‹ Vie de Catherine Tekakwitha, vierge Iroquoise [microforme]Chapitre 10 sur 30 · LEGENDE · texte numérisé non relu

LEGENDE

1. Première station du Village des Iroquois, 1669, où cst 1e église actuelle de Laprairie.

Deuxième station du dit village, 1676, appelé a les Tous “ Kateritsitkaiatat ” c.-à.-d. 1à où Catherine (Tekakwitha) fut inhumée. La est sur le rivage une croix neuve qui a remplacé l’ancienne près de laquelle Catherine Tekakwitha venait prier.

3. Troisième station du village 1689, appelée Kaknawakon, c.-à.-d, “ dans le Rapide” actuellement la terre occupée par M. Edouard Desautels (Laprairie).

4, Quatrième station du village, 1696, appelée Ki anatakwenke c.-à.-d, “ d'où le village a ét6 ôté. C'était près des rapides. Le P. Charlevoix dit y avoir vu les Sauvage en 1708.

5. Cinquième et dernière station du village 1719, à Kaknawake (ou rapide) c.-à.-d. Caughnawaga, Le presbytère et l'église ont été achevés en 1721,

Chrétiens qui étaient partis du paysdes Agniers pour s'établir au Sault St-Louis afin d’y demeurer 1.

Les nouveaux convertis établis au Sault avaient un grand zèle pour amener à la foi leurs parents et amis du pays des Agniers ; ils partageaient généreusement leurs provisions et tout ce qu’ils avaient avec ceux qu'ils avaient pu attirer à la mission °t s’efforçaient de les instruire des vérités de la religion et de leur faire apprécier la grâce que Dieu leur avait faite en: les appelant des ténèbres de l’infidélité à son admirable lumière. Ils se rendment eux-mêmes dans leur pays pour aller les chercher et les amener au Sault. Les habitants de ce village chrétien recurent le nom de Xahnawakeronon, les habitants à Kanawake, ou si l’on veut les habitants de Caughnawaga. Il n’est donc pas exact, comme l’a

1—Les Sauvages donnent au Sault le nom de Kahnawake, d'où les Anglais ont tiré Caughnawaga. Ce mot vient de Ohnawa rapide, courant et du locatif Ke et signifie au Rapide,

au courant. Ce nom est resté au village Indien situé sur la 4

rive sud du St-Laurent, lors même que plus tard il fut transféré à l’endroit où il se trouve actuellement, c’est-à-dire en face de Lachine, vers 1721, mais auparavant le village avait été en deux autres places indiquées dans une petite carte, page 23. On l'appelle en français le Sault St-Louis ou simplement le Sault. Il ne faut pas le confondre avec l’autre Kahnawake ou plutôt Kendaouaguè, comme l’é rit le P. Chollenec, dont il est question dans le commen cement de cette histoire. C'était l’une des hourgades des Iroquois inférieurs appelés Agniers (Kaniekehaka), située sur le territoire de l’Etat actuel de New-York.

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dit un auteur anglais, que les Indiens de cette mission furent appelés Caughnawagas où Indiens de la prière.

Okenratarihen (la cendre chaude ou la poudre.

chaude, disent d’autres, le mot Okenra signifiant l’un et l’autre), se distinguait entre tous par son zèle apostolique pour la conversion des gens &e sa tribu. On l'avait choisi pour être le quatrième Capitaine du Sault. Dans un des voyages au’il fit chez les Agniers appelés Æaniekehakq \, il ramena jusqu’à trente d’entre eux au Sault St-Louis pour les faire instruire et baptiser.

À l’un des voyages que fit au Sault Okenratarihen, Catherine Tekakwitha voulut accompagner ; maïs, à cause de lopposition de son oncle, elle se vit obligée d’ajourner l’exécution de ce projet. Elle passa encore un an chez les Agniers, ne cessant de demander à Dieu de laider à réaliser ce qu’elle désirait et elle finit par être exaucée.

