‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 76 sur 233 · LITRE IH · texte numérisé non relu

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lesrs mwn, tammeut contre nous leurs forces maritimes pour défendre une cause étrangère. Cypros se joindra ensuite à nous ^ ou peu de forces suffiront pour la conquérir. Notre flotte ainsi réunie à celle des Phéniciens, Cypros soumise, nous tenons Tempire de la mer, nous attar quons rÉgypte avec succès. Vainqueurs de ces contrées, la Grèce et nos foyers ne nous laissent plus d'inquiétude ; les Perses sont chassés de toutes les mers et repoussés au delà des rives de TEuphrate; nous marchons vers BaKylone avec plus de gloire et d'assurance. ^

De tels motifs étaient trop frappants pour des Grecs, jaloux delà supériorité navalede Tyr et de Carthage, pour ne pas entraîner un assentiment unanime. Le siège fut voté d'acclamation. Alexandre voyait de la gloire, ses généraux de l'ambition^ les Grecs de la jalousie, les Macédoniens des dépouilles égales à l'opulence de la Phénieie.

Maïs la plaine de Tyr, quelle que fût sa fer-

tilité^ ne pouvait nourrir longiemfMs lue armée de soixante mille hommes et une otval»ie de dix mille. Alexandre envoya donc à Parméaion l'ordre de rester dans la Gœb>-Syrie^ derrière le Uban^ pays neuf et fécond en pâturages; qnanl à lui^ il cantonna la plus grande masse, de ses troupes sur les collines et dans les vallées de la Palestine qui confinent à la plaine de Tyr. H ne garda avec lui devant Tyr que les troupes strictement nécessaires au combat sur la brèche et aux travaux de circonvallation.

Ces travaux, selon lés hîstOTiens cottlempo* rains^ étaient immenses ; ils sont incompréhensibles aujourd'hui. L'opulente capitale de la Phénicie ne présente plus à Toeil du voyageur que d'étroits débris sur un écueil^ un petit port à moitié comblé par des substructions renversées dans la mer, et une langue de terre de peu d'étendue pour rattacher l'écueil au conti* nent^ langue déterre qui est^ dit-on^ l'cmvrags de l'armée d'Alexandre. Nous avons campé nottsmôme avec quelques chameaux sur ce champ de bataille de Tyr et d'Alexandre^ où s'entre^^hoquèrent l'Asie et l'Europe. Les ruines n'y sont pas à la mesure des événements et des pensées.

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Nous n'entrerons pas dans les détails de ce

siège mémorable, décrit par Quinte-Curce avec

la solennité d'un autre Ilion assailli par un

autre Achille. L'événement, tout important qu'il

fût pour les futurs desseins du conquérant grec,

n'est pas assez douteux pour intéresser de si loin

une postérité qui ne s'intéresse qu'aux résultats.

Une seule chose mérite d*être remarquée dans

ce siège : c'est que la liberté même industrielle et

commerciale trempe les âmes des citoyens plus

fortement contre la conquête que la fidélité

monarchique. Aucune des innombrables armées

du roi des rois ne donna à Alexandre tant de

peines et tant de temps à vaincre que cette

poignée d'ouvriers et de matelots défendus par

un fossé d'eau de mer sur un écueil de la côté

de Phénicie.

La première opératiûa d'Alexandre^ qoi

manquait encore de vaisseaux^ fut de construire une jetée pour unir le continente la ville. C'était seulement par ce pont qu'il pouvait atteindre les murailles. L'intervalle entre la côte ferme et la ville n'était qu'un bas-fond marécageux qui n'avait de profondeur que sous les tours mêmes de la ville. <t La côte^ dit Ârrien, présentait assez de rochers sous la main et les collines du Liban assez de bois sous la hache pour rendre cette opération facile. Ce fut une tranchée à découvert dont on pouvait mesurer la tâche par le nombre des stades qu'on avait à combler. Bien que le travail des Macédoniens fût inquiété de temps en temps par des sorties maritimes des défenseurs de Tyr, la chaussée artificielle^ dont la construction était servie par une armée et dirigée par le plus habile des architectes militaires de laGrèce^ s'avança bientôt jusqu'à une portée de trait des remparts. Les détails techniques donnés par Arrien, d'après Aristobule^ qui assistait au siége^ sont dépourvus des circonstances fabuleuses de Quinte-Curce et donnent une idée plus vraie de l'art de l'attaque et de la défense des places à cette époque. On y voit que toute la différence entre la guerre de sièges dans

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