CHAPITRE IX
Arrivée à Genève de Quintin et de Pocque. — Danger de leur enseignement. — Vigilance de Calvin. — Il combat leur panthéisme. — Ravages que fait cette doctrine. — Le gentilhomme et le cordonnier ou le panthéisme condamné par lui-même. — La lutte commence entre les Libertins spirituels et Calvin. — Âmeaux et sa femme. — Inconduite de cette dernière et propos de son mari contre Calvin. — Sévérité outrée du Consistoire. — La lutte devient de plus en plus vive. — Fermeté et sévérité de Calvin. — Supplice de Gruet. — L'ami de Calvin, Âmied Perrin, se déclare son ennemi. — Désordres de la femme de Perrin et débauches de son beau-père. — LeXonsistoire sévit à leur égard. — Destitution d' Amied Perrin, accusé de trahison. — Colère des Libertins. — Séance orageuse à FHôtel de ville. — Intrépidité de Calvin. — Les partis font k paix. — Cette paix n'est qu'une trêve.
Jusqu'en 1546, Calvin avait pu maintenir Tordre dans rÉglise. Grâce à ses efforts, le joug qu'il avait imposé aux Genevois avait porté d'heureux fruits , quand tout à coup Tédifice qu'il avait élevé avec tant de peine, parut ébranlé jusque dans ses fondements par l'arrivée de deux Flamands, Quintin et Pocque, qui s'imaginaient avoir trouvé la clef de l'Évangile, et se proclamaient chrétiens en professant le panthéisme, c'est-à-dire «que Dieu est tout ce qui est, et que tout ce qui est, est Dieu. »