‹ Vie de Catherine Tekakwitha, vierge Iroquoise [microforme]Chapitre 12 sur 30 · PR PR TR · texte numérisé non relu

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oratoire auprès d’un ruisseau où les gens de la cabane allaient chercher de l’eau. Elle avait gravé le signe de la croix sur l'écorce d’un arbre et méditait sur les souffrances de Jésus-Christ. Là, elle suppléait à la messe qu’elle ne pouvait entendre et s’unissait d'intention à ceux qui l’entendaient au village. Elle priait son änge gardien (on l’a su d’une de ses compagnes) qu’il assistât à la messe pour elle et qu’il lui en communiquât le fruit. Dès que ies hommes étaient partis pour la chasse, elle passait le jour à travailler, à couper le bois, à porter l’eau, à faire des colliers ouvragés de poil d’orisnal, à préparer la nourriture qu’elle ne prenait le plus souvent ellemême que vers le coucher du soleil, encore avait-elle soin de mêler souvent de la cendre à ses aliments pour mortifier son goût. Penlant le travail, elle amenait adroitement la conversation sur des sujets de piété ; elle priait celles qui avaient des dispositions pour le chant de chanter quelques cantiques usités à l’église, où de raconter quelque histoire de la vie des saints qu’elles avaient entendues dans les exnortations que les Missionnaires faisaient aux Sauvages.

Sa grande piété lui faisait trouver long le temps qu’elle passait dans les forêts; elle avait hâte de retourner au village pour y entendre la parole de Dieu, assister à la sainte messe ct rendre ses devoirs

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à Notre-Seigneur présent dans la Sainte Eucharistie. Elle y retourna avec ses compagnons vers le dimanche des Rameaux. Elle résolut dès lors de ne plus jamais accompagner les chasseurs dans les bois, afin d’être toujours er la compagnie de Notre- Seigneur et d’avoir le bonheur de le recevoir.

Elle assista pendant la semaine sainte aux instructions données par les Missionnaires sur la passion de Notre-Seigneur. Elle ne pouvait retenir ses larmes en pensant aux souffrances terribles auxquelles le Fils de Dieu s'était condamné par amour pour nous, afin de racheter les hommes, de les délivrer de l’enter et de leur ouvrir le ciel. Cet amour qu’elle avait pour Jésus crucifié n’était pas un amour spéculatif, mais il l’animait à partager ses souffrances, à porter la croix à sa suite, à être pour ainsi dire attachée à la croix avec lui et à se livrer à toute sorte de pratiques de pénitence, afin de rendreamour pour amour à cet aimable Sauveur qui s’est immolé par amour pour nous.

Cet esprit de pénitence lui fut inspiré surtout par son institutrice, la pieuse Anastasie, qui lui parlait souvent du feu inextinguible, des supplices épouvantables de l'enfer, supplices réservés aux pécheurs impénitents. Elle lui parlait aussi des grandes pénitences que les saints avaient faites, des pénitences

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