LIVRE VI
de se faire l'écho en racontant le chimérique incendie de Persépolis.
ce Les habitants de ces lieux âpres et inaccessibles^ dit-il^ qui logeaient en des cabanes éparses^ se croyant en sûreté au milieu d'un pays inaccessible^ n'eurent pas si tôt aperçu l'ennemi que^ tuant ceux qui ne les pouvaient suivre, ils gagnaient les montagnes détournées et chargées de neige. De là, venant peu à peu à s'apprivoiser par la communication des prisonniers, ils se rendirent au roi, qui les traita doucement. Ensuite, ayant couru et ravagé toute la campagne de la Perse et réduit plusieurs bourgades en sa puissance , il passa dans les terres des Mardes, nation belliqueuse et bien éloignée de la façon de vivre et de la mollesse des autres Perses. Ils creusent des cavernes dans les montagnes, où ils se cachent avec leurs femmes et leurs enfants, et ne se nourrissent que de la chair de leurs troupeaux et des bêtes sauvages. Les femmes même, contre leur naturel , n'y sout pas moins farouches que les hommes. Elles ont les cheveux hérissés comme des Furies; leur robe ne leur va que jusqu'au genou, et leur front est environné d'une fronde qui leur sert d'ornement de
téie et d^arme tout ensemble. Mais un même torrent de fortune entraîna ces peuples comme les autres , et le roi^ au bout de trente jours , s'en revint à Persépolis^ où il fit des présents aux grands de sa cour et à tous les autres selon leur mérite , et distribua presque tout ce qu'il avait pris dans cette ville^ que l'on pouvait dire la plus riche qui fût sous le ciel.
« Mais toutes ces grandes qualités > ce naturel admirable qui le mettait au«dessus de tous les autres rois^ ce courage à l'épreuve de toutes sortes de dangers^ cette promptitude à entreprendre et à exécuter^ cette foi envers ceux qui se rendaient^ cette clémence envers les captifs^ et cette modération dans les plaisirs même innocents^ ne devaient pas le préserver de la contagion des vices de l'Asie. »
Ce second séjour de trente jours à Persépolis fut vraisemblablement employé à toute autre ocr cupation qu'à ces orgies dont l'accuse ici Quinte- Curce , pui&qu'aprèsun si court repos^ et encore