‹ Vie de CalvinChapitre 96 sur 98 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Calvin et ses insultcurs. — Un pape, Pie lY, s'est constitué son défenseur devant la postérité. — Conclusion.

Depuis trois cents ans, la tombe de Calvin est fermée, et cependant, aujourd'hui comme autrefois, il a ses insulteurs. C'est à qui lui lancera la pierre et reproduira les calomnies mille fois réfutées des Boisée et des Gentilis. On se sent pris d'un profond dégoût, quand on voit les écrivailleurs ultramontains s'acharner après le grand mort, et qui, sans respect pour l'histoire, trempent leur plume dans la boue et le fiel pour salir la mémoire de l'homme qui fut loin d'être parfait, mais qui, de toute sa hauteur morale, domine ses contemporains. La 'haine aveugle qu'il inspire à ses ennemis, provient des services immenses qu'il rendit au protestantisme français, qu'il assit sur ces larges et profondes assises contre lesquelles deux cents ans de persécution se sont montrés impuissants.

Si Calvin n'eût été, comme ils l'affirment, qu'un avare, un amateur de bonne chère, tm débauché, un ambitieux vulgaire et de bas étage, un écrivain sans génie, aurait-il été le chef de tant d'hommes éminents, fiers d'être ses lieutenants, heureux d'être ses

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