‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 104 sur 233 · LIVRE V. 3J · texte numérisé non relu

LIVRE V. 3J

charge à son aile droite, qu'il commandait, ayant oui ces nouvelles, dit à l'envoyé de Parménion :

« Va dire à Parménion qu'il n'est pas sage , qu'il raisonne très-mal; et que le trouble où il est lui a fait oublier que, si nous remportons la victoire , nous serons maîtres de tout ce qui est à l'ennemi, et que si nous la perdons, nous ne devons nous mettre en peine ni de bagages , ni de prisonniers, mais penser seulement à bien vendre notre vie et à mourir glorieusement. y>

Le roi, en envoyant cette réponse et cet ordre à Parménion, mit son casque, car il avait déjà mis dans sa tente le reste de son armure, qui était un sayon de Sicile, qu'on mettait avec une ceinture, et par-dessus une double cuirasse de lin bien piquée, qu'il avait gagnée à la bataille d'Issus. Son casque était de fer, mais plus brillant que l'argent le plus pur. C'était l'ouvrage de l'armurier Téophile. Le hausse-col était aussi de fer, mais tout semé de pierreries. 11 avait une épée très^légère à la main et d'une trempe merveilleuse, que le roi des Citiens lui avait donnée et qu'il portait dans les combats , car il

aimait partieulièrraieDit à se servir de l'épée. Il portait une cotte d'armes qui s'attachait avec une agrafe d'un travail exquis et d'une magnifieence fort au-dessus de celle du reste de son armure. C'était l'ouvrage de l'ancien Hélicon et un présent gue la ville de Rhodes lui avait fait po«r donner une marque poUique de TadmiratioD qu'dle avait pour lui^ et il s'en servait les jour? de CMubaL

Pendant qu'il rangeait ses troupes en bataille et qu'il parcourait tous les rangs pour faire ses dispœitiotts et donner ses ordres, il montait un autre cheval que Bueéphale, qu'il épargnait parce qu'il était déjà vieux; mais dès qu'il n'était plus question que de combattre, on lui amenait Bucéf^le^ et il n'était pas plutàt dessus qu'il faisait donner le signal de la charge.

Plutarque^ d'après Callisthène^ confond ainsi le commeocement avec la crise de la bataille, et s'amuse aux anecdotes et aux descriptions épiques avant de préciser Tévénement.

L'événement se noua, se compliqua et se dénoua ainsi. On n'en a que la physionomie générale et quelques épisodes principaux, comme le

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