LIVRE III
sitôt qu'il aurail réparé et agrandi la chaussée artificielle qui devait lui servir de chaipp de bataille.
Mais^ prévoyant que la réunion des flottes et les travaux préliminaires du siège dureraient un certain nombre de jours^ il prit avec lui un détachement de cavalerie d'élite^, et il alla reconnaître lui-même^ au delà du Liban et de l' Anti- Liban, les sites^ les routes^ les peuples de la Palestine et de TÂrabie. On a peu de détails snr cette excursion purement topographique d'x\lexandre. On croit seulement que c'est en s'approchant ainsi de Jérusalem qu'il reçut une députation de Juifs venant implorer sa protection^ et lui prédisant^ selon l'habitude de leurs prophètes^ un avenir mystérieux plein de ruines pour leurs ennemis les Perses et plein de grandeurs souveraines pour lui^ instrument de la délivrance du peuple d'un Dieu inconnu.
Cette excursion d'Alexandre sur le Liban ^ dans l'Ânti-Liban et dans les gorges de Pales-
tiiie voisines de Tyr, ne fut que de once jours. C'est ie temps nécessaire pour aller de Tyr à Damas et pour en revenir. Les historiens ne parlent pas de sa présenoe dans cette ville ; mais il s'en approcha sans doute d'assez près pour la contempler du haut de TAnti-Liban ^ pour mesurer à Tcûl rétendue du désert de la Mésopotankie, et pour étudier sa route militaire vers Bab^lone par des chemins moins stériles et moins périlleux que ce désert.
A son retour dans la plaine de Paléo-Tyr, il trouva des Hottes rassemblées dans le port de Sidon^ à quelques heures de Tyr^ et la chaussée relevée. 11 y avait près de sept mois qu'il était arrêté dans sa course par cet écueil. Il s'impa* tientait del'obstade^ mab il était résolu de le
11 s'embarqua lui-même à Sidon sur la flotte et cingla^vers l'embouchure du port des Tyriens qui regarde Sidon. Les habitants^ consternés à Taspect d'une escadre combinée qui couvrait le golfe de ses voiles^ n'osaient l'affronter en pleine mer. Alexandre cerna les deux ports par cette ceinture de vaisseaux à l'ancre. Les Tyriens^ nageurs habiles^ coupent les câbles des ancres
LIVAB 111. «47
pendant la nuit; quelques vaisseaux dérivent et sont jetés sur la eôte. Les amiraux remplacent les câbles de chanvre par des chaînes de fer tronvées sans doute dans les arsenaux de Chypre et de Sidon. « Il n'essaya points dit Arrien^ de forcer l'entrée du port qui regarde Sidon , trop étroite et dtfendue d'ailleurs, par les trirèmes dont la proue menaçait ; il coule à fond trois galères avancées vws rextrémito. Ceux qui les montaient regagnèrent à la nage Tile qui les favorisait. Alexandre vient jeter Tancre près du môte qu'il avait élevé^ et qui protégeait sa flotte con^ les vents.
a Le lendemain il fait attaquer la ville vers le
port , en face de Sidon , par Andromaque , con-
djiisant les bâtiments de Cypros ; il fait tenir par
les Phéniciens l'espace au delà du môle y du côté
qui regarde l'Egypte, et qu'il occupait lui-même.
A l'aide d'une multitude d'ouvriers de Cypros et
de Phénicie qu'il avait rassemblés^ un grand
nombre de machines étaient déjà dressées; les
unes furent placées sur le môle, d'autres sur les
bâtiments de charge amenés de Sidon ^ quelr
ques-unes enfin sur des trirèmes, plus pesantes.
On traîne les machines; les trirèmes s'appro-
chent des murs pour lesreconnaitre. Les Ty riens y avaient élevé des tours de bois en face du môle^ du haut desquelles ils faisaient pleuvoir des traits et des feux survies machines et sur les vaisseaux pour les écarter de ce rempart^ haut de cent cinquante pieds, épais à proportion, et formé de larges assises de pierres liées entre elles avec du gypse. Les bâtiments de charge et les trirèmes qui devaient porter les machines aux pieds des murs étaient arrêtés par les quartiers de rochers jetés par les Tyriens pour en barrer rapproche. Alexandre ordonna de la débarrasser; mais il était difficile d'ébranler ces masses, vu que les vaisseaux n'offraient qu^un point d'appui mobile. Les Tyriens, s'avançant d'ailleurs sur àei vaisseaux couverts, se glissaient jusqu'aux câbles des ancres, qu'ils coupaient, et s'opposaient à l'abord de l'ennemi. Alexandre, couvrant de la même manière plusieurs triacontères, les disposa en flanc pour défendre les ancres de l'atteinte des Tyriens. Alors leurs plongeurs venaient couper les cordes entre deux eaux. Pour les éviter les Macédoniens sont réduits à jeter l'ancre avec des chaînes de fer.