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aussi le mot de Sérapis à Babylone^ promettant au maitre du monde mieux que le monde en lui refusant la vie !
Voilà tout ce que dit le journal des derniers moments d'Alexandre. Diodore^ Ptolémée^ Clitarque^ et d'après eux Arrien , Quinte-Curce, Plutarque^ ajoutent quelques circonstances politiques et quelques paroles suprêmes qui révèlent dans le mourant la tendresse pour ses soldats et le doute sur la durée de Tempire. Sa jeune épouse, Barsine^ fille de Darius, portait dans son sein un enfant d'Alexandre^ peut-être héritier d'un des mondes. Alexandre ne parait pas avoir espéré à sa dernière heure que le sang des rois de Perse mêlé au sien dans ce rejeton suffit à assurer à son fils l'héritage du monde. Ses réponses à ses généraux^ réponses qui prouvent autant de prévoyance que d'indifférence^ attestent qu'il remettait dans sa pensée le monde aux dieux et sa mémoire aux hommes. Quinte-Curce^ ici fidèle^ donne ces paroles dans (ou teleur héroïque et touchante simplicité; mais le dernier mot de tant de volonté employée à subjuguer la terre est hasard, le dernier legs d'un si vaste héritage est néant.
« Quand les Macédoniens le virent^ ils se pri* rent tous à pleurer, et Ton eût dit que ce n'était pas le roi qu'ils voyaient^ mais son corps prêta porter en terre. Toutefois^ ceu&qui étaient auprès de lui paraissaient encore plus affligés^ et le roi^ jetant les yeux sur eux, leur demande a où ils trouveraient^ après sa mort^ un roi digne de tels hommes? » C'est une chose admirable que ce prince, ainsi faible et tout mourant qu'il était, se tint toujours au même état auquel il s'était mis pour recevoir son armée, jusqu'à ce que tous ses soldats, Tun après Tautre, lui eussent fait un salut. Quand il leur eut dit adieu, il s'étendit dans son lit, comme s'il n'eût plus rien à faire qu'à mourir, et, faisant approcher ses familiers auprèsde lui, parce que la voix commençait à lui manquer, il tira son anneau du doigt et le donna à Perdiccas, lui comman- . dant de porter son corps au temple d'Ammon.
Puis, comme ils lui demasdèrent oc à qui il laissait l'empire^ » il répondit : « Au plus homme de bien; mais qu'il prévoyait que, sur ce sujet, on lui préparait d'étranges jeux funèbres. » Et Perdiccas lui ayant encore demandé <c quand il voulait qu'on lui décernât les bon*
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neurs divins; — « Lors ^ dit-il^ que vous serez tous heorenx. i> Ce furent ses dernières paroles^ et bientôt après il rendit Tesprit.
cr D'abord tout le palais retentit de cris et de gémissements; puis tout à coup ce fut un silence comme dans une vaste solitude : la douleur faillit place aux soins et aux pensées de l'avenir. . Les enfants d'bonneur et de la^rdedu corps dboraient çà et là comme des forcenés^ et remplissaient la ville de deuil et de toutes les plaintes que suggère la douleur en semblables rencontres ; de sorte que ceux qui étaient hors du palais^ barbares et Macédoniens , y accoururent en foule , et l'on n'eût su discerner , dans leur commun désespoir^ les victorieux d'avec les vaincus ; c'était à qui s'affligerait davantage^ les Perses l'appelant « le plus juste et le plus doux maître qui leur eût jamais commandé^ d et les Macédoniens^ « le meilleur ^t le plus vaillant prince de la terre; » murmurant les uns et les autres contre les dieux de ce que par envie ils l'avaient ravi aux hommes à la fleur de son Age et de sa f<Hrtune. Il leur semblait voir tou- . jours ce visage et cette mine résolue avec laquelle il les menait au combat^ assiégeait les