‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 45 sur 233 · LIVRE IL t · texte numérisé non relu

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ridée de son retour et le frein de la terreur de sa vengeance s'ils se croyaient pour toujours affranchis de sa royauté. Cependant la chaleur de la jeunesse et l'indiscrétion de Fenthousiasme pour une perspective qui s'ou^e resplendissante à l'esprit en laissèrent échapper^ dans ses entretiens et dans ses festins avec ses amis de son àge^ plus que la prudence et la politique n'en auraient permis à Tàge mûr.

Plutarque^ d'après Diodore^ affirme que tout son trésor pour la solde de cette armée ne consistait qu'en une modique somme de soixante talents , subside de guerre de la Macédoine accumulé par sa mère Olympias^ et en deux cents talents qu'il avait empruntés sur l'hypothèque de sa gloire en Grèce.

€c Cependant^ ajoute Plutarque^ quoiqu'il entreprit cette guerre avec des moyens si petits et si courts , avant que de s'embarquer il voulut examiner les affaires domestiques de ses amis^ et donna à l'un une terre^ à l'autre un village , à celui-ci le revenu d'un bourg, à celui-là les droits d'un port. Et comme tous les revenus de son domaine étaient déjà employés et consumes par ceslargesses, Perdiccaslui demanda : « Seigneur,

loi VIE D'ALEXANDRE LE GRAND.

que réservez- vousdonc pour vous? » Et Alexandre ayant répondu : « L'espérance. — Eh bien ! lui repartit Perdiccas^ nous partagerons donc votre espérance nous qui partagerons vos travaux ; » et refusa généreusement le don que le roi lui avait assigné. Quelques autres de ses amis suivirent son exemple ; mais tous ceux qui voulurent recevoir ses présents^ ou même qui dans leur besoin lui en demandèrent^ lui firent un très-grand plaisir. Et il consuma dans ces sortes de libéralités la plus grande partie du bien qu'il avait eu en Macédoine. »

Après avoir jeté ainsi toute sa fortune personnelle à ses parents ou à ses amis^ comme si toute autre fortune que le monde était indigne de lui^ il régla avec plus de vraie politique le gouvernement de la Macédoine pendant son absence. Il avait trois intérêts politiques également graves à considérer pour cette distribution de pouvoirs royaux attribués à une régence du royaume :

Premièrement^ la fidélité de la Macédoine^ qu'il n'aurait pu compromettre sans compromettre avec son royaume le succès même de son expédition dont la Macédoine était la base;

Secondement^ la fidélité de la ligue grecque^

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