CHAPITRE XIII
sur les côtés brillants de leur existence, ils ne savent cpi'en signaler les ombres. Aussi Calvin, pour ses détracteurs, n'est que le dénonciateur de Servet, le persécuteur de Bolsec,de Gentilis, de Castalion, Thonime du dogme funèbre de la prédestination. Mais ceux qui étudient Tliistoire, comme Michelet, Guizot, Mignet, rendent tous un éclatant hommage au réformateur et le proclament le plus grand théologien du monde et le glus grand patriote de Genève; et si aujourd'hui, dans la ville qui lui doit les plus glorieuses pages de son histoire, des voix s'élevaient pour faire monter leurs insultes jusqu'à lui, nous leur dirions: «Ceux qui ne considèrent Calvin que comme théologien connaissent mal l'étendue de son génie. La rédaction des sages édits, à laquelle il eut beaucoup de part, lui fait autant d'honneur que son Instilution. Quelque révolution que le temps puisse amener dans le culte, tant que l'amour de la patrie et de la liberté ne sera pas éteint à Genève, jamais la mémoire de ce grand homme ne cessera d'y être en bénédiction. »
Ces paroles ne sont pas de nous; elles sont de Jean-Jacques Rousseau l'incrédule; elles se lisent au livre II, chapitre vu, note 4, de son Contrat social.