‹ Vie de Bernardin de S.-PierreChapitre 13 sur 16 · BEI-LEAL · texte numérisé non relu

BEI-LEAL

Mais de Malherbe à J.-B. Rousseau, si l'on en excepte quelques vers pâles de Kacan et de Se-

grais, la campagne disparaît à peu près entièrement de la poésie française. Un seul écrivain, La Fontaine, vit la nature qu'il voulait peindre , ou plutôt peignit sans v songer la nature qu'il avait vue dans ses promenades solitaires; Jean Lapin, l'œil éveillé, Toreille au guet, allant le matin faire la cour à T Aurore , broutant, trottant, faisant cent tours sur la bruyère , parmi le thNin et la rosée, ou bien encore les petits de Talouette qui voletans, se culbutans, délogent de leur nid sans trompette. Corneille et Molière ne s'occupèrent que de la société, et le doux Racine, qui était fait pour aimer les bois, était janséniste. La description de la nature se réfugia cbez les poètes latins modernes : le P. Rapin, le P. Vannière qui chantèrent les vergers et les jardins; mais ces ouvrages, qu'ont imités et surpassés plus tard Delille, Saint-Lambert, Roucber, GhênedoUé, manquent, comme les œuvres de leurs successeurs , de cette qualité qui fait que l'ouvrage en nous laisse un long souvenir, la vie. Rien chez eux, pas plus que chez Delille, le plus poète de cette école peu poétique, de ce sentiment qui mouille nos yeux à l'aspect d'une douce campagne, qui fait bondir le cœur dans les allées d'un bois , lorsqu'on v retrouve ces fleurs qu'on aimait enfant, ces tapis de mousse sur lesquels on s'assit au milieu des chants des oiseaux , des parfums de la brise, et portant quelque douce émotion dans le cœur.

Ï)E BKHNAhDîlx DP. S.-pitftRE. 407

Fénelon dans son Télématjue et dans sa Démonstration eut quelque chose de ce charme; cependant on sent tro}3 dans ses paysages que Fauteur s est peu soucié de voir la natuige par lui-même, et qu'il se résout volontiers à n'offrir que des clairs de lune dHomère, de Virgile et de Sophocle. J.-J. Rousseau fut le premier à porter dans la littérature Tohservation directe des lieux, les grands effets du ciel et des Alpes, les environs du lac de Genève apparurent dans ses ouvrages avec toute leur magnificence, dans des pages émues qui prouvent assez que si le citoyen de Genève s'obstina à retourner à Calvin, il était néanmoins catholique par le cœur. Buffon , que son organisation comme son esprit rendait peu soucieux des détails, peignit avec autant de majesté, mais beaucoup moins d'émotion, les scènes terribles de la nature. Bernardin de Saint-Pierre aspira à être touchant comme Fénelon , moral comme Rousseau, grand et vrai comme Buffon; amoureux du naturel et de la précision dans les contours, il se préoccupa moins d être majestueux que fidèle ; il pensait que la nature est assez belle d elle-même pour quil soit inutile d'emplover l'art du peintre à la dénaturer, et que le tableau serait d'autant plus vrai qu'il serait plus exact.

Pour arriver à cette exactitude relative qui n'exclut cependant pas le choix et la disposition, il fallait procéder par voie d'analyse ; mais pour cette anayse , la langue était complètement insuf-

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fixante. Avant Malherbe, l'idiome français, alerte,

vif, familier, ductile, mais surchargé de mots barbares, manquait de noblesse et de concision, ^lalherbe, plus grammairien encore que poète, travailla à lui donner ces qualités: il se fit éplu- ■cheur de vovelles, et ennemi juré des exprèsliions gasconnes; mais en donnant à la langue la noblesse et le nombre, il lui enleva sa richesse et sa complaisance ; la toute-puissance de Louis XIV et la concentration de la littérature autour de lui, consacra la réforme de Malherbe; lidiome devint noble et lier, mais dédaigneux •des détails et impuissant à rendre les nuances; la langue française du seizième siècle avait suffi à Amvot pour reproduire la pastorale de Longus; mais, au temps de Racine, elle n'avait que quelques mots pour exprimer les objets, les productions les plus apparentes de la campagne ; le bluet s'appelait la fleur bleue (i), une vingtaine de végétaux au plus étaient connus, et il n'existait dans le vocabulaire, quand il en existait, que des termes extrêmement vagues pour désigner les formes et 1 les couleurs des corps.

En recevant cette langue, le dix-huitième siècle l'avait assouplie pourles besoins de la polémique; mais loin de rien gagner sous le rapport pittoresque, elle était devenue plus abstraite et plus vague : les langues d'ailleurs , comme toute choge,

(i)VoypzL3 Bruyère, xi:i.

t)E BKRNAF.rjîN DE ^.-MF.lt HR. ^09

s\isent par l'nsa^^e , et les expressions en vieillissant perdent leur force et leur beauté. Bernardin de Saint-Pierre était donc conduit forcément à tenter sur la prose ce qu'André Ghénier tenta sur la poésie. Chénier remonta à l'orij^ine de notre littérature savante , à la Grèce , dont les imitations allaient de plus en plus palissant. L'auteur des Etudes , plus par instinct et par éducation que de parti pris, remonta, lui, à notre vieille langue française ; ce fut le langage d'Amvot et de ^lontaigne, avec sa profusion d'images vives et franches , son vigoureux coloris qu'il transporta dans la langue du dix-huitième siècle par une fusion si habile, qu'il a fallu long-temps avant de s'apercevoir que le néologisme dont on taxait l'auteur des Etudes n'était que de l'archaïsme.

