‹ Vie de CalvinChapitre 97 sur 98 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

amis? Qu'on ne s'y trompe pas, si les hommes vulgaires sont condamnés fatalement à l'oubli , les hommes immoraux, quel que soit leur génie, ne fondent rien de durable, et la postérité, juste juge, qui rend à chacun selon ses œuvi'es, les voue à l'oubli ou, ce qui est pis, les attache à son pilori.

Calvin vit et vivra; et plus on comprendra que la vraie grandeur est la grandeur morale, plus le législateur de Genève s'élèvera dans l'estime et l'admiration des hommes qui ne se laissent pas dominer par l'esprit de secte et de parti.

Le 27 mai 1864, les Églises réformées de France et celles de la Suisse française célébreront le 300® anniversaire de la mort de leur grand réformateur. Ce jour-là, les successeurs de Bolsec, oubliant l'hommage éclatant que les Florimond de Rémond, lesPapyre Masson, les Estienne Pasquier, les Bossuet, les Élie Dupin, les Desmay et beaucoup d'autres, tous écrivains catholiques et adversaires de la Réforme, ont rendu à la moralité, à la probité et au génie de l'homme de Genève, ressusciteront les vieilles calomnies du passé pour les lui jeter à la face; mais pendant qu'ils le feront, un mort, un pape. Pie IV, sortira de sa tombe pour leur crier: «Taisez -vous, aveugles! celui que vous insultez est le même que celui dont j'ai dit en apprenant sa mort : «Ce qui a fait la force de cet hérétique, c'est que l'argent n'a jamais

été rien pour lui; avec des serviteurs pareils, je serais maître des deux rives de l'Océan. î *

Notre tâche est terminée et notre conscience nous rend le témoignage que nous avons écrit sous le regard de Celui qui hait les lèvres menteuses, et, en offrant aujourd'hui le fruit de notre travail à nos coreligionnaires, nous formons le vœu bien sincère que le 27 mai 1864, date soleimelle dans les annales de notre protestantisme français, ils se tendent fraternellement la main et proclament hautement qu'ils ne veulent d'autre charte que la sainte Écriture , et lui demandent, comme leurs grands et glorieux ancêtres, la règle de ce qu'on doit croire et de ce qu'il faut pratiquer.

l. Turin, Archives, Lettres romaines et citations de Cardianî. Gabirel, Histoire de l'Église de Genève, t. !•', p. 535.

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