Une parente de Catherine se trouvait au Sault

1—Kaniekehaka, les Agniers, les habitants des cantons Agniers. Kanieke à Agniers, chez les Agniers, dans les cantons Atnier«. C’est sous ce nom que maintenant encore on désigne au Sault St-Louis les descendants d's Agniers, (en anglais Mohacks) établis dans la province d'Ontario, du côté de Brantford, et tous protestants. Le mot haka, de même que Ronon, s'ajoute à un nom de lieu pour signifier habitant

Coroose

St-Louis. Ayant appris quel était le désir de Catherine, elle s’en ouvrit à son mari et Iui demanda sil

n’y avait pas moyen d'aller la chercher et des

l’amener au Sault. Son mari approuva ce plan ct partit accompagné de plusieurs Agniers devenus chrétiens qui se rendaient à Albany pour y acheter des peaux de castors.

Dès qu'ils furent arrivés dans le village où résidait Catherine, ils se rendirent chez elle.

rends à Albany (à Skanctati, disent les Sauvages, ce qui signifie de Pautre (côté des pins) ; bientôt je repassera]i 1c1, attends-moi, et nous partirons ensenr: ble.—Merci, répondit Catherine ; je suis enfin arrivé au comble de mes désirs. Elle se hâta d’aller faire part au P. de Lamberville de ce qui était arrive: Dans quelques jours, lui dit-elle, je partirai, j'iral demeurer parmi 133 Chrétiens. Ayez done, mon

Père, la bonté d'écrire aux missionnaires du Sault iont . Ar

St-Louis qu’ils daignent me recevoir et m’instruire.| Le P. de Lamberville encouragea volontiers soi pieux dessein et lui dit de recommander à Die cette entreprise et de le prier avec ferveur, afil qu’elle pût arriver saine et sauve au but de sol voyage.

L'oncle de Catherine était alors à la chasse dani

Elle fut ravie de joie en les voyant. Son beau-frère lui dit : Je ni

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le pays occupé à cette époque par les Flamands ou Hollandais, à peu de distance. La Providence avait permis son absence pour favoriser lévasion de Catherine. Son beau-frère Okenratarihen (La cendre chaude) vint avec un Huron de Lorette qu’il avait pour compagnon de voyage et un autre Sauvage ; ils prirent Catherine avec eux pour lemmener au Nault St-Louis.

Quand on sut au village que les trois personnes nues de Montréal s’en retournaient et qu’on ne it plus Catherine dans la cabane, on se douta de ce quis’était passé. On s’empressa d’en porter assitôt a nouvelle à Poncle de Catherine. Cette nouvelle e jeta dans une grande colère. IT chargea aussitôt on fusil de trois balles et se mit à la poursuite des: oyageurs, décidé à en tuer quelqu'un. IT fit tout

e qu’il put pour découvrir sa nièce ; mais les compa- Mons de Catherine, qui se défiaient de son oncle, B'aient eu l’heureuse idée de sortir du canot et de

LEUR D cacher dans le bois. Le beau-frère de Catherine Q SOI . ° .

on Btant allé chercher du pain aux environs, l'avait

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issée avec ses compagnons. L’oncele de Catherine rriva lorsque Okenratarihen était déjà parti Ce crnier l’aperçut, mais de trop proche, en sorte qu'il ‘y'avait pas moyen de l’éviter sans se faire connaître. continua done son chemin ; mais l’onele de Cathe-

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rine, comme s’il eût eu un bandeau devant les yeux, ne reconnut pas celui qu’il cherchait. Pendant ce temps, Catherine ne cessait de prier Dieu de lui venir en aide, pour qu’elle ne fût pas reconnue de son oncle. Quand Okenratarihen fut de retour, il leur conta son aventure ; il leur dit même qu’il avait causé quelques instants avec l'oncle de Catherine sans être reconnu et qu’il était retourné chez lui, pensant sans doute avoir été mal informé et la retrouver chez lui. Ils continuèrent donc leur voyage ; tout le long du chemin Catherine ne fit que prier et rendre grâces à Dieu de ce qu’il l'avait préservée si miraculeusement. Sa joie allait en augmentant À mesure qu’ils s’approchaient de Montréal. Elle arriva au Sault $t-Louis, pendant l’automne de l’année 1677; elle était Âgée de 21ans. Elle remit entre les mains des deux Missionnaires du Sault,les Pères Frémin et Chollenec, la lettre du P. de Lamberville, qui leur disait : “C’est un trésor que je vous envoie, gardez-le bien.” On ne peut expriracr la joie qu’elle ressentait de se voir dans le pays de la lumière, délivrée des peines d'esprit qu’elle avait de ne pouvoir servir Dicu comme elle le voulait, et des persécutions qu’elle avait à subir dans son pays.

