PREFACE. XI
liste, a de tout temps défendue. Elle était le fond de son âme. « Oui, disait-il en 1851, demander Funion, demander la fusion , pour dire le mot , de tous les partis que les événements passés ont irrités les uns contre les autres , c'est vouloir restituer à la société les forces qui lui appartiennent et qu'elle ne peut reconquérir que par notre accord le plus complet ^ »
Jamais ces paroles ne furent plus vraies qu'au temps où nous sommes; jamais périls plus grands ne rendirent plus nécessaire la politique dont elles étaient l'expression.
J'en ai toujours été pénétré pour mon humble part, et, dans ma courte vie publique, je me suis fait un devoir de porter cette conviction à la tribune -. L'union, « l'union de tout ce qui est honnête et res-
1 Discours du 16 janvier 1851 à l'Assemblée législative.
^ « Quand on interroge l'histoire de nos débats politiques depuis quatre-vingts ans, on est frappé des luttes que des hommes faits pour s'entendre, animés des mômes sentiments, ayant au fond les mêmes vues, ont engagées les uns contre les autres. On les voit, dans l'ardeur, du combat, s'accuser, se déchirer, s'outrager parfois jusqu'à la dernière injustice; et puis, quarnd ces luttes sont tombées, quand ces hommes se sont trouvés dispersés dans la retraite, dans la disgrâce , dans l'exil , quand ils se sont vus en face des événements, tristes pour eux-mêmes, plus tristes pour leur pays, qu'avaient amenés leurs divisions, ils ont regardé de loin les uns vers les autres ; ils ont regretté, trop tard hélas ! de s'être méconnus... Et nous. Messieurs, venus après eux, en proie aux mêmes divisions, est-ce que nous ne profiterons pas de leurs conseils, de leurs exemples, de leurs regrets? Est-ce que nous attendrons que de nouvelles tempêtes nous aient dispersés pour nous apercevoir que nous aurions pu nous tendre la main et nous mettre d'accord?.. » Discours sur les projets de loi relatifs à l'organisation des pouvoirs publics. Séance de l'Assemblée nationale du 21 janvier 1875.