‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 16 sur 233 · LIVRE I. as · texte numérisé non relu

LIVRE I. as

pouvait voir une trahison de la patrie commune. Ils ne résistaient pas à la servitude^ mais ils demandaient à cette servitude de çauver du moins les apparences de la liberté. Ils prièrent Philippe de suspendre les hostilités contre le Péloponèse jusqu'au printemps^ lui promettant d'apaiser les différends par les négociations pendant cet ajournement de la guerre. Pour toute réponse Philippe^ appuyé par les Thébains^ rivaux d'Athènes^ entra dans la Phocide et s'empara des places fortes qui confinaient avec le territoire de Thèbes et d'Athènes.

A cette insolence le peuple humilié d'Athènes répondit par une clameur d'indignation : indignation impolitique parce qu^elle était trop tardive. Le plus éloquent des orateurs qui ait jamais manié le cœur de la multitude par des paroles souvent plus téméraires que sages^ Dé^ mosthènes^ tonna contre Philippe dans l'assemblée du peuple.

Philippe y était représenté par des ambassadeurs presque aussi éloquents que Démosthènes. L'un d'eux, Byzantin d origine, nommé Python, parla aux Grecs le langage sévère, mais politique, de la nécessité; il leur démontra qu'entre

Athènes, sans autre force que ses orateurs, et Philippe, à la iète d'armées invincibles établies déjà dans le vestibule d'Athènes, la Grèce n'hésiterait pas plus que la fortune à se déclarer pour Philippe. Il les railla sur Timpuissance des belles paroles devant les bataillons des Macédoniens. Il leur montra la division de la résistance qu'ils reprochaient aux Thébains de n'avoir pas opposée à Philippe en se faisant tuer gracieusement pour les Athéniens immobiles. Il leur représenta que Philippe, véritable et seul soldat de la Grèce contre les Perses et contre leurs propres dissensions, leur était mille fois plus secourable, plus dévoué et plus utile que leurs orateurs et leurs sophistes. Il insulta par son nom le plus popu* laire,le plus dangereux de ces orateurs, Démosthènes. « Prenez-y garde, dit-il en finissant; la force des Macédoniens n'est pas dans Philippe seulement, elle est dans Alexandre, qui a déjà donné de telles marques de son génie qu'il ne sera inégal à aucune gloire. »

Démosthènes, qui s'était posé depuis longtemps en adversaire personnel de Philippe etqui n'avait de responsabilité que celle de ses invectives, prononça à son tour une de ses plus élo-

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