LIVRE VIÎl
^ Un aussi grand capitaine qu'Alexandre^ à la <r tête d'une pareille armée^ n'a sans doute rien <c à craindre de ses ennemis; mais les coups du a sort sont inopinés et les destins inévitables. »
L'assemblée reçut par des applaudissements universels le discours de Cœnus^ et témoigna par des larmes combien , éloignée du dessein d'A« lexandre^ elle soupirait après le retour dans la patrie. Alexandre^ offensé de la liberté de Cœnus et du silence des autres chefs^ rompit Tassem-blée et se renferma dans sa lente sans rien prononcer et sans vouloir même écouter les conseils ou les condoléances de ses plus intimes confidents. Il comptait, dit Ptolémée, sur un de ces retours spontanés et inattendus qui caractérisent les mobiles multitudes.
L'armée , qui avait été attendrie , mais non convaincue, demeura inflexible et immobile. — « Puisqu'il est ainsi, dit le lendemain Alexandre « au chefde ses gardes, allez annoncer le retour « à Tarmée. »
A cette nouvelle , la sédition de l'immobilité et du silence se diange en sédition de recon^ naissance et d'amour. 11 en coûtait autant à l'armée d'affliger son chef que de lui obéir; la con-
çi^ion d'A)expi>dre a^i^vfiU taut : ^ allait r^otrj^r 49as s^ patrie , waî^ e\\e 9]\^i\ suivre encore le hiéros populaire^ dopt )a YQlonté s'associait enfin h U sienne- I^'ivre^ fwt générale dans le dtiap^ La teate ou Alej^^andre cootioua à se tenir enfermé pendant troi^ jonr$ , coauna poqr ronger le frein qu'on Ini imposait, ou pour attejster à l'avenir qu'il ne cédait qu'à la pression de ses troupes, fut nuit et jour entourée de soldats couvrant d'acclamation^ leur désobéissMce.
A la Qn Alexandre , vaincu par leur^ cris et leurs sanglots , sortit de la tante et ordonna de construire dou^e autels en terre sur la dv^ de THyphase, comme autant de bornes colossales qui marqueraient à la postérité le dernier de ses pas dans la conquête du monde, le premier de ses pas en arrière, f^es historiens ont vainj^ment cherché un sens religieux à ces douze a\^|els ou tumulus i ils ne pouvaient en avoir aucun qutre qui^ ce signe monumental fait k la dernière postérité. Comme les grands hommes, ambitieux de temps autant que d'espace, il aimait Les monuments, qui subisistent plus que les hommes. U avait ordonné de construire à la mémoire de Philippe, son père, une pyramide en pierre