‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 99 sur 233 · LIVRE Y · texte numérisé non relu

LIVRE Y

saire^ et qu'on ne pousse un cri général que dans le moment décisif. Soyez attentifs à recevoir Tordre et prompts à l'exécuter. Que chacun sache qu'il est responsable d'un succès qu'il peut assurer^ que la négligence seule fait perdre! »

Cet ordre du jour^ simple/ bref, substantiel, dont chaque parole va au but^ est bien plus selon le génie d'un général^ entendu à demi-mot de ses officiers et de ses soldats^ que les harangues homériques ou athéniennes prêtées par les historiens grecs à Alexandre. Alexandre savait parler sans doute puisque les inœurs de la Macédoine comportaient les délibérations publiques^ puisque la nature l'avait doué d'éloquence et puisque Aristote lui avait enseigné la rhétorique ; mais il était dans un de ces moments où l'on se préoccupe des actes et non des paroles.

Cléobule^ qui écrivait de souvenir, avait fourni cette harangue militaire et authentique à Arrien.

Tous les historiens de l'expédition militaire ou écrivains de Mémoires s'accordent sur un incident qui précéda l'adoption du plan de bataille dans le camp des Macédoniens et des Grecs. Pannénion, disent-ils, avec sa prudence

ordinaire^ mesarant de Yosil la iBnlfitude de Darius et le petit nombre àes soldats 4'Ale:iLandre^ fut d'avis de suppléer an ncnnbre par la surprise et de livrer à Darius use bataille de nuit. — « Je ne veux pas dérober la victoire^ répondit héroïquement Alexandre; je veux la rempcnrter loyalement et «n plein soleil! » L'héroïsme en apparence un peu fanfaron de cette réponse n'était en réalité qu'âne pni* denee bien supérieure à cdle de Parmémoa. La nuit aurait enlevé à Aiesasdue to«t Taran* tage de ces inspirations soudaines et de c» changements opportuns de namaeiivres qui sotà, le bénéice du génie dans les grands génëraïK. An lien d'-amr Alexandre pour ^én^Jil^ l'armée macédonienne aurait été oommandée par le hasard au sein des ténèbres. Les braves n'auraient eu pour témoin de leurs exploits que l'obscurité , les lâches auraient dérobé leur lâcheté BORIS le manteau de la nuit. En ^apposant même la victoire^ Darius n'aaraitété ni hnmHié^ ni dépopularisé dans sonempire par «ne di^aîte qui n'aurait été^ a.ux yeux de ses sojets, qu'une surprise nocturne. On ne ooiiçoit g/aèn un conseil si indigne d'un véritable homme 4e goerre

danshtbonehe 4'qii qéaérsSL ausei penommé que Pamié&iaD^ à moias d'atéribuer^ comme le font k plupart des éttdvaias grecs de la eampagae^ à une aumvaîse eiiTie aeerète «contre Alexandre , Tavis insidâeni: de Paarméniofi. Mais cette imimatimi dea ém^iis^ {MirtiBana vendus d'A* lexandre^ est eUe-méflae peu proliable. En cas de défaite, Paroiénlon n'eàt pas été nains perdu que son jeune rivai. Il est dofic plue naturel et

par là mêaie plusTrai d^attribuer ce mauvais

conseil de ParménkMi à un défaut d'inlelligence^ ou phitèt encore à un pe&ebant à T^position et à la contradidioii liabîtoel a ce vieux général, et qui n'est qu'une forme de la inanité dans les délâ>ératiMis. Ceat ainsi qu'on a vn des lientenante de César ioaiurmicrer constamment oentre les impro^wations rapides de son génie «fatns ses eampagnes d'Ëspagpne , dltatte et surtont d'Éfire. C'est ainsi qu'on voit des tieutenanls ou des rivaux de Napoléon, tais que Aforeau en AilenMgne, Oavomst, Saint-Cpr en ftussie, opposer pfresque toujonrs leur expérienee pondeuse aux éclairs de génie et quelquefois aux témérités insensées de leur chef, naguère leur égal.

Il n'est pas cependant impossible que Parmenion^ lassé d'une campagne sans terme et commençant à. soupçonner une ambition tout asiatique dans Alexandre^ n'ait désiré secrètement un revers qui serait une leçon ou une punition pour son jeune roi. Parménion^ en réservant, comme on l'en a accusé depuis^ le noyau de troupes macédoniennes qu'il commandait per* sonnellement ^ pouvait échapper à la défaite, rêver une seconde retraite des dix-mille^ et devenir ainsi^ aux yeux de la Grèce, le sauveur de ses enfants et peut-être le roi des Macédoniens. La vraie critique, dans cette balance des opinions sur la conduite de Parménion à Ârbelles et ensuite enPefse^ commande de ne pas trop accuser^ mais aussi de ne pas trop disculper ce lieutenant évidemment jaloux de son maître. Il y a bien des abîmes dans le coeur des hommes ordinaires^ il y en a bien plus dans le cœur des ambitieux. Callisthène^ suivi en cela par Plutarque> n'hésite pas à accuser Parménion ou de vieillesse ou de perfidie dans cette campagne.

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