‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 15 sur 233 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

Olympias et son fils demandèrent asile aux Illyriens. Le philosophe Démoratus de Corinthe négocia une prompte réconciliation entre Philippe et Olympias. Philippe rappela son fils et sa première femme à Pella. Ces dissensions domestiques^ plutôt palliées qu'éteintes^ laissèrent néanmoins des germes de mort dans le cœur de Philippe.

Ce prince^ infatigahle d'exploits, après avoir subjugué Byzance, marcha vers les bouches du Danube et livra bataille aux Scythes de la mer Noire. Il y reçut une blessure dont il resta boiteux; et comme il se plaignait, à son retour, de cette Infirmité qui ralentissait sa marche : — « Comment pouvez-vous vous affliger, » lui dit son fils, « d'une blessure qui vous rappelle à « chaque pas une victoire? »

Mais toutes ces expéditions de Philippe contre les Barbares n'étaient que le prélude et comme l'exercicede ladomination qu'ilaspirait à établir, tantôt parla diplomatie, tantôt par la guerre,

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sur la Grèce. La politique de tout son règne avait consisté à s'y faire des alliés de quelques-unes des républiques de la confédération pour l'aider à asservir les autres. Il était à demi«parvenu a les dominer toutes. Larivalité de ces petits États était son plus puissant auxiliaire. La Grèce s'apercevait trop tard qu'en voulant se donner un allié elle s'était donné un maître. Elle affectait maintenant^ pour sauver sa dignité à ses propres yeux, de choisir volontairement pour chef de ses armées celui qu'elle détestait en secret comme son oppresseur. Le conseil des Amphyctions, sorte de congrès souverain des représentants de la majorité des États grecs confédérés, l'avait nommé généralissime des contingents grecs pour rétablir par la force la concorde entre les États dissidents. Une rébellion des Locriens contre les décisions du congrès servit de prétexte à Philippe. Il franchit les frontières au printemps. Les Athéniens, qui disputaient aux Lacédémoniens l'ascendant sur les conseils de la Grèce, étaient les partisans et les alliés ordinaires du roi de Macédoine. Cependant ils rougissaient, aux yeux des Lacédémonienset desautres Etats^ d'une déférence envers Philippe dans laquelle on

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