Mais pour faire admettre cette fusion , il lui avait fallu faire baisser d'un ton le beau style; il avait du consentir à ne pas reculer devant le familier, devant le mot propre , en dépit des prescriptions de Buffon; toutes ces hardiesses qui avaient effarouché d'autres écrivains plus audacieux par le fond, lui semblèrent justifiées, pourvu qu'il en résultat un tableau, pourvu que l'objet fût placé devant le>: yeux. Il n'v a qu'une manière de peindre la natiue , disait-il, c'est par les images communes, comme il v en a tant dans Amvot, par les similitudes triviales : c Essavez de décrire un homnu*, trait par irait, membre par

membre ; quelque exact que vous soyez , vous ne m'en ferez jamais le portrait : mais si vous le rapportez à quelque personnage connu , si vous me dites, par exemple, qu'il a la taille et Tencolure d'un Don Quichotte, un nez de saint Charles Borromée , etc., vous me le peindrez en quatre

mots C'est ainsi que procède le P. Du Tertre.

A-t-il à parler du crabe déterre des Antilles, voici comme il le caractérise : < Tout le corps de cet animal semble n'être composé que de deux mains tronquées par le milieu et rejointes ensemble; car des deux côtés vous y voyez les quatre doigts et les deux mordans qui servent comme des pouces. > Dampier, de même, pour décrire la banane, la compare, dépouillée de sa peau épaisse et à cinq pans, à une grosse saucisse; sa substance et sa couleur, à celle du beurre frais en hiver; son goût, à un mélange de pomme et de poire de bon-chrétien , qui fond dans la bouche comme une marmelade. >

C'est par de tels rapprochemens que Bernardin précise les couleurs des objets. Le blanc de la marguerite, dit-il, a quelque chose de celui de la cornette d'une bergère; celui de la hyacinthe, tient de Tivoire ; et celui du lis, demi-transparent et cristallin , ressemble à de la pâte de porcelaine.

« On peut se procurer, dit-il encore, toutes les nuances pures et imaginables du jaune, du rouge ei du bleu, d'après les fleurs des jonquilles, des

safran», des bassinets des pre's , des roses, des coquelicots, des bleuets des blés, des piedsd'alouette, etc. On peut trouver également parmi nos Heurs toutes les nuances composées, telles que celles des violettes et des digitales pourprées, qui sont formées des différentes harmonies du rouge et du bleu. La seule couleur composée du bleu et du jaune , qui forme le vert des herbes, est si variée dans nos campagnes , que chaque plante en a, pour ainsi dire, sa nuance particulière. Je ne doute pas que la nature n'ait étalé avec autant de diversité les autres couleurs de sa palette, dans le sein des fleurs ou sur la peau des fruits. Elle y emploie quelquefois des teintes fort différentes sans les confondre; mais elle les pose les unes sur les autres, en sorte qu'elles font la gorge de pigeon : tels sont les beaux pluches qui garnissent la corolle ^de l'anémone ; ailleurs elle en glace la superficie, comme certaines mousses à fond vert qui sont glacées de pourpre; elle en velouté d'autres, comme les pensées; elle saupoudre des fruits de fleur de farine, comme la prune pourprée de monsieur; ou elle les revêt d'un duvet léger pour adoucir leur vermillon, comme la pèche; ou elle lisse leur peau et donne à leurs couleurs l'éclat le plus

vif, comme au rouge de la pomme de calville

€ On peut préciser les nuances rembrunies en les rapportant aux couleurs de nos végétaux domestiques qu'on remarque dans l'écorce de no5

412 Histoire

arbres et de nos arbrisseaux, dans les capsules et les coques de leurs fruits- , ainsi que dans les feuilles mortes, une variété incroyable de ces nuances ternes et sombres, depuis le jaune jusqu'au noir, avec tous les mélanoes et accidens des autres couleurs. Ainsi, au lieu de dire en latin, un jaune noircissant, ou une couleur cendrée , pour déterminer quelque nuance particulière de couleur, dans les art» ou dans la nature, on dirait un jaune de couleur de noix sècbe, ou un gris d'écorce de bétre. Ces expressions seraient d'autant plus exactes, que la nature emploie invariablement ces sortes de teintes dans les végétaux, comme des caractères déterminans et des signes de maturité, de vigueur ou de dépérissement , et que nos paysans reconnaissent les diverses espèces de bois de nos forêts, à la simple inspection de leurs écorces. 11 en résulterait des comparaisons charmantes. Les poètes de l'antiquité nV ont pas manqué. C'est ainsi qu'Homère compare les générations rapides des faibles mortels aux feuilles qui tombent dans une forêt à la fin de l'automne; la fraîcheur de la beauté, à celle de la rose; et la pâleur dont se couvre le visage d'un jeune homme blessé à mort dans les combats, ainsi que l'attitude de sa tète penchée» à la couleur et à la flétrissure d'un lis dont la racine a été coupée par la charrue.

« On peut faire le même rapprochement pour les odeurs et les saveurs. La renoncule de nos

prés a racrimonie du poivre de Java. La racine de la cariopliyllata ou benoite, et les fleurs de DOS œillets, ont l'odeur du girofle d'Amboine. Pour les saveurs et odeurs composées, on peut les rapporter à des odeurs et saveurs simples , dont la nature a mis les élémens dans tous les climats , et qu'elle a réunis dans la classe des ve'gétaux. Je connais une espèce de morelle que mangent les Indiens, qui, étant cuite, a le goût de la viande de bœuf. Ils l'appellent brette. Nous avons parmi les becs-de-grue une espèce dont la feuille a Todeur du gigot de mouton rôti. Le muscari, espèce de petite byacinthe qui croît dans nos buissons au commencement du printemps, a une odeur très forte de prune. Ses petites fleurs monopétales d'un bleu tendre, sans lèvres ni découpure, ont aussi la forme de ce fruit (i). » Tout le système linguistique de Bernardin de Saint-Pierre est là. La langue qu'il se crée est précisément le contraire de celle que Buffon recommande. L'exagération du principe de Buffon est l'idiome abstrait du dix-buitième siècle; l'exagération du système de Beinardin est la langue concrète et granitique de l'école romantique. Les deux exagérations sont également condamnables; pourtant s'il fallait choisir entre les deux, il nous semble qu'il n'y a pas à hésiter entre les imitateurs de Rubens et les imitateurs de David, entre le

(j) Etudes t\f: \é ^3U^■'■, OEiivres, p. xa cl siiiv,

Mû HISTOIRE

pâle langage des poètes de l'empire et la phrase trop imagée de Victor Hugo.

