CHAPITRE XII
Nous comprenons les incrédules qui n'ont pas étudié l'histoire, quand, dans Galyin, ils ne veulent voir qu'un inquisiteur dur, farouche, implacable; mais nous ne comprenons pas les ultramontains qui exploitent brayamment contre le réformateur la mort de Servet- Ils oublient, tant ils sont haineux, qu'avant d'être condamné à Genève, riiérétiquc Fàvait été à Vienne, et que si les magistrats genevois avaient livré à leurs ancêtres le célèbre hérétique, le bûcher de Ghampel ne s'e serait pas dressé. Ils ne s'aperçoivent paS; enfin, que si Calvin est coupable, le sang qui tombe sur lui, retombe aussi sur eux, à moins qu'ils ne revendiquent pour Rome seule, l'honneur de pendre, de torturer, de bi'ùler. Aux protestants donc appartient le droit do flétrir le bûcher de Servet; mais en le faisant, ils ne flétrissent pas leur grand réformateur, dont ils comprennent la conduite sans l'approuver, et ils font tomber lem^anathème sur la sanglantel^'islation du moyen âge dont Fapplicfilioni a imprimé une si grande tache HU^front de la Réforme. Mais pendant que, chaque joui*; ils etîacent celte tstche avec leurs larmes, l'ultraniontanisme, qui n'a rien renié de son sanglant passé., regrette, par Toi^ane; de ses. principaux écrivains, que son inquisiteiïr ne soit plug qu^un officier en retraite, maudissant le di^-huitième siècle qui a abattu ses potences, brisé ces grils çtclénioli ses échafauds»