LIVRE VI
macédoDîenae et la conquête^ que Parménion fût frappé du même jugement qui frappait son fils. Il fallait plus^ il fallait que Parménion fftt frappé avant de connaître le procès et le supplice de Philotas; car^ s'il avait connu ce supplice^ il aurait prévu le sien^ et^ s'il avait prévu le sien, il Taurai t prévenu par la révolte de son armée.
Le conseil macédonien d'Alexandre décida donc avec une suffisante justice , selon nous ^ et avec une évidente prudence^ que la punition de Parménion^ frappé inopinément au milieu de son camp^ devancerait le bruit du procès et de la mort de Philotas. Jamais coup d'État judiciaire , militaire et politique^ ne fut plus pénible sansdoute^ mais plus motivé pour le salut de toute une armée eu pays conquis et en pleine campagne contre Tennemi commun.
\ussi Alexandre, après avoir pardonné à Âmy nthas^ à Symmyas y à Polémon^ impliqués dans la conjuration^ mais innocentés par ramitié d'enfance qui les unissait au jeune roi^ se décida-t-il^
•2 VIE D'ALEXANDRfi LE GRAND.
quoique avec une profonde douleur, à sacrifier Parménion au salut de Tarmée et de la Grèee.
L'entreprise était kardie, et le succès dépendait de la promptitude et du silence. Il trouva dans un hasard de la conjuration une de ces combinaisons providentielles que la fortune met quelquefois sous la main des hommes et que le génie du poëte dramatique n'oserait pas inventer.
Un général macédonien nommé Polydamus^ ami et vieux compagnon de guerre de Parménion, qu'il accompagnait habituellement sur le champ de bataille ^ se trouvait en ce moment à Tarmée du roi. Polydamus avait dans cette armée deux frères plus jeunes que lui et qu'il chérissait comme un père. Alexandre le fit appeler et lui ordonna par le môme message de lui amener ses deux frères. Polydamus^ tremblant à cet ordre inattendu pour la vie de ses frères, impliqués peut-être dans la conjuration de Philotas, obéit néanmoins à Tordre du roi. Il parut tout agité de terreur devant lui. Alexandre le rassura; il lui expliqua que Parménion^ convaincu d'un projet avoué de parricide, ne pouvait plus vivre sans que le roi et l'armée ne cessassent' de vivre. — aie suis obligé à regret de sévir, lui