Le mode de peindre emplovë par Bernardin repose sur un principe unique comme son mode de s'exprimer. Si les plaisirs dans la nature, le bonheur dans la société naissent de l'harmonie, il en doit être de même dans les arts ; donc, pour peindre sur la toile ou sur le papier, il faut exprimer les rapports, les contrastes, les consonnances , les dissonnances , les reflets , enfin distribuer les objets du tableau, de manière à exprimer le plus grand nombre d'harmonies qu'il est possible d'y réunir.

Ces harmonies peuvent être purement physiques comme celles du soleil, du vent , de l'orage, de l'eau, des montagnes, des arbres et des oiseaux dans la fable de Lafontaine, le Chêne et le Roseau, ou se colorer d'un sentiment moral comme ces vers de Virgile qui peignent tout un paysage mélancolique :

Et jam summa villaram culmina fumant Majoresque cadunt al lis de moalibus umbrae.

OU purement morales comme il v en a tant dans Racine ; ou mieux encore phvsiques et morales tout à la fois , lorsqu'un rapprochement inattendu, une réflexion morale terminant un tableau attendrit le style et lui donne un charme, une douceur qui enchante, comme dans les pages suivantes que nous prenons presque au hasard dans la première partie de Paul et Virginie.

« Quelquefois, assis sur un rocher, à l'ombre d'un veloutier, nous voyions les Ilots du large venir se briser à nos pieds avec un horrible fracas. Paul, qui nageait d'ailleurs comme un poisson, s'avançait quebiuelois sur les rescifs, au devant des lames, puis, à leur approche, il fuyait sur le rivage, devant leurs grandes volutes écumeuses et mugis^^ santés, qui le poursuivaient bien avant sur la grève. Mais Virginie, à cette vue, jetait des cris perçans, et disait que ces jeux-ià lui faisaient grand'peur.

t Nos repas étaient suivis des chants et des danses de ces deux jeunes gens. Virginie chantait le bonheur de la vie champêtre, et les malheurs des gens de mer, que l'avarice porte à naviguer sur un élément furieux, plutôt que de cultiver la terre qui donne paisiblement tant de biens. Quel^ quelois, à la manière des noirs, elle exécutait avec Paul une pantomime. La pi^ntomime est le premier langage de l'iiomme; elle est connue de toutes les nations. Elle est si naturelle et si expressive , que les enfans des blancs ne tardent pas à l'apprendre, dès qu'ils ont vu ceux des noirs s'y exercer. Virginie, se rappelant, dans les lectures que lui faisait sa mère, les histoires qui l'avaient le plus touchée, en reniiait les principaux événemens avec beaucoup de naïveté. Tantôt, au son du tamlam de Domingue , elle se présentait sur la pelouse, portant une cruche sur sa tète ; elle s'avançait avec timidité à la source d'une fontaine voisine pour y puiser de l'eau. Domingue et Marie, représentant les bergers de Madian, lui en défendaient l'approche, et feignaient de la repousser ; Paul accourait à son secours , battait les bergers, remplissait la cruche de Virginie, et, en la lui posant sur la tèle , il lui mettait en même temps une co'jronne de fleurs rouges de pervenche , qui relevait la blancheur de son teint. Alors, me prèlanl à leurs jeux, je me chargeais du personnage de Raguel, et j'accordais à Paul ma fille Séphora en mariage.

< Une autre fois, elle représentait l'infortunée Piutb , qui retourne veuve et pauvre dans son pays, où elle se trouve

ûiQ HlSTOifiE

étrangère après une longue absence. Domingue et Marie conirefaisaient les moissonneurs : Virginie feignait de glaner çà et là, sur leurs pas, (jnelques épis de b!é. Paul, imitant la gravité d'un patriarche, l'interrogeait; elle répondait, en tremblant, à ses questions. Bientôt, ému de pilié, il accordait un asile à l'inoocence , et l'hospitalité à l'infortune. Jl remplissait le tablier de Virginie de toutes sortes de provisions, et l'amenait devant nous comme devant les anciens de la viile, en déclarant qu'il la prenait en mariage malgré son indigence. Madame de la Tour, à cette scène, venant à se rappeler l'abandon où l'avaient laissée ses propres parens , son veuvage , la bonne réception que lui avait laite Marguerite, suivie maintenant de l'espoir d'un mariage heureux entre leurs enfans, ne pouvait s'empêcher de pleurer; et ce souvenir confus de maux et de biens nous faisait verser à tous des larmes de douleur et de joie.

< Ces drames étaient rendus avec tant de vérité, qu'on se croyait transporté dans les champs de la Syrie ou de la Palesiine. Nous ne manquions point de décorations , d'illuminations et d'orcliestres convenables à ce spectacle : le lieu de la scène était, pour l'ordinaire, au carrefour d'une forêt, dont les percés formaient autour de nous plusieurs arcades de feuillage. Mous étions, à leur centre, abrités delà chaleur pendant tuute la journée ; mais quand le soleil était descendu à l'horizon, ses rayons, brisés par les troncs des arbres, divergeaient, dans les ombres de la iorêt, en longues gerbes lumineuses, qui produisaient le plus majestueux effet. Quelquefois, son disque tout entier paraissait à l'exlrémiié d'une avenue, et la rendait tout étincelante de lumière. Le feuillage des arbres , éclairé en dessous de ses rayons safranes, brillait des feux de la topaze et de l'émeraude; leurs troncs mousseux et bruns paraissaient changés en colonnes de bronze antique ; et les oseaux , déjà retirés en silence sous la sombre feuillée , pour y passer la nuit , surpris de voir une seconde aurore, saluaient tous à la fois l'astre du jour, par mille et nulle ch;<nH>n*. >

