‹ Vie de Catherine Tekakwitha, vierge Iroquoise [microforme]Chapitre 6 sur 30 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Guerre entre les Français ct les 3 nations Iroquoises — Les Agniers vaincus demandent et obtiennent la paix — Les 3 Missionnaires Jésuites envoyés chez les Iroquois logent chez Catherine — Habileté qu’elle déploie dans toutes sortes de travaux.

ANDIS que Catherine vivait de la sorte dans une enfance fort innocente, les Agniers ayant appris que le Roi de France, qu’ilsappelaient

Onontiio Kowa, avait formé le projet d’envoyer dans leurs Cantons des troupes pour détruire leurs villages, furent saisis de crainte. Ils envoyèrent plusieurs de leurs chefs en ambassade à Montréal pour faire un traité de paix avec les Français. Le Gouverneur général, au nom du Roi, agréa leurs conditions et la paix fut conclue entre les Sauvages et les Français.

Comme il n’y avait pas bien longtemps que trois prêtres catholiques avaient été tués par les Sauvages

en haïne de la foi et aussi en haine des Français, le Gouverneur général recommanda aux chefs de conduire des prêtres dans leur pays et de les bien traiter. Les Révérends Pères Jésuites Bruyas, Frémin et lierron furent désignés pour se rendre dans le pays des Iroquois dont ils comprenaient le langage. Ils s’arrêtèrent dans le village de Kentaouaguè, où Catherine demeurait. Son oncle, qui était un des principaux" vieillards du village, les reçut chez lui et chargea sa nièce d’avoir soin d'eux. La Providence ménageait tous ces événements dans l'intérêt de Catherine, pour lui faire connaître ceux qui devaient plus tard lui conférer la grâce du baptème.

Lestrois missionnaires Jésuites n’ayant séjourné que peu de jours dans le village de Catherine, il ne leur fut pas possible de linstruire en détail de la religion chrétienne, ni de la préparer au baptême que dès lors elle désirait avec ardeur. Pendant les années qui précédèrent son baptème, elle se distingua par la vie laborieuse et irréprochable qu’elle mena dans la cabane de son oncle. Elle était douée d’une adresse remarquable pour toute sorte d'ouvrages dont s’occupent les femmes et les filles sauvages, Elle faisait les colliers composés de petits grains de porcelaine dont les anciens se servent pour traiter

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les affaires de la nation : elle préparait les peaux d’anguille où d’écorce forte dont les Sauvages se servent pour faire des rubans ; elle les rougissait en y appliquant la couleur avec de la colle d’esturgeon ; elle accommodait les écorces qui servent à faire des nattes. Elle confectionnait aussi les malles, caisses et seaux dont les Sauvages se servent pour puiser de l’eau. Elle faisait les piles qui servent à écraser le blé-d’'Inde et préparait les perches qui servent à étendre ; elle faisait des ouvrages très délicats en porc-épic et en poil d’orignal ; elle s’occupait aussi de la couture que plusieurs Sauvages avaient apprisc de leurs captives ou des femmes des Chrétiens venus d'Europe. Dès sa tendre jeunesse, elle ne voulut assister ni aux danses ni aux autres jeux auxquels se livrent les Sauvages. Elle ne pouvait sans peine voir faire du inal à personne, pas même aux esclaves, et elle aurait cru commettre une faute en allant voir brûler les prisonniers de guerre, suivant la coutume barbare des Sauvages de sa nation.

Le

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