Elle alla loger chez son beau-frère, qui *e chargea de ia nourrir et de la vêtir jusqu’à ce qu’elle mourût.

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Il y avait alors dans sa cabane une ancienne chrétienne à qui Dieu avait donné un talent rare pour instruire. lle s'appelait Anastasie T'ekonwatsionko ; elle avait connu Catherine au pays des Agniers ct avait vu la mère de Catherine. Ces circonstances avaient crée entre elles une véritable et sincère amitié.

Anastasie apprit à Catherine les prières et la nuit au

courant des divers exercices de piété usités dans la mission tant pour les jours de fête que pour les jours ordinaires. Catherine appréciait grandement la grâce que Dieu lui avait faite en la retirant du pays des infidèles où Dieu était si gravement offensé, dé lavoir préservée des périls qui la menaçaient lors de son évasion et de l’avoir amenée dans le village du Nault où elle voyait tant de bons Chrétiens. Tous les jours, même dans les plus grands froids de l'hiver, elle se rendait à Péglise avant l’aurore et priait devant la porte de l’humble chapelle, laquelle à cette époque n'avait qu'un toit d’écorce, et elle n’en sortait qu'après avoir assisté à toutes les messes. Elle ne mettait pas moins e’empressement à revenir à la chapelle pour la prière du soir, et, apres que les autres en étaient sortis, elle continuait longtemps à prier, immobile, plus de cœur que de bouche et avec une ardeur merveilleuse. On eût dit qu'au lieu de croire à Jésus caché dans le sacrement,

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elle y contemplait présent. Le feu qui consumait son âme, semblait parfois rayonner sur son visage. Elle restait à la chapelle les dimanches et jours de fête, et, si elle en sortait quelques instants pour prendre ses repas, elle y revenait de suite, tant elle avait de charme à jouir de la présence de Dieu et à s’entretenir avec lui.

Tout en se livrant au travail, elle se plaisait à tenir de pieuses conversations avec Catherins. Elles étaient convenues entre elles de ne s’entretenir que : des choses de Dieu ; elles ne cessaient de rechercher ce qu'il fallait faire pour suivre les exemples des premiers Chrétiens et plaire à Dieu. Elles faisaient des réfiexions sur linjure que le péché fait à Dieu et sur la nécessité de la réparer en faisant des œuvres de pénitence, C’est ainsi qu’elle acquit une grande pureté de cœur. Néanmoins, elle se rendait compte de l’emploi de ses jours en censeur très sévère, et expiait ses fautes tous les samedis dans le sacrement de pénitence.

Chose étonnante, elle commençait par expier ses péchés en s’infligeant des coups avant de les déposer à l’église au pied du prêtre; elle les pleurait avec des larmes abondantes et de profonds gémissements, quoique ce fussent des fautes très légères, mais elle les considérait comme très graves ct se regardait comme chargée de péchés et très misérable.

grâce de faire sa première communion,

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Une conduite si édifiante ne permit pas aux missionnaires du Sault St-Louis de lui refuser la quoiqu’on ne l’accordât d'ordinaire qu'après sé longues épreuves aux chrétiens Froduoi Admise au banqtet sacré, le jour de Noël, elle s’en approcha avec les sentiments de la foi i plus vive et de l’amour le plus tendre. Depuis, elle ressentit un nouvel empressement à se nourrir de la manne céleste, ct les néophytes de la mission, admises au même bonheur, cherchaient à se placer près de Catherine, avouant qu’à son seul aspect elles se sentaient enflammées du désir d'aimer Dieu et de le recevoir dignement.

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