DE BERNaUDIN DK .S.-l'ltKKE. 417

La manière de Bernardin pouvant être facilement réduite eu principes, la forme matérielle de sa phrase est facilement imitable. Pourtant Charles Nodier, si habile en ce genre , n'est pa& allé au-delà de quelques lignes, car il ne suffit pas de reproduire la phrase , il faut aussi reproduire l'enchaînement des idées ; ce qui rend le pastiche de certains écrivains modernes si facile, c'est que les idées manquent ou du moins sont perdues sous une foule d'ornemens que Saint- Pierre n'eut jamais voulu se permettre : au reste, le pastiche de Nodier est d'une étonnante res.-« remblance.

« Au treillis serré qui garnit sa fenêtre rusti» que, > dit-il, a la capucine du Pérou accroche de toutes parts ses tymbales d'un vert mat et ses cornets mordorés , tandis qu'un vieux lierre, décoration naturelle de la maison du pauvre, garnit tout le mur extérieur de ses fraîches tentures, où pendent de petits bouquets de baies noires comme le jais. >

Bernardin de Saint-Pierre a puissamment influé et sur les écrivains contemporains et sur la génération actuelle; sous le rapport de la forme, il est, quoique ce rôle ne lui ait pas été suffisamment reconnu , le chef de cette réforme qui s'est rendue quelque peu ridicule par les exagérations de certains de ses membres; l'école romantique date de Bernardin de Saint-Pierre; c'est lui qui le premier a annoncé hautement qu'il

fallait mettre la vérité à la place du convenu , préférer le mot propre à la périphrase, et débarrasser l'art dramatique de quelques entraves inutiles à Fart et nuisibles au poète ; c'est lui qui a fait le premier essai fructueux pour renouveler la langue; qui a réagi le premier pour le christianisme et l'Évangile contre le paganisme admis encore comme enveloppe nécessaire de toute poésie.

Chateaubriand, son disciple le plus direct, a gardé à peu près les mêmes tendances que lui , mais il ne s'est pas contenté de velléités chrétiennes; il a rompu directement, et avec la philosophie sceptique du dix-huitième siècle , et avec le langage polémique de cette époque, dont le style de Bernardin est encore imprégné à de fréquens intervalles. L'auteur à'Atala a de plus que celui de Paul et Virginie^ de l'exagération, de la recherche, delà prodigalité dans les couleurs; mais il a aussi plus d'énergie et d'élévation et de chaleur. Il pense en philosophe et ne s'en exprime pas moins en poète. Son imagination est trop forte, disait Bernardin avec ce sentiment de répulsion instinctive qu'on a toujours pour son successeur.

Madame de Staël et Lamennais, tout en procédant plus directement de Rousseau, dont ils ont même conservé les formes polémiques, n'ont pas entièrement renié, en fait de stvle, sous le rapport littéraire, l'Elisée de leur maître; mais

celui de nos écrivains contemporains qui doit le plus à l'auteur des Etudes, est un poète bien supérieur à lui , Lamartine. L'auteur des Méditations est plus vaste, plus compréhensiF, mais dans ces larges périodes qu'on a comparées aux flots de i'Eridan, souvent débordé, il y a de la phrase rameuse et flexible de Bernardin de Saint-Pierre, s'ouvrant sans rien perdre de sa clarté aux longues parenthèses, et n'interrompant la tournure directe que pour jeter des clartés inattendues. On retrouve dans le poète l'adoration de la nature qui caractérise le prosateur ; on y retrouve le système poétique des harmonies qui a passé aussi chez Chateaubriand j on v retrouve surtout cet amour du genre humain, ces vœux d'union universelle qui caractérisèrent Bernardin de Saint-Pierre. Au reste, l'auteur de Jocelyn se détache fortement de lui par sa profondeur et sa majesté; mais il ne renie pas la filiation, pourtant un peu obscure au premier abord, et tout le monde sait les vers dans lesquels son Jocelya raconte comment

Son pied qui s ipjpriinail sans bruii sur le gazon. Ne letcntissanl pas dans l'herbe où il s'appuie, Plus que l'oiseau qui pose , ou la goutte de pluie. // tenait dans la main ce livre où lant de pleurs Coulent du cœur de Paul et des veux des lecteur», Quand, le canot parti, chaque coup de la rame Emporte Virginie, arrache l'àme à l'âme; Il sentait tout son cœur se fondre de pitié, El la page toujours restait lue à moitié.

Bernardin «ie Saint- Pierre, bien que ne s'e'tant pas nettement prononcé en faveur du catholicisme, a puissamment influé sur la réaction religieuse. Il était lain d'avoir cette logique puissante de Rousseau qui .subjugue la raison, alors même qu'il a tort; mais il avait cette douce onction qui, malgré des argumens peu concluans lors même qu'il avait raison, pénètre et parle au cœur. Rousseau avait fait rougir les mères qui ne nourrissaient pas leurs enfans; Bernardin fit de l'éducation maternelle une des conditions du bonheur de la mère; le rôle de tous deux est en religion dans le même rapport qu'en morale: l'auteur à'Emile a des élans de foi ardente pour Tetomber dans le scepticisme: la croyance de fauteur des Etudes est plus profonde et moins explicite, mais elle persuade davantage; l'un, comme on Ta déjà dit, a fait douter ceux qui ne croyaient pas; Tautre ^ inspiré le désir, le besoin de croire à ceux qui «doutaient encore, et préparé ainsi sans dissonance le passage de l'incrédulité à la foi.

