‹ Vie de Catherine Tekakwitha, vierge Iroquoise [microforme]Chapitre 23 sur 30 · PR EPS PSE NAT RP TN TR SC CRT EP BE TG · texte numérisé non relu

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dernière prière, recommanda son âme à J.-C. et le conjura de pardonner à ses bourreaux, puis rendit son esprit à son Créateur. Sa femme à qui on avait, fait grâce de la vie fut emmenée comme captive mais resta ferme dans sa foi et une fois devenue libre, retourna au Sault St-Louis.

FRANÇOISE KONWANNHATENHA (1692)

Cette femme avait été baptisée par le P. Frémin À Onontaguè, sa patrie, d’où elle s’était retirée au Sault St-Louis. Un jour qu’elle se trouvait à la pêche dans les environs de Chateauguay, où demeurait son secont auari, vertueux chrétien, elle apprit que les ennemis avaient fait irruption au Sault St-Louis. Elle partit en canot avec deux de ses amies ; mais à un quart de lieu du village, leur canot se trouva investi par toute une armée d’Iroquois infidèles. Son mari eut la tête coupée et les trois femmes furent menées dans le camp.

Ces barbares commencèrent par se divertir à leur arracher les ongles et à leur faire fumer les doigts ensanglantés dans leurs calumets. Ses deux compsgnes furent destinées à être captives. Quant à Françoise, on l’emmena à Onontaguè où une de ses

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sœurs eut la cruauté de la livrer à ïa discrétion Ges anciens et des guerriers. Quand on l’eut fait monter sur l’échafaud, elle déclara hautement qu’elle était chrétienne et s’estimait heureuse de mourir dans son pays et de la main de ses proches, à l'exemple de NotreSeigneur J.-C. Ces paroles mirent en fureur un de ses parents qui était présent : il se jeta sur elle, lui arracha un crucifix qu’elle portait au cou et lui fit sur la poitrine une incision en forme de croix : Voilà, lui dit-il, la croix que tu cstimes tant et qui t'a empêchée de quitter le Sault, quand je suis allé t'y chercher. — Je te remercie, répondit Françoise ; je pouvais perdre cette croix que tu m'as Ôtée, mais tu m’en donnes une que je ne perdrai jamais, pas même à la mort. Puis elle se mit à parler avec une onction et une force remarquables, disant qu’elle était prête à souffrir et heureuse de son sort, exhortant ses persécuteurs à se faire chrétiens pôur éviter le feu éternel de l’enfer, bien plus terrible que celui qu’ils allumaient pour la tourmenter. Elle leur déclara qu’elle leur pardonnait de bon cœur et priait le Maître de la vie de leur faire la grâce de se convertir. Ces paroles ne firent qu’accroître leur rage : ils la promenèrent trois jours dans les cabanes pour en faire le jouet de la populace ; le quatrième jour, ils la ramenèrent au poteau du supplice où ils

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lui appliquèrent sur tout le corps des tisons brûlés et des canons de fusil tout rouges de feu, et cela pendant plusieurs heures sans qu’elle poussât le moindre cri. Puis, suivant Ja coutume barbare des Iroquois, ils lui enlevèrent la chevelure, lui jetèrent sur la tête de la cendre chaude et la détachèrent Au poteau. Ils s’attendaient qu’elle se mettrait À courir en faisant des contorsions comme font les autres captifs ; mais elle se mit à genoux et, levant les yeux au ciel, offrit au Seigneur en sacrifice les derniers soufHles de vie qui lui restaient. Les Iroquois se mirent aussitôt à lui jeter une grêle de pierres, et ce supplice mit fin à ses souffrances (1692).

MARGUERITE KAHARONKWAS (1693).

Marguerite Kaharonkwas naquit à Onontiguè et reçut le haptème à l’âge de 18 ans. Elle sé maria peu après et eut 4 enfants, dont le dernier était encore à la mamelle lorsque vers l’automne de 1693 (elle était alors âgée de 24 ans), étant allée visiter son champ à un quart de lieue du fort du Sault St-Louis où elle s’était retirée, elle tomba entre les mains de 2 sauvages de son canton qui la conduisirent à Onontaguè,

