Ibid., p
Q.uant aux religieux ils cherchèrent dans leurs archives le privilège par lequel le pape Urbain, de sainte mémoire, avait jadis frappé du glaive spirituel les grandes compagnies; les canonistes jugèrent qu'il avait encore tout pouvoir ^ De solennelles processions furent faites à Paris : on y lut plusieurs fois le mandement d'excommunication contre les ducs d'Orléans, d'Armagnac et leurs complices \
C'est un fait que les Parisiens supportaient difficilement de voir les Orléanais campés si près de leur bonne ville, au pont de Saint-Cloud, d'où impunément ils faisaient toutes sortes de courses et de cruautés ; ils en souffraient comme d'une épine que chacun d'eux aurait eue dans l'œil C'est pourquoi, le 9 novembre 141 1, par une nuit très froide et par la gelée, gens d'armes et Parisiens partirent en grand secret de Saint-Jacques pour attaquer la ville de Saint-Cloud. Ils pouvaient être, outre les Anglais et les Français, deux mille compagnons, armés de haubergons et de gros bâtons. On estimait à quinze cents les chevaliers, écuyers d'élite, Bretons, Auvergnats et Gascons qui occupaient Saint-Cloud, fortifiée seulement à l'aide de tonneaux remplis de pierre \ A huit heures du matin les Parisiens étaient devant Saint- Cloud et déjà les bateaux chargés de poix, descendus par la Seine, avaient communiqué le feu aux arches de bois qui soutenaient le pont sur le fleuve. L'assaut est donné à la ville et, trois heures durant, on s'égorge. Or, à l'heure même où, à Notre-Dame de Paris, à cierges éteints et au glas des cloches, on les déclarait excommuniés, 900 chevaliers et écuyers Orléanais étaient tués \ Aussi furent-ils abandonnés sur les