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la mémoire de cette pieuse fille. La tombe est un parallélogramme en granit surmonté d’une moulure dépassant quelque peu la surface de la pierre, On y lit l'inscription suivante :
KATERI TEKAKWITHA Apr 17, 1680 Onkweonweke Katsitsiio
T'eotsitsianekaron
Ce qui veut dire :
KaTERt TEKAKWITHA, Avril 17, 1680 Lee lis des Mohacks :
(Mot à mot la belle fleur qui s’est épanouie : chez les Sauvages).
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Le sarcophage de granit est entouré d’une belle palissade et recouvert par un.toit incliné fait de gros morceaux d’écorce ; le tout est surmonté d’une grande croix qui peut être vue à distance et a pour le moins 15 pieds de hauteur. Ce monument, dû à la générosité du révérend Monsieur Walworth, coûte environ mille piastres.
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Le mardi 30 juillet 1890, dans l'après-midi, trois Evèques: Mgr Fabre, Archevêque de Montréal ; Mgr Gravel, Evèque de Nicolet, et Mgr MeNierny, Evèque d’Albany (Etats-Unis), environ 60 prêtres et une foule évaluée à plus de 2000 personnes, Français Anglais et Iroquois, se rendairent en bateau et en voiture à la Tortue, près de la Rivière du Portage. Mer l’Evèque d’Albany, dans le diocèse duquel Catherine Tekakwitha était née et avait été baptisée, près d’Auriesville, à Funda, (autrefois Ossernenon) fut gracieusement invité à faire la bénédiction du monument. Après la bénédiction, le Rév. Père Drummond, Jésuite,parla en français, puis en anglais, des vertus de Catherine Tekakwitha, en appuyant sur la sagesse de sa folie apparente et sur la puissance de sa faiblesse. Le Rév. Père Burtin fit ensuite en langue iroquoise une allocution dans laquelle il exhorta les Sauvages présents à cette cérémonie à imiter les vertus de Catherine et à s'attacher à l'Eglise :atholique,qui seule produit la sainteté. Les Sauvages exécutèrent quelques jolis cantiques, puis l’un d’entre eux, le docteur Patton (Ignace Ostawenscrahes) lut en [roquois, puis en anglais une adresse à laquelle Mgr l’Evêque d’Albany, qui parle bien le français, répondit avec beaucoup d’entrain.
Voici la traduction de cette adresse :
x AGP
À {Sa Grandeur Mgr MeNierny, qui a bénit le monument do Catherine; à Leurs Grandeurs Mgr Ed. Charles Fabre, notre vénéré Archevêque et Mgr Elphège Gravel, Evêque de Nicolet, et au R. Père C.-A. Walworth, Recteur deSte-Marie Albany, qui a élevé le présent monument à la gloire de Catherine Tekakwitha.
Messcigneurs, Révérend Monsieur,
Je viens au nom de lanation Iroquoise de Caughnawaga vous exprimer les sentiments qui nous sont commandés par la cérémonie à laquelle nous venons d'assister. Car s’il est quelqu'un que la fête présente intéresse, c’est d'abord notre peuple qui se glorifie d’avoir possédé dans ses rangs l'héroïne du jour, Catherine Tekakwitha. Elle est la gloire de votre peuple. Etce monument érigé à l’endroit où elle fut caterrée et bénit par l'Eglise nous dira à nous et À nos descendants ce qu’a été Catherine ; il rappellera ses vertus et nous apprendra que nous devons l’imiter.
Cette pierre nous rappelle les gloires du passé, c’est-à-dire les miracles nombreux et éclatants qui se sont opérés sur son tombeau. Cette pierre est un gage pour l'avenir et nous permet d’espérer que nous ou nos enfants nous réunirons de nouveau en ce lieu, pour prendre part à de nouvelles fêtes où nous pourrons honorer notre compatriote du titre de Bienheureuse,
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Telle à été sans doute l'intention vénérable du prêtre à la générosité duquel nous devons ce monument. [l'avait manifesté ce désir en étant un des premiers à demander à l'Épiscopat américain que la cause de béatification de Catherine Tekakwitha, en même temps que celle des Martyrs le P. Jogues ct du Frère Réné Goupil soit portée auprès du Saint Père.
Qu'il lui plaise d’accepter notre profonde reconnaissance en retour de la nouvelle marque de prédilection qu’il a témoignée À notre bonne Catherine en lui faisant ériger ce monument. Nous exprimons aussi nos remerciements au prélat qui l’a béni. Il lui appartenait de consacrer par la prière de l'Eglise le lieu de la mort de Catherine. Car ce lis que le divin Maître à cueilli ici pour le porter dans le Jardin du ciel, avait été planté et avait fleuri dans le diocèse d’Albany. Ce lis a été cultivé per les révérends Pères Jésuites auxquels nos ancôtres sont
redevables de la vraie foi. Voilà pourquoi il nous a
| fait plaisir d'entendre un Père de la Compagnie de
Jésus nous faire l'éloge de Catherine.
