X PRÉFACE
la vie de Berrver. Sous ces trois noms, à des dates différentes, j'ai rencontré et honoré la même politique : cette politique de modération , de tolérance , de conciliation, qui, écartant toute vue exclusive, sait tenir compte du mouvement des hommes et des faits , et dégager des opinions en lutte la vérité que contient chacune d'elles, pour leur faire voir dans le triomphe de son principe leur garantie commune. C'est cette politique qu'inaugurait Henri IV, lorsqu'il se donnait pour but « la réconciliation de ce pauvre royaume les uns avec les autres^ », et que, montrant la nation perdue par les divisions des partis, il disait aux fils d'une même patrie : « qu'ils donnent leurs passions, leurs querelles, leurs vengeances, leurs ambitions, au bien de la France, leur mère 2! »
C'est cette politique que soutenait le grand orateur de la Restauration, de Serre, lorsque, parlant comme ministre du roi Louis XVIII, il jetait ces formules dans la mêlée parlementaire : « Le triomphe d'un parti , funeste au pays,* ne tarderait pas à l'être à ce parti lui-même. Nous sommes tous Français. Il n'y a, il ne doit y avoir d'exclusion, d'exhérédation pour personne; car, ne vous y trompez pas, on commence par exclure, et l'on finit toujours par proscrire^. »
C'est cette politique que Berryer, avec sa foi roya-
1 Lettres missives de Henri IV, I, p. 168.
2 Lettres miss., II, p. 456.
3 Discours du 30 mai 1820.