LIVRE PREMIER
Si on ooQs demandait de présenter aux re** gards d'un monde nouveau, qui ne connaîtrait notre vieux monde que de nom^ le plus bel exemplaire de Thomme dans la personne de sa plus grande individualitcs nous n'hésitons pas à dire que nous lui présenterions la figure près* qw divine d'Alexandre*
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Ce seul nom est le résumé le plus complet^ le plus vaste et le plus éclatant^ de l'humanité dans tout ce qui l'illustre; l'homme de gloire par excellence! Et pour comhle de perfections / ce grand homme n'avait pas reçu seulement tous les dons de la nature et de la fortune . il avait reçu tous les bonheurs propres à mettre en évidence et en grandes actions ces dons de la destinée. . .
Il était né à une de ces époques où le poids d'un seul homme fait pencher un continent sous ses pas ou en élèvç un autre sous sa main ; il était né sur un trône^ la plus belle place pour être regardé ici-bas; il était né beau de corps ^ la plus grande avance sur l'amour et sur l'admiration qu'un homme illustre doive inspirer aux autres hommes.
Son père , qui voyait en ce fils toute sa postérité et qui possédait toutes ses grandes qualités^ moins ses grâces^ avait employé un long règne et un génie obstiné à lui préparer une immense pkcedans l'histoire; Philippe avait défriché le diamp d'Alexandre.
La reine sa mère^ Olympias^ était une femme à\\ne àme haute et d'une tendresse virile qui
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lui faisait jsucer }a passion de la grandeur avec le kit
Le people sur lequel il devait régner un jour, peuple encortî à demi sauvage, n'était qu'une pépinière de soldats, qui de toutes les vertus n'avait que la seule vertu de la guerre, !à bravoure et la discipline.
La Grèce, qu'il avait à dominer et à caresser tout à la fois, était le tfaë&tre le plus éclatant dt le plus retentissant pour rémulatidn d'un héros ; les philosophes , les orateurs, les poëte&, les démagogues étaient les échos préparés pour le drame d'Alexandre sur cette scène agitée et bruyante d'une civilisa tien de gloire et de liberté:
Les Perseiiet lés Mèdes, qu'il allait avoir i combattre , présentaient dans les deux Asies les plus grandes surfoees de puissance avee la plus grande faiblesse réelle de mœurs, d'organisation militaire et de résistance. •
Son âme était plus grande encore que sa tâche ; une intelligence égale à tous les exercices de Tes^ prit humain ; une sensibilité qui savait s'émou-* voir jusqu'aux Ijai^mes etse vaincre jusqu'au stoï* cisme ; une ambition qui négligeait tout ce qui était indigne de lui pour ne s'attacher qu'à Tu^
ûivers ; uoe généroeité de caractère qui s'attendrissait sur les Tàincus et qui ne voyait plus que des infortunes à consoler là où il ne comptait plus de rivanx à vaincre ; un amour tendre^ mais respectueux^ des femmes^ dans lesquelles il avait appris à respecter T image de sa mère; des amitiés pures et fidèles avec les compagnons de sa jeunesse comme celles d'un soldat macédonien pour son égal ; un enthousiasme pour la poésie , cette réverbération de toute vertu et de toute gloire^ qui allait jusqu'au culte d'Homère^ la plus
saine ^ la plus juste et la plus vaste des âmes qui ait jamais chanté les destins des hommes; enfin^ comme pour achever tant de dons et tant de bonheurs, le plus universel, le plus honnête et le plus politique des philosophes pour maître de sa jeunesse dans Aristote, seul digne d'un tel élève , comme Alexandre était le seul digne d'un tel instituteur ! Voilà le fils de Philippe et d'Olympias. Et si vous voulez compléter ce tableau du plus heureux des grands hommes, ajoutez qu'il mourut jeune^ comme Achille, son ancêtre^ et qu'il disparut de la vie avant que rien eût pâli ni dans sa nature^ ni dans sa fortune, ni dans 1 éclat de sa gloire.