Bernardin de Saint-Pierre influa moins directement et surtout moin.s profondément sur les sciences naturelles. L'argument des causes finales n'est pas un levier dont la science puisse faire un grand usage pour soulever de nouvelles vérités. Mais la science est telle que les erreurs mêmes lui profitent souvent par la nécessité où elles mettent les savans de diriger leurs yeux vers des

DF. BKRNAP.DIN DE ,S.> PIF.P.P.h. 421

points souvent inexplorés. C'est îiinsi que la parlie polémique des ouvra^jes de Bernardin de Saint-Pierre, quoique de peu d'intérêt aujourd'hui, a {'ait ]iénétrer dans l'humanité un grand iiomhre de vérités utiles, entre autres ce désir, ce hesoin de la paix qui s'est développé au sein même de Tépotjue guerrovanîe de l'empire, désir que le gouvernement de juillet exjiloite à ^on profit, mais qui nous semble gros, pour l'avenir, des plus heureux résultats. Si cette partie des écrits de Bernardin a vieilli, il n'a pas le droit de s'en plaindre; ses pensées sont devenues nos pensées , ses sentimens ont passé dans nos mœurs; c'est le succès le plus flatteur, sinon le plus brillant pour Técrivain; Bernardin de Saint-Pierre, d'ailleurs, a non seulement sa place parmi les écrivains dont on respecte les noms bien qu'un ne lise plus leurs ouvrages ; quelques ims de tses écrits peuvent, il est vrai, être oubliés, mais la plus grande partie des EtJides y mais VArcadic , et surtout les deux admirables récits, Paul et Jlnjuiin et la Chaumière indienne survivront à toutes les vicissitudes de la mode et les révolutions de la philosophie, et nos enfans, comme nous, voudront les relire encore après les avoir relus dix fois.

La vie de BernâiUia de Saint-PierFe a élë publiée par M. Aimé-Martin, mari de s?» veuve (1820, in-8° et in-18), dans toutes les éditions des œuvres complètes de l'auteur, à la suite de sa correspondance el à part.

Les éditions postérieures à 1826 sont accompagnées de deux suppléments, tirés aussi à part, servant de réfutation : le premier à un passage de la première édition du Mémorial de Sainte- Hélène, qui a été supprimé depuis , mais qui se trouve reproduit dans Tart. que la Bio(iraphie universelle a consjicré à Tiiuleur des Études ; — le second à ce même article de la Biographie , plein d'insinuations malveillantes contre Bernardin de Saint-Pierre.

Dans la Correspondance, ces deux articles sont suivis d'un article intitulé Apologie , réimprimé] dans les éditions pos-

4'24 BlBLlOoRAl'HIi:.

lérieures sous cô titre : De l'auteur de Paul et Virginie et de l'influence de ses ouvrages. C'est tour à tour le résumé et le développement de la Biographie ; la seconde partie du titre n'y est nullement iraitée.

La Biographie , écriie sur des notes laissées par Bernardin lui-même , qui, à plusieurs époques de sa vie, paraît avoir voulu, lui aussi, écrire ses confessions, est très-curieuse, et nous y avons abondanunent puisé, surtout quand nous avons eu à raconter la jeunesse de Saint-Pierre , sur laquelle les autres matériaux manquent presque entièrement. Certaines pages de cet ouvrage ne seraient pas désavouées par le héros lui-même; cependant le style du biog'aphe a plus d'éclat et moins de naturel ; il a la prodigalité de rellexions de Fénelon, m:ns aussi, on doit l'avouer, trop de locutions et de formes qui décèlent le contemporain de Bouiliy.

La partie de VEssai sur la vie de Bernardin de Sainte Pierre, relative à l'auteur des Éludes, considéré comme écrivain , est très-insuffisante. On peut consulter sur ce sujet les ouvrages suivants que nous plaçons dans Tordre chronologique des publications.

Génie du Christianisme , par Chateaubriand.

Discours prononcés dans la séance publique tenue par la science de langue et de littérature française , pour la réception de M. Aignan, le 18 mai 1815, in-8°.

Essai sur les romans grecs, en fête de la collection de ces romans publiée par Merlin , reproduit dans les Mélanges de M. Villemain.

Éloge de Bernardin de Saint-Pierre , couronné à l'académie de Rouen, par M. Patin ; un extrait étendu de cet Éloge se trouve dans le Répertoire de littérature, art. Bernardin de Saint-Pierre.

Essai sur la partie historique de Paul et Virginie ; par Lemontey. (V. page 516.)

Cours de lillérature au XVIII' tiède , par M. Villemain ; tome m.

niniJtx.KAi'HiF., 425

Criiiques et pnrirails liiiei-aires ; par M. Sainte-Beuve, toute IV.

Hisluire de la lilleraliire IVancaise faisaiil partie du second volume des Mélanges de M. l>. >i<ard.

Inpassaije deTt^s-ai sur la vie de Bernardin de Saint- Pierre , dans lequel Tauleur racontait les dillférends de Bernardin de Saint-Pierre avec les parents de sa première femme , donna lieu en 1821 à un procès intenté par M. Léger-Didot, qui se trouva injurié et calomnié par le récit de ïl. Aimé-Martin , et à la publication d'une brochure imprimée la même année chez Didot , sous ce titre : La vérité en réponse aux calomnies répandues dans U7i écrit intitulé : Essai , etc. , in-8".

Le procès fut app lé en police correciionnellc le Î8 mai 18-21. M. Aimé-MartiiM , qui était «léiendu par M' Berryer, lut pour sa défense un passage que Bernardin de Saint-Pierre se proposait d'insérer dans la préface de ses Harmonies de la nature, et qu'il avait cru, lui, devoir supprimer ; ce passage imputait à M. Léger-Didot des laits d'avidité et d'égoisme dont sa famille en général et Bernardin de Saint-Pierre en particulier auraient été victimes. Le tribunal , considérant qu'il n'y avait pas lieu d'admettre la preuve des faits imputes , puisqu'il ne s'agissait pas d'un fonctionnaire public, et (jue le fait de diiraniation et d'injure résultait du passage cité de la notice, condamna M. Aimé-Martin à payer 500 francs d'amende et 1,000 francs de dommages-intérêts, et à sujiprimer le passage incriminé.

