‹ Vie de Catherine Tekakwitha, vierge Iroquoise [microforme]Chapitre 22 sur 30 · FL CE · texte numérisé non relu

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ETIENNE TEKANNENNAKOHA (1690)

Le premier est Etienne Tekannennakoha. Il était venu au Sault St-Louis avec sa femme, une bellesœur et 6 enfants, n'étant âgé que de 35 ans. Il y reçut le baptème et mena dans cette mission une vie très édifiante. Au mois d'août 1690, il partit pour la chasse d'automne accompagné de sa femme et d’un autre Sauvage. Ils furent pris au moiïs de de septembre par un parti de Goyoguens (Cayagas en anglais) qui les lièrent et les emmenèrent à Onontaguè 1. Les habitants de ce village, ravis de joie d’avoir entre les mains des Chrétiens du Sault pour les tourmenter, vinrent au-devant d’eux armés de haches, de couteaux et de bâtons. Un de ces barbares, abordant Etienne, lui dit : Mon frère, tu es mort, n’impute ton malheur qu’À toi-même, puisque tu nousas quittés. Je suis chrétien, répliqua Etienne, et je me fais gloire de l'être; je ne crains pas vos tourments et suis prêt à donner ma vie pourun Dieu qui a répandu son sang pour moi. Ces furieux se jetèrent alors sur lui, lui firent plusieurs incisions par tout le corps, lui coupèrent ensuite les doigts des

1—-Le village d'Onontaguè existe encore aux environs de Syracuse, Etat de New-York. Les Iroquois qui l’iabitent sont tous protestants.

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mains et lui arrachèrent les ongles.—Prie Dieu, lui dirent-ils.— Oui, je le prierai, répondit Etienne ; et, levant ses mains liées, il fit comme il put le signe de la croix en prononçant les paroles. On lui coupa aussitôt la moitié des doigts qui restaïent et on ui cria : Prie Dieu, maintenant. Il fit de nouveau le signe de la croix et on acheva de lui couper les doigts. On l’invita une troisième fais à prier après ce troisième signe de la croix faite avec la paume de la main, et on la lui coupa entièrement.

On conduisit onsuite les captifs au village, près

d’un grand feu dans lequel on avait fait rougir des pier:es. Comme Etienne refusa de chanter à la ma-

sière du pays, un de ces barbares lui enfonça bien avant dans la bouche un tison ardent, puis on Pattacha au poteau... Etienne jeta un regard tranquille sur ses bourreaux et leur dit : Réjouissez-vons de me brûler, ne m’épargnez pas, mes péchés ont mérité de plus grandes souffrances ; plus vous me tourmenterez, plus grande sera ma récompense dans le ciel. Ces paroles les rendirent furieux. Chacun prit, soit des tisons ardents, soit des fers rougis au feu et on lui brûla lentement le corps. Pendant ces tortures, Etienne resta tranquille, ne poussa pas un soupir et tint les yeux élevés au ciel. Ayant demandé un moment de repos qui lui fut accordé, il fit une

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