‹ Vie de CalvinChapitre 81 sur 98 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

qviil soit vaincu ou vaiiit]ueur, le monde en recevra-t-îl la plus petite secousse ? Et cependant, sur ce petit coin dé ierre se livrait une bataille plus grande que celles de Morat et de Marignan. Calvin vaincu, Genève retombait dans son obscurité, et la ville qui devait porter plus tard le nom de la Rome protestante et lever haut sa lampe, n'eût été qu'un Ghambéry ou un Fri-i bourg. Frappé au cœur en perdantsa foi, le protestantisme français perdait en elle ce foyer; d'aôtivité et de lumière qui le soutint dans ses plus mauvais jours; et ces portes genevoises, constamment ouvertes à tant d'infortunés que les persécutions chassaient de leur patrie, eussent été murées pour eux. Si donc une victoire n'est grande que par ses résultats, -celles de Calvin doit prendre rang parmi les plus grandes, puisqu'en délivrant Genève des Libertins, il en fit la capitale des idées chrétiennes et le foyer sacré de la liberté, qui ne mérite èe beau nom que lorsqu'elle est fondée sur lés mœurs.

De Genève., Calvin gouvernait les Églises qui, en France, s'étaient établies sous le feu des plus cruelles persécutions; chaque fois qu'un incident un peu grave survenait, on recourait «a monsieur Calvin jî>, et lui, avec une sûreté de décision remarquable, indiquait la marche qu'il fallait suivre. Nous sommes en 1559 : dans ce moment Henri II séyissait avec une cruauté inouïe contre les réformés; les anéaatirjusqu'au dernier était le rêve sinîàtre de sa vie. IJy'serait parvenu si, sous

146 y lE /DE CALVIN*

l'inspiration de Calvin,. les Églises sous la croix n'avaient eu ridée de feire^ de toutes les communautés éparses i^ne seule comrijunauté; c^te.idée réalisée futi leur salut. ' . .: . ;

En 4559 > à Paris^ dan$ ua< appartement d'où on pouvait voir les martyrs prolestants monter sur leurs bûchers, les représentants de onze églises étaient réunis autour d'une table, sur laquelle il y. avait une Bible ouverte; ils étaient graves, recueillis, pénétrés de la grandeur de leur missian qui avait pour but de doaner à l'Eglise naissante une confession de foi et une discipline* Leurs, imatériaux étaient tous trouvés, ils n'avaient qu'à, se pencher sur les oracles sacrés, en disant, non pas : Que pensqns-ftous? mais que lisons-fuous? Ils le fireût^ et.;dei cette étude: sortit le code destiné à étrela charte des %lises réformées.

Leur premier travail fut, la confession de foi. Dans ce monument vénérable, ils dirent ce qu'ils croyaient et ce qu'ils niaient, afin que le monde ne les prît ni pour des novateurs, ni pour des fanatiques. Après avoir rédigé la confession de foi , ils. s'occupèrent de l'organisation de l'Égiisei «Dans cette œuvre, dit M. Bungener, le point de départ est l'Église, dans le sens apostolique du mot, l'Église: locale, l'ensemble des fidèles, groupés dans un même lieu, ville ou village; c'est à eux de se donner, dés qu'ils ?le pourront^ une forme d'Église parlanoïiûdnationd'un^^ousistoire, l'appel d'un ministre, l'établissement d'Un culte régulier.

Page 1