‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 46 sur 233 · LIVRE ir. i · texte numérisé non relu

LIVRE ir. i

qu'il fallait maintenir par une prudente intimidation contre ses mobilités par une forte réserve de troupes macédoniennes laissées à Pella et à Thessalonique sous le commandement d'un général habile et dévoué; *

Troisièmement, enfin le recrutement continuel de sa propre armée d'expédition en Asie, qui aurait besoin de fréquents renforts qu'il fallait lever, exercer et diriger successivement en Asie, selon les ordres qu'il enverrait à ce lieutenant que nous appellerions aujourd'hui son ministre de la guerre.

. On n'a pas assez admiré, selon nous, la profonde sagacité dont Alexandre s'inspire, quoique si jeune, pour ménager ces trois grands intérêts de sa politique.

On ne manqua pas de lui représenter que l'unité de gouvernement et d'administration était la première condition de l'obéissance des sujets, et que diviser l'autorité c'était diviser le royaume. (5)ympias sa mère s'irrita sans aucun doute d'une régence partagée entre elle et un sipple général vétéran des armées de Philippe. Ce lieutenant de Philippe représenta vraisemblablement de son côté que son autorité, sans

cesse contrôlée et contrariée par la régence passionnée et capricieuse d'i^ne femme superbe comme Olympias^ éprouverait des résistances et des embarras qui agiteraient le royaume. Alexandre le prévoyait aussi bien qu'eux^ mais c'étaient précisément ces embarras^ ces résistances et ces susceptibilités mutuelles qu'il désirait maintenir en Macédoine^ pour que la rivalité des deux pouvoirs lui garantit la subordination de tous. Il voulait régner encore en son absence^ et c'est pour qu'il conservât le règne qu'il fallait diviser Tautorité intérimaire.

La tendresse de sa mère lui garantissait la fidélité du lieutenant.

La jalousie du lieutenant lui garantissait la sagesse de sa mère dans le gouvernement.

Enfin l'expérience et l'autorité militaire du lieutenant vétéran des armées de Philippe lui garantissaient le recrutement et la discipline des troupes en réserve laissées sous ses ordres pour intimider la Grèce et des re'nforts qu'il devait lui envoyer continuellement en Asie.

Il donna donc la régence civile à Olympias^ sa mère^ assistée d'un conseil des hommes les plus considérés de la Macédoine.

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