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Dès quelle y fut arrivée, on la conduisit sur une éminence proche du village ; plus de 400 sauvages y accoururent. On commença par lui arracher son enfant des bras, puis on lui donna tant de coups de couteau que son corps n’était qu'une piaie. On la conduisit ensuite dans la cabane d’une Française habitante de Montréal, laquelle était aussi en captivité. Pendant le peu de temps qu’elles passèrent ensemble, elles s’encouragèrent mutuellement à souffrir avec constance des supplices passagers qui devaient être suivis d’un bonheur éternel. Pendant qu’elles étaient à converser, une troupe de Sauvages vint chercher Marguerite pour la conduire au lieu de l'exécution. Elle fut liée au poteau et on lui brûla tout le corps avec une cruauté qui ne pouvait être inspirée que par la malice du démon. Elle endura ce long et rigoureux martyre sans donner aucun signe de douleur ; elle ne cessa d’invoquer les saints roms de Jésus, Marie, Joseph et de les prier de la soutenir dans ce rude combat qui dura depuis midi jusqu’au soleil couchant. Comme elle avait demandé un peu d’eau, elle se repentit bientôt de cette délicatesse ; et voulant, comine le Sauveur mourant, endurer le supplice de la soif, elle exigea que si elle en demandait encore on la lui refusât.

Quand on l’eut détachée du poteau, on lui enleva

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la chevelure ; on lui couvrit la tête de cendres chaudes et on lui ordonna de courir, maïs elle se mit à genoux et levant les yeux et les mains au ciel, elle recommanda son âme au Seigneur, On déchargea sur elle des coups de bâton ; un Sauvage prit même le poteau où elle avait été attachée et l’en frappa à la tête. Comme elle donnait encore quelques signes de vie, on jeta son corps sur un tas de boïs où on mit le feu où elle fut bientôt consumée.

Trois jours après sa mort, on entendit pendant la nuit un cri de mort qui fit accourir tous les Sauvages au lieu d’où il partait. On y trouva un feu allumé et on vit un Sauvage se disposer à y jeter le fils de Marguerite Kaharonkwas, pour se venger sur lui d’un affront qu’il croyait avoir reçu des Français, Ils furent bien surpris et même attendris quand ils virent cet innocent qui n'avait qu'un an lever ses petites mains vers le ciel avec un doux sourire ct appeler par trois fois sa mère, témoignant par un geste qu’il voulait l’embrasser. L’enfant ue fut pas livré aux flammes: un des plus considérables du village l’en délivra, mais ce fut pour le faire mourir d’une mort non moins cruelle. Ille prit par les pieds et l’élevant en l'air, il lui brisa la tête contre une pierre. Dieu avait exaucé la prière de sa mère qui, sans doute, avait demandé que son fils iui fût réüni

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au plus tôt et préservé d’une éducation licencieuse qui aurait mis en danger son salut éternel.

ETIENNE AONWENTSIATEWET.

Ce néophyte de la mission du Sault, après avoir échappé au feu qui lui avait été préparé, fut pris par un parti d’Agnicers qui le firent captif ct l’emmenèrent dans leur pays. On lui laissa la vice sauve, mais il fut obligé de demeurer avec ses parercs qui le sollicitèrent fortement de vivre suivant les coutumes de sa nation, c’est-à-dire de se livrer aux désordres d’une vie licencieuse. Loin de les écouter, il leur expliquait avec force et onction les vérités du salut ; mais voyant qu’il ne pouvait les décider à venir avec lui au Sault, il se décida à se sauver et à y retourner pour mettre en sûreté son salut. À peine était-il en chemin que le bruit de son départ se répandit. On se mit à sa poursuite et on voulut l’obliger à revenir sur ses pas. Le généreux Chrétien répondit qu’ils étaient maîtres de sa vie, mais qu'il aimait mieux la perdre que de risquer sa foi et son salut en restant parmi eux. Il demanda à ses bourreaux de lui donner quelques instants pour prier Dieu. Ils y consentirent, et le saint jeune homme

s'étant ‘mis à genoux, remercia Dieu de la grâce qu’il lui faisait de mourir Chrétien et martyr ; il pria pour ses parents et pour ses bourreaux. Dès qu’il eut achevé, d’après les ordres qu’ils avaient reçus des anciens du village, ils lui fendirent la tête.

JEANNE KONWATSTARHA.

Jeanne Konwatstarha était la première compagne de Catherine Tekakwitha et la plus fidèle imitatrice de ses vertus. Elle était de la nation des Onneiouts (en anglais Oneiïidas). Elle fut mariée à un jeune Agnier de la mission de N.-D. de Lorrette. Mais son mari s'étant livré à l’ivrognerie et au libertinage, elle eut à endurer de sa part beaucoup de mauvais traitements, Cependant elle ne voulu: jamais le quitter, dans l’espérance de le faire rentrer en luimême ; elle ne cessa de prier pour sa conversion.

Comme il avait des parents au Sault St-Louis, il s’y

rendit et elle l’y accompagna, mais il ne changea pas de conduite et finit par renoncer à la foi et retourna chez les Agniers. Ce fut le seul endroit où elle refusa de le suivre. Elle se retira chez les parents de son mari, à Lorrette, dans l’espérance de le faire revenir de ses débauches ; mais elle apprit

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