CHAPITRE XIII
« Au-dessus de Téglise est le CoUaque, groupe d'églises; le Colloque s'assemble deux fois par an, chaque Église y est représentée par un ministre et un ancien, il règle toutes les affaires communes aux églises de sa circonscription.
«Au-dessus du Colloque est le Synodeprovincial qui s'assemble une fois par an, c'est le Colloque agrandi, groupe de plusieurs colloques; chaque Église y envoie aussi un pasteur et un ancien. C'est par lui que l'élection des pasteurs doit être faite ; mais chaque Église est appelée à ratifier le choix qui a été fait pour elle.
«Enfin, au sommet, le Synode national, composé de deux anciens et de deux pasteurs envoyés par chaque synode provincial. Il juge en dernier ressort toutes les affaires et aucun recours n'est possible contre son autorité. »
Calvin revit tout entier dans cette œuvre qui porte l'empreinte de sa forte personnalité. Elle est, comme toutes les choses humaines, loin d'être parfaite: mais elle est tout ce qu'elle pouvait être alors; c'est à elle que le protestantisme français doit de ne pas avoir péri dans les orages terribles qui l'assaillirent; il avait désormais une tête, et cette tête il l'éleva fière et noble dans une tempête dont les dernières rafales allèrent expirer au pied.de l'échafaud de Calas.
L'influence du réformateur s'étendait de Genève sur tout le continent européen. Il correspondait avec les martyrs et les exhortait à persévérer dans la foi; il
donnait aux Eglises des pasteurs et des directeurs; les plus grands personnages de l'époque, les Coligny , lesCondé, les d'Andelot, les Jeanne d'Albret, s'honoraient de son amitié et le consultaient. Rien n'était en dehors de son activité, et l'homme qui était diplomate, législateur, pasteur, professeur, écrivain, s'occupait à Genève des plus petits détails, soit qu'ils concernassent l'Église, soit qu'ils eussent trait aux affaires de l'État. Chaque fois que Messieurs du Conseil étaient embarrassés, ils disaient: «Allons trouver monsieiur Calvin», et le réformateur leur donnait de suite une réponse marquée au coin du bon sens, si simple qu'il semblait à chacun l'avoir trouvée.
Calvin servit la cause de l'Évangile avec sa parole et avec sa plume. On est frappé d'admiration à la vue de tous ses écrits et on se demande, avec étonnément, comment il put suffire à tant de travaux, surtout quand l'auteur de tant d'écrits était journellement a)jsorbe par ses fonctions de pasteur, de catéchiste, de professeur et qu'en dehors de ses fonctions habituelles, il avait une immense correspondance et que son cabinet de ti^avail était le cabinet de consultation de la république de Genève et de toutes les Églises. L'étonnement s'accroît encore quand on voit cet écrivain en lutte avec ses infirmités corporelles, et avec toutfes les mauvaises tendances qui se faisaient jour dans sa ville d'adoption pour y étouffer la semence de l'Évangile. Le secret de cette oeuvre de géant se trouve dans