XXI
Pendant ces opérations militaires en lonie, la flotte qui suivait Alexandre, pour lui porter des machines de guerre et des vivres, livra quelques combats inégaux à la flotte des Perses, bien supérieure en nombre et en armement. Parménion conseillait à Alexandre de l'abriter dans les nombreuses anses de la côte, et de la garder à sa suite comme un auxiliaire utile de son armée de terre. Le jeune prince, plus hardi que son lieutenant et plus politique en même temps, suivit un conseil plus décisif et plus sûr.
LIVRB II. 13»
L'<^iQion de la Grèce et de l'Asie était^ selon lui, son meillevr auxiliaire. Sa force était dans son prestige, jusque-là intact^ plus que dans cette poigQée de Macédoniens ; les Grecs du Péloponëse et des iles n'étaient que trop prêts à se détacher si un échec venait a atteindre^ au début de la campagne , le jeune généralissime qu'ils avaient moins choisi que subi. Alexandre calcula donc avec justesse qu'un revers presque inévitable de sa petite flotte serait mille fois plus nuisible à son autorité morale en Grèce que l'assistance de cette flotte ne lui serait utile en Asie* Vainqueur il trouverait partout des vivres, des tranqports^ des armes , des vaisseaux ; vaincu il étajit résolu à s'ensevelir dans sa défaite.
Il sodécida donc à renvoyer sa flotte à Thessaloniqne. Sa campagne en devenait plus libfb et plus rapide ; car, au lieu de suivre les rivages de la mer jusqu'en Syrie ^ en contournant l'immense continent du Taurus^ de la Phrygie^ de l'Ionie^ de laCappadoce et du Pont^ il pouvait^ selon les lieux et les circonstances^ se jeter du cœur de ces différentes provinces derrière la chaîne du mont Tanrus, soumettre une à nne toutes les places fortes des Perses sur les hauteurs ou dans
les vallées de ces territoires^ et défaoudier en Syrie par les portes de fei'^. en Délaissant derrière lui que des vaincus^ des alliés et des cita* délies refuges^ des stations de ses renforts.
Certes il y avait plos de prudence dans celte apparente imprudence que dans le conseil un peu timide de Parménion; mais c'était la prudence héroïque d'Annibal brûlant ses vaisseaux.
xxni
En effets aussitôt après le départ de sa flotte il s'enfonça dans la Carie, et, après avoir échoué contre Mendèsy forteresse intérieure du royaume de Crésus, il revint sur ses pas et assiégea la capitale célèbre à'Halicarfiasse, défendue encore par Memnon . Ce siége^ presque aussi mémorable que celui de Tyr^ l'arrêta longtemps. Halicarnasse^ ville aussi importante qu'Éphèse par son étendue, sa force^ ses richesses, ses arts, ne pouvait être impunément négligée sur sa route sans porter atteinte à la renommée d'Alexandre, et sansdevenir, après qu'il aurait passé, le point de ralliement de ses ennemis. Le récit très-cir-