, que ils ont rachepté et réuny au domène du Roy, environ quarante mil livres de revenu, avec telle droiture que aucun ne s'en plaint. Je vous supplie très humblement. Monseigneur, y faire bonne considération. Ma lettre ne sera plus longue que pour vous offrir mon service très humble et supplier le Créateur vous donner.
Monseigneur, santé, longue et très heureuse vie.
De Grenoble, ce aS jeullet 1604.
Vostre très humble, très obaissant allié et serviteur.
Prunier, S'' de Saint-Andrë.
(Me. tr.. i5,8g8)
DigmzcdbyGoOgle
N'ii.
i6o5. — 6 juillet.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
MoNSEiaNEOR,
Vos deux lettres du 24 juing dernier m'ont esté rendues en ceste ville, le 4 de ce mois de jeuUet, le lendemain l'affére de Chasteau Daulphin fust mis en délibération entre Monsieur de Lesdiguiëres et moy. Nous vous envolons extraict des lettres patentes de sa Majesté, en vertu desquelles, nous avons nommé pour second lieu, à ceux de la religion prétendue du Daupbiné, la Chasna, parroisse du mandement de Chasteau Daulphin, par les raisons quy sont contenues en celles que Monsieur de Lesdiguières et moy vous escripvons de ce jour. La sollicitation fut s> importune de la part du capucin, père Estienne de Tende, que je fus conseillé luy escripre la lettre de laquelle vous m'avés mandé la copie.
Quant au surplus de vostre lettre, il me semble. Monseigneur, que il seroit difficile de prendre une résolution plus saine pour l'honeur de vostremesonquecellequevousprenés: plus je y pense, et plus je me confirme à mes précédentes. Croies, Monseigneur, que le party, nommé en ma lettre du 23 juing dernier, sera plus à propos pour vostre meson. A le tout prendre, les affaires en sont en pareils termes qu'ils estoient ledict treziesme de juing. Lorsque il vous plaira déclarer plus ouvertement vostre intention, ^le sera suyvie, j'en ay tiré encores hier parole de ceux qu'il appar-
DigmzcdbyGoOgle
tient. Monseigneur, je vous baise très humblement les mains, et supplie le Créateur vous donner longue vie.
De Grenoble, ce sixiesme jeullet i6o5.
Vostre très humble, très obaissant serviteur.
PKtntBR, S' I» Samt-Andiuë.
(Mb. fi-., iS.SgS.)
i6a5. — i3 juillet.
A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER
MONSBtONBUR,
Depuis la lettre que Monsieur de Lesdiguières et moy vous avons escript, le sixiesme de ce mois de jeullet, concernant le presche de Chasteau Daulphin, j'ai repceu par lettres, dattées du 25 juing dernier, commandement du Roy de luy donner advis des causes que Monsieur de Lesdiguières et moy avons heu de establir le presche k la Chasna, mandement de Chasteau Daulphin, et des expédiens pour le transférer aiUieurs, sans incommoder ceux de ladicte religion, ny déroger à l'édict. A quoy je satis&icts par celle que j'en escripts à sa Majesté, laquelle je laisse ouverte, afin que il vous plaise la voir et en user comme il vous semblera. Je vous ay escript amplement le jour d'hier, et mandé mon dépesche à Monsieur de Refuge sur l'opinion que j'ay que Monsieur l'archevesque de Lyon soit party de Lyon. Je ne puis rien adjouster à la présente, ny à mes présédantes que la très humble supplication que je fais à
^DigmzcdbyGoOgle
Dieu vous donner, Monseigneur, santé, longue et très heureuse vie.
De Grenoble, ce i3 jeullet i6o5.
Vostre très humble, très obaissant allié *;t serviteur. Prunier, & de Saint-André.
{Ms, ff.. 15,898.)
i6o5. - i3 jmllet.