LIVRE VII
La mort de Bessus n'avait pas cependant étouffé les dernières tentatives d'indépendance parmi les vassaux du nord de Fempire. La géographie antique, rendue obscure parles changements de noms et de races dans la géographie moderne, rend très-difficile Fintelligence des campagnes subséquentes d'Alexandre dans ces contrées aujourd'hui désertes ou infréquentées par les Européens. Ptolémée, Quinte-Curce, Justin, Diodore sont d'accord cependant avec Arrien
TIE D'ALEXAM)RR le GRAND. — T. II. 6
pour attribuer après la mort de Bessus à Alexandre des campagnes dans la Sogdiane^ contre les peuples indépendants de ces contrées^ et quelques collisions avec les Scythes.
On a vu plus haut que ces peuples pasteurs et guerriers enrôlaient souvent leurs enfants dans les armées du roi des rois. Sans doute^ depuis la bataille d'Arbelles^ et surtout depuis la mort de Darius^ les Scythes rentrés dans leurs déserts avaient évacué la Perse occupée par les lieutenants d'Alexandre; mais le roi, qui redoutait leur reflux en Perse^ avait résolu de les vaincre sur leur propre soL^ afin de les assujettir ou de les rallier au nouvel empire^ dont ces peuples limitrophes seraient toujours les ennemis s'ils n'étaient plus à sa solde.
En effets pendant qu'Alexandre assiégeait^ non loin du Tanaïs^ une capitale nommée Cyropolis^ fondée par Cyrus, les Scythes formaient une armée de secours au delà du Tanais pour inquiéter les Macédoniens.
Alexandre prévint leur attaque par Tassant donné à Cyropolis. Exposé un des premiers^ selon son impétuosité naturelle^ aux coups des assiégés , il tomba évanoui et couvert de sang dans