Enfin, la fête de ce jour a été rehaussée par la
D présence de notre vénéré Archevêque et de son : collègue, Mgr de Nicolet, d’un nombreux clergé, -
d’un grand nombre de personnes accourues de loin, 6e
fi | |: Cette circonstance nous fournit l’occasion de témoi- | gner notre attachement à l’Eglise de Rome, la seule
vraie Eglise de J.-C., et notre soumission filiale :
notre premier pasteur. | À la vue de ces peuples divers unis par le même |
j sentiment d’admiration au pied du monument de |
Catherine, l’humble Vierge Troquoise, nous recon- (
naissons que l’Église catholique est la seule qui 6
produise la sainteté. Puissions-nous être de plus en (
1! plus fidèles à son enseignement et à sa direction ! t
lé Dieu nous fasse cette grâce et, dans cet espoir, nous 1
| sollicitons la bénédiction de Mgr l’Archevèque.
Les INp1ENs Inoquors DE CAUGHNAWAGA. !
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Dans cette adresse, il est fait allusion à la demande p
adressée par les Pères Jésuites au Saint Siège, pour F
l'introduction de la cause de béatification du Père é
Isaac Jogues, S. J., du Frère convers Réné Goupil, p
| S. J.,et de Catherine Tekakwitha, demande à :
EU laquelle les Pères du troisième Concile plénier de D
LU Baltimore, tenu en 1884, ont souscrit en y ajoutant pi
Hi une pétition formelle. gt ; | Ces désirs et ces espérances se réaliscront-ils un
| jour ? Catherine Tekakwitha sera-t-elle glorifiée par s
l'Eglise et placée sur les autels ? C’est le secret de :
ide our ère pil, e à de tant
s un paï it de
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Dieu, mais il nous semble que ce n’est pas en vain que la Providence a permis que son tombesu soit si glorieux et qu’elle ait opéré tant de miracles. Sans doute, le Saint-Siège ne se contenterait pas des miracles passés. dont il serait difficile de constater l’authenticité À la suite d’une enquête canonique, enquête à laquelle le Saint-Siège procède avec une si sage lenteur. Mais il n’est pas impossible, si la confiance dans l’intercession de Catherine Tekakwitha se réveille parmi les fidèles, qu’elle n’opère de nouveaux miracles faciles à constater.
Pour nous, 1l nous semble que le dernier mot de la Providence n’a pas encore été dità ce sujet. Nous aimons à espérer que dans ces temps où la Juiverie higuée à la franc-maçonnerie d’une part, le fanatisme protestant de l’autre travaillent avec tant d’ardeur à arracher à l'Eglise l’âme des jeunes générations sauvages par les écoles protestantes ou athées, Dieu permettra au temps opportun ia glorification de Catherine Tekakwitha pour rattacher de plus en plus à Eglise catholique les Sauvages du Canada ct pour les sanctifier en mettant sous leurs ÿeux un si admirable modèle de toutes les vertus.
Qu'il nous soit permis de citer un fait où nous voyons un signe non équivoque de la protection de Catherine sur la mission du Sault St-Louis, dans
lequelle se sont passés 33 ans de notre vie. Sans doute cette population à beaucoup dégénéré de la vertu de ses ancôtres, mais elle a conservé un profond attachement à la foi catholique. Malgré les efforts inouïs tentés par une certaine secte qui à voulu s'imposer aux Sauvages du Sault St-Louis ; malgré toute sorte d’intrigues dont le récit serait long à faire, le village du Sault est resté catholique. On n’a eu à déplorer dans ces dernières années que la défection de trente personnes environ, y compris plusieurs enfants. Le nombre des apostats est resté stationnaire depuis près de 5 ans et ne semble pas devoir augmenter. C’est un résultat minime pour une population d'environ 2000 âmes.
Cette antique mission a depuis quelque temps subi de grandes transformations ; le costume sauvage disparaît peu à peu, la plaie du luxe s’y est introduite, les Sauvages n’ont plus de Chefs mais un conseil municipal présidé par un maire et sans le contrôle de l'agent des Sauvages. Plaise au ciel que ce changement de régime, fait suivant nous un peu trop prématurément, n’ait que de bonnes conséquences. Le progres et la civilisation ont sans doute un beau côté, mais il n’est pas rare qu’ils amènent la décadence morale à leur suite. Puissent les Sauvages
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beau décaages
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du Sault St-Louis rester toujours dignes de leurs ancêtres, dignes de la bonne Catherine Tekakwitha qui sera à jamais leur modèle !
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