Appel fut porté de ce jugement, et le 51 du même mois , la Cour royale , écartant le fait de diffamation , réduisit l'amende à IG francs et les dommages-intérêts à !2o francs, mais en maintenant la suppression du passage, suppression qui fut opérée au njoyen d'un carton dans l'édition in-18 de I8"il , et (|ui est indiquée par des points dans les éditions bubsé<|uentes.

M. Légcr-Didol s<-* pourvut m cassation conlic «e becvnd

arrèi; mais son pourvoi fut rejeté, et Tarrêt de la Cour royale fut confirmé purement et siniplement. Voir le Mont* leur de lb21.

Nous donnons ici , d'après la France littéraire , la date des premières éditions des ouvrages de Bernardin de Saint- Pierre, rindicalion des éditions les plus remarquables, et des îraducùons publiées en Trance.

Voyage à i'ile de France , de Bourbon , au cap de Bonne- Espérance, par un oiïicier du roi; Amsterdam et Paris , Merlin, 1775 , 2 vol. in-b".

Une partie de ce Voyage a été insérée dans les Voyages en France et en d'autres pays , en vers et en prose , 1818, 1» vol. in-18.

Voy. l'appréciation de cet ouvrage, page il7.

L'Àrcadie, livre I", Angers 1781, in-18, réimprimé dans les Études de la Nature ^ 5e édition 1790, tome m, in- 12, à part en 1795 (contrefaçon), et 1796, et depuis dans presque toutes les éditions des Études.

Des fragmens des livres H et lil n'ont été publiés que dans les éditions postérieures à la mort de l'auteur.

Voyez page 5'20 et suivantes.

Éludes de la Nature , — Paris , Didol jeune, 1784, 5 vol. m-12 ; ï*^ édit. , 1786 , 5 vol. in-U : — 5% 1788 , 4 vol. avec Paul et Virginie et l'Arcadie; 4^, 1795, 5 vol, in-12, avec les Vœux d'un Solitaire, la Chaumière indienne, le Café de Surate, etc.

11 a été fait de cet ouvrage uu grand nombre de contrefaçons, in-12 et in-8**.

L'auteur en publia une nouvelle édition en 1804, revue, corrigée et ornée de 10 planches, o vol. in-8^.

Les éditions postérieures ont été faites sur celle-ci; celles qui ont paru depuis 1820 contiennent des notes de M. Aimé- Martin; l'édition de 1825 , 5 vol. in-8" avec 15 planches, contient à la fin du touîe iv, avec une pagination particu-

BIBLIOGRAPHIE. ûtl

Hère , les Étude* sur la partie historique du româo de Paul et Virginie, par Lemontey. {V. page 516.)

Pour l'ouvrage , vovez page 272 et suivantes.

Paul et Virginie, 1787, 1789, 1792, in-12. Dans Tespace d'un an , il fut publié plus de cinquante cenlrefaçons de cel ouvrage.

Voyez page 300 et suivantes.

Le même ouvrage, 1806, grand in-l", Didotrainé, edit# de luxe. (V. page 565.)

Le préambule de cette édition n*a ^>as été reproduit en entier dans les œuvres complètes ; l'extrait qu'on en donne est scindé en deux parties , l'une iniiiuiée : Extrait du préambule de Tédition in-4'^ ; l'autre : Dialogue sur la critique et les journaux.

Le même roman, 1816, 1820, in-18, avec gravures ; Déter ville, Lefèvre.

Paul et Virginie, suivi de la Chaumière indienne, du Café de Surate , du Voyage en Silésie , de l'Éloge de mon ami et du Vieux Paysan polonais. — Paris, Méquignon-Marvis (A. André), 1825, in-8^, 4 vignettes et une carte.

Paul et Virginie, — la Chaumière indienne, — Louis Jânet, 1823, in-î8, avec o figures.

Paul et Virginie avec une notice inédite sur Bernardin dd Saint-Pierre par lui-même. Werdet etLequien, in-52 , édition faisant partie d'une collection de romans français , dédiée aux dames.

Celte notice se trouve encore dans les éditions de Lebigre, 1834, in-18, et de Dijon {M"« Breugnon , 1836, même fi)rraat. Elle fut écrite par Bernardin de Saint-Pierre en 1807 pour joindre à son portrait qu'il s'agissait de placer dans le musée de Philadelphie. Voici comme il raconte celle circonstance de sa vie dans sa corresp(mdanoe (lome ni, page 227).

« Ln peinire de Philadelphie, appelé M. Piale , est venu , l'année passée , avec une lettre de M. Jeflerson , président des États-Unis , adressée à quelques-uns de mes confrères de l'Institut ainsi qu'à moi , pour nous engager à nous laisser

2^28 iiiBLlObP.APHlE.

peindre par le porteur de celte circulaire. Je m'y suis prêté

d'autant plus voloniiers, que les portraits qu'il ni'a nionlrés étaient du plus grand eliel. Le luien a réussi au-delà de mon attente , mais l'amour de la pairie a déterminé l'artiste à retourner lout-à-coup au sein de sa famille. Il y a irois mois , le père de M. Piale m'a écrit une lettre pour me remercier d'avoir bien voulu servir de modèle à son lils , et il y a huit jours que j'en ai reçu une de M. AVarden, consulgénéral des États-Unis à Paris , sur le même sujet. Il me marque que mon portrait est à l'exposition du musée américain, que M. Piale désire y ajouter une notice de ma vie , afin de me faire mieux connaitre à ses compatriotes. C'est ce que j'ai cru devoir faire. Celte complaisance m'a occupé plusieurs jours et a été un surcroit de travail qui m'a obligé de négliger d'autres éludes. Ma notice, qui ne contient guère plus d'une feuille de grand papier à lettre , est si remplie de ratures, qu'il a fallu la recopier, et c'est à quoi ma femme est actuellement occupée.

