LIVRE VIII
taille^ la victoire^ le traité qui la suit^ rien ne manque à la merveilleuse similitude des deux événements stratégiques. Quiconque a lu dans rbistoire de M. Thiers le passage du Danube et la bataille de Wagram a lu d'avance le passage de THydaspe^ la bataille d'Alexandre contre Porus. La nature des lieux^ les hommes^ le ciel , la tactique semblent s'être* copiés à deux mille ans d'intervalle et à deux mille lieues de distance.
Laissons parler Ptolémée et Clitarque par la plume d'ArrienT
«c A la vue de l'immense armée de Porus ^ Alexandre, pour le tromper sur le vrai point où il voulait opérer le passage et pour l'inquiéter sur plusieurs points , afin de diviser ses forces et son attention^ feignit de diviser lui-même son armée en plusieurs corps sous de nouveaux commandements qu'il jeta sur divers points et qui devaient reconnaître les gués et ravager le pays ennemi. Il affecta de rassembler dans son camp des provisions immenses tirées des pays en deçà de l'Hydaspe^ pour laisser croire à Porus qu'il attendrait l'hiver, où les eaux de ce fleuve sont plus basses. En effet elles étaient alors grossies par les pluies abondantes qui tombent
dam les Indes pendant k solitioe d'été ; ajoolest que les chaleurs fondmit les neiges sur le Caucase, où la plupart des fleuveede l'Inde prenoeot leur source. Leur cours en est troublé et rendu plus rapide ; mais en hiver iltrentreilt daosleur lît^ et, à lexceptioD du Gange, de Tlnduset de quelque autre , on peut les traverser à pied , ainsi que THydaspe.
(( Alexandre avait répandu le bruit qu'il ai* tendrait ce moment. D'Un autre coté, les radeaux et les bâtiments conduits sur différents points du fleuve, toutes les troupes qui cotfvreut son rivage, tenaient l'ennemi en haleine et lie lui permettaient pas de prendre un parti décisif.
<c Alexandre, du fond de son camp, observait tous les mouvements, et épiait l'instant d'effectuer son passage à l'improviste et à l'insu de l'ennemi. Il reconnaissait la difOcolté de passer en face de Porus; le nombre des éléphants, celui des Indiens tous bien armés et disposés au combat, prêts à tomber sur les Grecs ai| sortir du fleuve, Tinquiétaieût d'autant plus qu'il prévoyait que l'aspect et les cris des éléphants mettraient sa cavalerie en désordre, qu'on ne pour* raitétremaitredeschevaux,quise précipiteraient