‹ Vie de CalvinChapitre 54 sur 98 · CHAPITRE X. iOl · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. iOl

l'autre; ils se voient trop rarement, le trajet de Genève à Neuchâtel est coûteux; ils sont pauvres et ménagers de leur temps qu'ils doivent à leur église; ils s'en dédommagent en s'écrivant souvent. Calvin ne fait rien qu'il n'en fasse part au bonhomme Farel, comme il l'appelle quelquefois; celui-ci, à son tour, n'entreprend rien sans prendre le conseil de son ami.

A côté du bouillant Farel, nous trouvons le doux, l'aimable Pierre Viret. Bon appréciateur de son mérite, Calvin le regarde comme l'un des conquérants de Genève; si Farel lui a confié cette ville, comme Paul confia les Cretois à Tite, Viret la lui a confiée aussi. Il aime tendrement Viret, qui lui rend affection pour affection; leur correspondance est pleine d'intimité, et dans leurs cœurs ils se versent mutuellement leurs peines, leurs joies, leurs espérances; ils ne se cachent rien.

Un homme dont la vie fut agitée comme la grande époque dans laquelle il vécut, François Hotman, fut honoré de l'amitié de Calvin. Il servit la cause du protestantisme comme jurisconsulte et comme diplomate, et porta un rude coup à la dynastie des Valois par sa célèbre Gauk franque, qui parut immédiatement après la Saint-Barthélémy.

Quand la persécution sévissait en France et en Italie, on voyait accourir à Genève des réfugiés, parmi lesquels plusieurs ont un nom célèbre et qui tous

s'associèrent à l'œuvre du réformateur, et furent ses amis. Nous ne pourrions entrer dans des détails sur leurs personnes, sans dépasser les limites dans lesquelles doit se renfermer notre travail; nous nous bornerons à quelques-uns, renvoyant nos lecteurs à notre GaleiHe des personnages célèbres qui ont figuré dans l'histoire du protestantisme français.

Parmi ces réfugiés, nous distinguons Galéas, marquis de Vico, gentilhomme napolitain, qui, appelé à opter entre les douceurs de la famille et de l'opulence, opta pour l'exil, aimant mieux, comme Moïse, souffrir au désert avec le peuple de Dieu que do jouir en Egypte des délices du péché. C'est Marlorat, abbé d'un couvent de Bourges, qui vint achever son instruction auprès de Calvin, et mourut martyr de sa foi à Rouen; c'est Vermigli, prieur des Augustins de Lucques , qui fît preuve d'un talent merveilleux au colloque de Poissy et jeta un grand éclat sur l'université d'Oxford et sur celle de Zurich; ce sont Robert Estiennô et Crespin , deux hommes de Dieu, célèbres imprimeurs, qui popularisèrent les écrits du législateur de Genève et des églises réformées de France; c'est de Chandieu, un gentilhomme qui renonça à une position brillante et devint le missionnaire des églises sous la croix; c'est Théodore de Bèze, qui aima Calvin d'un amour de fils et regarda l'affection dont il l'honora, comme l'un des plus grands honneurs de sa vie. D'autres person"

VERMI6LI.

Page 1