I Vous me direz , conlinue-t-il avec bonhomie , il y a un peu de vanité dans toutes ces complaisances ; je vous assure que je ne m'y suis laissé aller que par le plaisir de penser que des étrangers m'avaient élevé un petit monument d'amitié dans leur pays ; puisque je suis quelquefois piqué par les épines de rancien monde , irais-je reluser les roses du nouveau ? >

Paul et Virginie , la Ciiaumière indienne , précédés d'une notice, par M. Sainte-Beuve, et suivis d'une llorede TIlc de France et de l'Inde, par M. Th. Descourlilz , illustrés par Tony Johannot , Français, E. Isabey, Meissonnier, Paul Huet, de Laberge,Murville ; 400 vignettes et 0 grands sujets gravés sur bois, parles plus éminens artistes de France et d'Angleterre, avec une carte de l'Ile de France. Paris, Curmer, 1856, in-8'^

— Paul et Virginie, suivi de la Chaumière indienne, du Café de Surate, des Voyages de Codrus,avecun vocabulaire servant à l'explication du lexie. Paris, Henrioi, 1837, iu-S".

DlBLlUliUAl'IHE. Zxl'ê

— Paul et Virginie, la Chaumière iiulicnin; et le Cafti de Surale, par Bernardin de Saint-Pierre ; Estelle et Galatée, par Florian, et ses douze nouvelles; choix des Idylles de Gesner. Paris, Didot, 1857,10-8".

— Paul and Virginia, translated Ironi Ihe Irench. Paris, Francart, 1801, in-12.

— Paul and Virginia , français et anglais , à l'usage des personnes ([ui apprennen! les deu\ langues. Paris, Delalain, 1803, in-12.

— Pablo y Virginia, iraducido en cspanol, par D. José- Migucl-Alea. Perpignan, Alzine, 1816, in-18.

— Paulus et Virginia (en grec moderne, irad. de Piccolo). Paris, F. Didot, 18-24, in-18.

— Paolo e Virginia , versione italiana da J.-F. Blanvillain , 1791, quai ta ediz., Parigi, 1805, in-18.

— Paolo e Virginia , traduzioae nuova del rinomalo A. Lo?chi , socio di varie accademie , rivedutla et corretla accuramente da un prolessore di lingua italiana. Parigi, Saîjnon, 1810, in-18.

— Pdulo y Virginia ( cm portugez ). Paris , rhéoph. Barrois, 1818, in-18.

— Vœux d'un Solitaire, pour taire suite aux Eludes de la Nature. Paris, Didot le jeune, 1780, in-1-2.

— Suite du même ouvrage, avec la Cliaumière indienne, pour servir de complcmenl au cinquième volume des Eludes. Paris, Née de la Uochelle, 1791, iii-ti.

Ces ouvrages font |)art!e de toutes les éditions des Eludes, publiées postérieuremenl, du vivant de Tauteur. Voyez page 550 et suivantes.

— La Chaumiéi e indienne. l*aris , Nce de la Uochelle , 1790, in-8% et 1701, in-12.

Celle seconde édition n'est qu'un tirage à part d'une parlie de la publication précédenie. Voyez pag. 510.

— Le même roman. Paris, Méquignon-Marvis, 1822, in 18.

— Le même ouNrag". >>U'>i du Cafc «Je Sur^Ue, du Voy;<g»

en Silé?iic, de l'Eloge de mon ami, des Voyages de Codrus et du Vieux Paysan polonais. Paris, Werdet et Lequien, 1828, in-32, deux gravures.

— Les mêmes ouvrages. Leiévre, 1828, in-18.

— Chaumière indienne (la), irad. en grec moderne. Paris, F. Didot, 18-25, in-18.

— Cabana indiana (la ), ilaliano-francese, Parigi, 1808, in-12.

— Cabana indiana (!a), y el Café de Surate (irad. del fpances). Léon, Cormon y Blanc, 1822, in-18.

— Mémoire sur la nécessité de joindre une ménagerie au Jardin national des Plantes, suivi de notes. — 1792, in-12. Voyez page 543.

De la nature de la Morale, fragment d'un rapport à l'Instilut, etc., an vi (1798).

I! a été fait la même année deux éditions de cet opuscule. Voyez page 555 et suivantes.

— Voyage en Si'.t^sie. Paris, Didot l'aîné, 1807, in-12. Otte édition contient un préambule amèrement critiqué

par Dussault , dans le Journal des Débats y qui n'a pas été reproduit dans les éditions des œuvres complètes. Voyez page 520.

La Mort de Socrate , drame , suivi d'un Essai sur la critique el les journaux ( extrait du préambule de Paul et Virtrinie, édition de 180l>), et un discours académique qui n'a pas été inséré dans les œuvres.

Voyez pages 5G1 et 584.

— Harmonies de la Nature, publiées par L.-A. Martin, faisant suite aux Eludes. Paris, Méquignon-Marvis , 1815, 8 volumes in-8^', avec portrait ; — 1818, 4 vol. in-12, avec portrait.

Voyez page 549 et suivantes.

— Romans, Contes el Opuscules de B. de Saint-Pierre, publiés par M. Aimé-Martin. Paris, Lefèvre, 1834, 2 vol. in-18, avec 7 ijg.

Voyez la Notice sur les œuvres complètes.

BlIif.lOOnAFHI! . '^31

— (JEavpes coniplèles, mises «-n oii.lir* et précodéos de îa vie de i'aulour, par L. -Aimé Martin. Paris, Méquiguon- Marvis (L. Janet). 4818>20, 42 vol. iii-8", ornés de 20 gravures.

