‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 80 sur 233 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

« Cependant à Taide de câbles on ,tire des eaux les quartiers de pierre accumulés devant la place; des machines les rejettent au loin^ aune distance où ils ne peuvent plus nuire : l'approche des murs devient facile. .

« Dans cette extrémité les Tyriens résolurent d'attaquer les vaisseaux de Cypros qui mena* çaient le port en face de Sidon. Us tendent des voiles pour dérober à Tennemi l'embarquement des soldats. Ils s'ébranlent à midi, à l'heure que les Macédoniens vaquaien t à leur réfection, et qu'Alexandre avait quitté les vaisseaux stationnés de l'autre côté de la ville pour se rendre dans sa tente. Leur armement était composé de trois bâtiments à cinq rangs de rames, de trois autres à quatre rangs, et de sept trirèmes, tous montés d'excellents rameurs et de soldats bien armés, d'une valeur éprouvée, pleins d'ardeur pour -le combat et exercés à Tabordage. Les rameurs filent lentement, sans bruit et sans signaux ; dès qu'ils sont à la vue des Cypriens , ils poussent un grand cri; tous donnent le signal, précipitent la rame, fondent sur l'ennemi, dont ils surprennent les vaisseaux stationnaires, les uns dépourvus de forces, et les autres mis

en d^ense à la liAte et en désordre. Àa premier chocle bâtiment de Pnytagore^ celui d'Ândroclès et de Fksierate sont coulés à fond^ les autres sont échoués sur le ri?age«

« Le hasard voulut qu'Alexandre s'arrêta dans sa tente moiiis longtemps que de coutume et revint bientôt vers ses vaisseaux. Â peine la sortie des galères tyriennes lui est-elle connue qu'il détache aussitôt celles dont il pouvait déposer autour de lui ; armées à la hâte, eltes vont précipitamment s'emparer de l'embouchure du port pour en fermer la sortie au reste des vais^ seaux tyriens. Lui-même^ avec ses bâtiments à cinq rangs et dnq trirèmes , les premières armées^ tourne la ville pour joindre l'ennemi sorti du port.

« Les habitants^ apercevant du haut des murs le mouvement qu'Alexandre dirige en personne^ excitent les leurs à retourner^ d'abord par de grands cris qui se perdent dans le tumulte , et ensuite par toutes sortesdesignaux. Ceux-ci, s'apercevant trop tard de la poursuite d'Alexandre, regagnent le port à pleines voiles; quelques vaisseaux échappent par la fuite; ceux d'Alexandre, tombant tout àcoup sur les autres, les

liyhe m. isi

mettent hors de manœuvre^ et prennent^ à Teoi'- Jboochure même du port^ un b&timent de cinq rangs et un autre de quatre. L'action ne fut point sanglante ; les gens de Téquipage des vaisseaux captarés regagnent facilement le port à la nage.

« La mer fermée aux Tyriens y on approche les mackines de leurs murs ; en face du môle et de Sidon la sQlidité des remparts les rend inutiles. Alexandre y cernant alors toute la partie méridionale qui regarde l'Egypte y la fait attaquer de tous côtés : le mur fortem^it battu cède et s'ouYrei; on jette des ponts, et sur-le-champ on s'avance du côté de la brèche ; mais les Tyrient repoussent aisément l'ennemi.

Trois jours après, la mer étant dans le plus grand calme, Alexandre exhorte les généraux de son armée, et revient^ avec ses vaisseaux chargés de machines, à l'attaque des murs , les ébranle du premier choc et en abat une grande partie, n fait alors succéder aox premiers deux bAtiments qui piM'taient des pontsfour passer sur les ruines, montés l'un par les Hypaspistes wus le commandement d'Admète, l'autre par des Hé* taires à pied sous celui de Cœnw. Il se propose

152 VIE d*aLexandre le grand.

lui-même de pénétrer par la brèche avec les Hypaspistes; il fait avancer ses trirèmes vers Tua et l'autre port y afin de s'en emparer au moment où les Tyriens courraient aux remparts. Les antres vaisseaux , chargés de machines et d'archers, tournent les murs avec ordre d'attaquer sur tons les points accessibles^ ou du moins de se tenir toujours à la portée du traita pour que les Tyriens , pressés de toutes parts ^ ne sussent où donner.

a Cependant les vaisseaux commandés par Alexandre jettent leurs ponts; les Hypaspistes montent courageusement à la brèche; à leur tète Âdmète se^istinguè par des prodiges de valeur ; Alexandre lui-même les suit afin de partager leurs dangers et d'être témoin des exploits de chacun d'eux. Il se rend maître de cette partie dés myrs ; les Tyriens font peu de résistance dès que les Macédoniens combattent de pied ferme et n'ont plus le désavantage de gravir sur un rempart escarpé. Admète^ qui monta le premier à la brèche , tombe percé d'un coup de lance au moment où il encourage les siens.

Qc Alexandre s'ouvre alors un passage avec ses Hétaires, s'empare de quelques tours et de la partie intermédiaire des murs^ et marche vers

Page 1