‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 182 sur 233 · LIVRÉ. VU · texte numérisé non relu

LIVRÉ. VU

dans le fleuve. H sentît qu'il fallait avoir recours à la ruse ; voici celle qu'ail employa .

c( La nuit , il fait courir sa cavalerie le long do rivage, pousser de grands cris et sonner les trompettes, comme si on eét effectué le passage, pour lequel tout était disposé. A ce bruit Poru^ accourt aussitôt sur le rivage; Alexandre de rester en bataille sur le bord; Cette feinte étant répétée, et Porus ayant reconnu que le mouvement se bornait à des cris , cesse de s'ébranler alors qu'on les répèle, et se contente d'envoyer des éclaireurs sur les différents points du rivage.

« Alexandre, voyant Porus tranquille, songe à exécuter son dessein. A cent cinquante stades du camp s'élevait un rocher que tourne THydaspe; en face, et au milieu du fleuve, s'bffre une lie déserte; l'un et l'autre sont couverts de bois. Alexandre, après les avoir reconnus , les jugea très-propres à masquer le passage de ses troupes. Il avait établi le long du rivage des . gardes avancées assez rapprochées pour commu^ ^niquer facilement. Pendant plusieurs nuits il fait pousser de grands cris et allumer des feux sur différents points. Le jour destiné au passage, il en fait les dispositions, dans son camp.

à la vue de Tennemi. Cratérus doit y rester avec son corps de cavalerie^ les Arachotiens et les Paropamisades^ la. phalange des Macédoniens^ les bandes d'Alcétas et de Polysperchon ^ les cinq mille Indiens auxiliaires et leurs chefs. Il a Tordre de ne passer le fleuve que lorsque Porus serait ébranlé et vaincu.

« Si Porus ne marche contre moi qu'avec une « partie de son armée^ sans amener les éléphants^ ce ne bougez ; dans le cas contraire , passez aus- (c sitôt. La cavalerie ne peut être repoussée que « par les éléphants ; le reste de T armée ne sau- « rait vous arrêter. »

« Entre Tile et le camp^ Méléagre^ Attalus et

Gorgias^ avec la cavalerie et l'infanterie des sti-

pendiaires^ reçoivent Tordre de passer le fleuve par détachement^ aussitôt que l'action sera engagée avec Porus.

(c Alexandre^ à la tète de l'agéma des gétaires^ des chevaux d'Éphestion, de Perdiccas et de Démétrius^ des Bactriens^ des Sogdiens^ de la cavalerie scythe^ des archers dahes à cheval^ des. Hypaspistes^ de la phalange^ des bandes de Clitus et de Ccenus^ des archers et des Argiens^ s'éloigne assez dtt rivage pour dérober sa marche

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à rennemi et se dirige vers le rocher. Od dispose pendant la nuit les radeaux. L'orage qui vint alors à éclater, le bruit du tonnerre couvrant celui des apprêts et des armes, et la pluie dérobërent à l'ennemi les préparatifs d'Alexandre. Protégés par la forét^ on ajuste les bâtiments et les triacontères.

« Au point du jour^ et Forage apaisé^ Alexandre effectue le passage ; une bonne partie de Tinfanterie et de la cavalerie passe dans l'ile^ les uns sur les bâtiments^ les autres sur les radeaux. Les éclaireurs dePorus ne s'aperçoivent des mouvements des Grecs qu'au moment où ceux-ci touchent presque à la rive opposée.

<K Alexandre monte lui-même un triacontère^ et aborde avec Ptolémée ^ Perdiccas etLysimaque^ sesgardes, Séleucus^ un des hétaïres qui fut depuis son successeur^ et la moitié des Hypaspistes ; l'autre moitié passe séparément. Les éclaireurs courent à toute bride en donnera vis à Porus . a Alexandre touche à terre le premier^ range avec ses généraux la cavalerie en bataille à mesure qu'elle arrive (elle avait reçu l'ordre de passer la première).

<K Le prince marchait à la tête contre l'enne-

mi^ quand ilreeonnntqu'ii était dans une autre lie fort grande ( ce qui avait causé aoo erreur) et qui n'était déparée de la terre que par un oinal assez étroit; mais la pluie tombée pendant la nuit l'avait grossi au point que la cavalerie, ayant peine à trouver un gué^ crut que œ bras du fleuve serait aussi difficile à passer que les (leuK autres. On le traversp cependant malgré la hauteur deseaux ; les ehevauxen eurent jusqu'ao poitrail, et l'infanterie jusque sous les bras.

(c Le Aeuve passé, Aleundre place à l'aile droite l'agéma de sa cavalerie avec l'élite des Hipparques; il jette en avant lea arohers à cheval , les fait suivre par l'infanterie des Hypaspistes royaux, sous les ordres de Séleucus ; vient ensuite l'agéma royal et le reste des Hypaspistes, chacun dans le rang que ce jour lui avait assigné. Les côtés de la phalange sont flanqués d'archers, d'Ârgiens et de frondeurs.

Cl L'ordre de bataille ainsi disposé , il laissé derrière lui six mille hommes d'infanterie qui doivent le suivre au pas. Il court à la tète de cinq mille chevaux contre Fennemi, auquel il croit sa cavalerie supérieure. Tauron, toxarque, le soutiendra de suite avec ses archers. Si Porus

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