Cette colleciioâ des ouvrages de B. de Sainl-Pierre rent'ernie non seulement tous ceux que nous venons de citer , mais encore ses écrits inéJits, dont plusieurs sont d'une assez grande étendue.

Cette édition est ainsi composée :

— Tomes prenuer et deuvième ( en trois parties) ; Epilra au roi ; — Essai sur la vie et les ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre, par M. L.-A. Martin : 1" Voyage à Tlle de France, et à sa suite, — 2*^ Conseils à un jeune Colon, fragment ; — 5'' Entretiens sur les arbres , les fleurs et les fruits. Voyez page 219. — 4** Explication de quelques termes de marine; — 5° Observations sur la ilollande, sur la Prusse, sur la Pologne et sur la Russie. Ces observations ont été réimprimées, dans quelques éditions postérieures, sous le litre de : Voyages. Voyez page loG , Tomes m à viu — 6° Les Etudes de la Nature, suivies de, 7", Paul ei Virginie; — 8° la Chaunjière indienne; — 9° le Calé de Surate; — lO*" le Voyage en Silésie ; — il" TEiogc historique et philosophique de mon ami. (Voyez page 525.) — 12° les Voyages de Codrus. (Voyez page 324. ) — Le Vieux Paysaa polonais. ( Voyez pag. 524. ) — 14*^ L'Arcadie; — \^^ Fragmens des deuxième et troisième livres de TArcadie ; — 16** Fragmensde l'Amazone. (Noyez pag. 251, 590.) — il'^ De la Nature de la morale, fragment d'un rapport à Tlnstltut, avec des notes servant à trois de ces ouvrages. (Voyez page 355, lom. vu.)

Tom. VII à X, »8°les Harmonies de la Nature.

Tom. XI, 19'^ les Vœux d'un Solitaire et la Suite, suivis, 20'\ d'un Fragment sur la Théorie de l'Univers; — 21" d'uu Mémoire sur les Marées ; 22° d'un Fr.igment sur le mêm« objet.

— Tom. xii, Mélanges. — 25' Fragment sur i.-J. Rous-

452 BIBLIOOnAPHÎF..

seau. Es^ai sur J.-J. Houssenu el |iaiaUî;le de ^ ollairf el île J.-J. Rousseau. ( Voyez pag. 260.) — 24° Discours sur cetie question : Comment l'éducatiun des femmes pourrait contribuer à rendre les hommes meilleurs? (Voyez pag. 359.) — 25" La Mort de Socrate; — 26° EmpsaëI.(Vo\ez pag. 523.)— 27*^ La Pierre d'Abraham, ou le pèlerinage à Sainte- Anne-d'Auray. (Voyez pag. 52i.) — 28" Dialogue sur la critique et les journaux. (Voyez pag. 565.) — 29° Mémoire sur la nécessité de joindre une ménagerie au Jardin des Piautes de Paris, avec notes. — 30" Lettres de Bernardin de Saini- Pierre aux auteurs de la Décade philosophique. Presque tous les écrits posthumes sont précédés d'avis de l'éditeur.

— Les mêmes; Paris, Méquignon-Marvis, 1820-21, 19 vol. in-18, ornés de 27 gravures.

— Les mêmes, augmentées de divers morceaux inédits, mis en ordre et précédées de la vie de l'auteur, par L. -Aimé Martin. Paris P. Dupont, 1825-26, 12 volumes in-8", ornés de 28 gravures.

— Les mêmes, Paris, Lequien [Ils, 1850-51, 12 vol. in-S'', ornés de 14 gravures, dont un portrait.

Ces deux dernières éditions, classées différemment, pour les matières, de celles de 1818-20, font moins belles; mais on y trouve quelques pièces de plus : 1" Des caractères hiéroglyphiques, el du Tribunal d'équité en Egypte, fragmens écriis en 171*8, imprimés à la lin du tome vi; 2" l'extrait du Préambule de l'cdit. in-4" de Paul et Virginie ; 5° Lettres de diverses personnes à Bernardin de Saint- Pierre , et pièces justificatives, imprimées à la fin du tome ïii, qui porte pour titre : Dialogues philosophiques.

— Œuvres de J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre par L. -Aimé Martin. — Paris, Lefèvre, 1855, ou 483 grand in-8".

— Œuvres posthumes du même, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteur, par L.-A. Martin. — Paris, le même, 1853, ou 1856 ; en tout, 2 volumes grand in-8'', avec sept belles gravures; édilion enlièrement conforme aux

i;if;i.i()(;i:APMij-. • aX'^

odiiions (le 182.0--26, oi do 1850-31, en livoi. iii-H", (jiiaiH à la ; omposilion dos matières, mais elle en dillère suiis le rappoil du classement.

— Correspondance de Bernardin de Saint-Pierre, précédée d'un Supplément aux Mémoires de sa vie, par L.-Aimé Martin* — Paris, Ladvocal, 18i6, 5 volumes. — Mémoire sur la vie et les ouvrages de J.-H. Bernardin de Saint- Pierre, pir L.-Aimé Martin, accompagné de lettres du marécli;!l Munich, de Duvai , Taubenheim, Rulhière, d'Alembert, Jean-Jacques Rousseau, le baron de Breteuil, Guys, l'abbé Faucliet, de Fontanes, madame la baronne de Krudner, Dupont de Nemours , Maret , Diicis , Bernardin de Saint-Pierre, Louis, Joseph et Napoléon-Bonaparte. — Paris, le même, 1806, in-8", avec deux Cac simile, en tout, 4 volumes in- 8".

Les trois volumes de Correspondance contiennent des lettres de Bernardin de Saint-Pierre à Hennin, à Robin, à ses deux fenunes, et hs lettres de Ducis à l'auteur : celles de l'auteur à Ducis ne se sont pas retrouvées.

Ces volumes ne font partie (i'^ucune édiiion des Œuvres complètes.

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