‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 159 sur 233 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

les bras de ses soldats, atteint d'une pierre à la tète. Il revint è lui assez vite pour relever le courage de ses soldats^ emporta et iBcendiak ville.

A peiue rétaUi de sa blessure, il résolut^ malgré les présages contraires^ de passer le fleuve sous les yeux des Scythes , campés sur Tautre bord; il campa lui-même en faoe de leur nombreuse multitude et fit préparer douze mille radeaux pour porter son armée sur Tautre rive.

Ces peuples^ qui sont évidemm^it confondus ici avec les tribus nomades ou sédentaires de la grande Tartarîe^ sont décrits ainsi par Diodore de Sicile et par les historiens qui le suivent :

« Le Tanaïs sépare les Bactriens des Scythes de l'Europe y comme il fait l'Europe- de l'Asie; et, pour les Scythes voisins de k Thrace, ils sont tournés de l'orient vers le septentric» et ne confinent pas aux Sarmates , comme ^elquesuns ont cru, mais en font une partie. Après, tirant tout droit, ils se vont joindre aux Alaunes, au delà du Danube , et bordent les extrémités de l'Asie du côté des Bactriens, qui, de tous les Asiatiques, sont les plus septentrionaux.

c Plus avant, ce ne sont que forêts et que solitudes. Toutefois les terres qui r^ardent le Ta-

naïs et la Bactriane sont cultivées comme les pays les plus peuplés. Alexandre^ qui n'avait point eu dessein d'attaquer les Scythes, comme il vit qu'ils faisaient des courses à sa vue avec beaucoup d'insolence, il ne le put souffrir plus longtemps, quoiqu'il fût encore fort malade de sa blessure , et ayant la voix très-faible , à cause du peu de nourriture qu'il prenait et des douleurs qu'il endurait à la tète. »

Les Scythes, intimidés par ces préparatifs, députèrent des orateurs à Alexandre. Les Scythes dont il est mention ici étaient sans doute cesTartares très-civilisés par leur contact avec les civilisa tions de la Chine et de l'Inde, et qui cultivaient la philosophie et les lettres, au cœur de la Tar tarie orientale, bien avant que la Grèce connût l'éloquence et les arts. On s'étonne de leur style en parlant à Alexandre autant que de leur sagesse. Ce style et cette sagesse, dans la bouche de peuples que la Grèce appelait barbares^ sont cependant aussi authentiques ici qu'un événement historique le fut jamais. Sainte^roix luimême, le critique le plus dépourvu des créduli* tés ou des superstitions des légendes grecques, n'hésite pas à reconnaître le langage prêté par

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