LIVRE II
« vieilles et des nouvelles injures que l'on a «c faites à la Grèce^ mais pour punir les indi- < gnités qu'on a commises contre nous par or- <r gueil et par mépris.
« Que dirai-je des nations grecques qui sont € répandues par FÂsie et qui languissent au- € jourd'hui dans la servitude insupportable des « barbares qui les oppriment? Je ne vous redi- « rai point avec quelles prières et quelles fortes tf raisons Délius, Éphésien^ plaida dernière- « ment leur cause , puisque vous vous en souve- <r nez vous-mêmes. Il est constant qu'aussitôt c qu'elles verront nos enseignes elles pren- « dront notre parti et se jetteront courageusec ment dans toutes sortes de périls en faveur e de leurs protecteurs contre des maîtres si « inhumains. Mais pourquoi^ mettant en oubli c notre courage et la lâcheté de nos ennemis^ « considérons-nous ces secours contre des peuce pies efféminés^ qu'il y aurait plus de gloire a que de honte à vaincre un peu trop leute- « ment?
« Du temps dé nos pères, lorsqu'un petit « nombre de Lacédémoniens furent passés en « Asie^ de grandes armées d'ennemis leur firent
ce en vain de la résiBtance. Ils souffrirent qu'on
a mit à feu et à sang la Phrygie^ la Lydie ^
<c la Paphlagonie, et, toutes les fois qu'ils vou-
<c lurent s'y opposer^ ils furent toujours taillés
c en pièces^ et lassèrent leurs ennemis de leur
ff sang et de leur carnage^ jusqu'à ce qu'enfin
<c Agésilaiis^ ayant été rappelé à cause des tu-
« multes qui s'étaient élevés dansla Grèce^ leur
<c donna le temps de reprendre haleine dans
«c l'épouvante où ils étaient.
ce Quelques années auparavant^ environ dix
« mille Grecs^ sans^provisions et sans capitaine^
« se retirèrent du fond de la Perse ^ et se firent
«c un chemin par le fer^ au travers de tant de
<c nations ennemies^ pour retourner dans la
«c Grèce, bien qu'ils fussent poursuivis par cette
« grande armée avec laquelle le roi de Perse
ff venait de disputer le royaume contre Cyrus
« son frère et s'était rendu victorieux. Enfin ,
a toutes les fois qu'elle voulut les attaquer^ ils la
« défirent et la mirent en fuite.
«c Nous donc, à qui toute la Grèce obéit,
a domptée par tant de victoires, qui avons dé-
<c fait en bataille les plus renommés des Grecs
c( ou qui les avons dans nos troupes, aurions-