Ihid., t. IV, p. 318-322; Monstrelet, t. II, p
6. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 14) et Monstrelet (t. II, p. 198) donnent cette date. Suivant le Religieux de Saint-Denys (t. IV, p. 256) le 23 octobre Jean sans Peur sortait de Pontoise ; le 30 seulement il aurait été à Paris, suivant Juvénal des Ursins (p. 466).
7. Monstrelet, t. II, p. 199 ; Religieux de Saint-Denys, t. IV, p. 526*
96 VlE DE CHARLES d'oRLÉANS
s'opposer à l'entrée du duc de Bourgogne. Ils avaient perdu ce jour-là une grande chance ^
Les Armagnacs se rassemblèrent toutefois à Saint-Denis, où leurs bandes incendièrent les granges du Lendit. De vives plaintes furent adressées à Charles d'Orléans qui dut se contenter de répondre : « Qiiand nous aurons mené à fin notre entreprise nous prierons le roi d'accorder aux marchands, comme dédommagement, la permission d'exercer le commerce au Lendit ». En attendant les églises étaient transformées en écuries, les autels, en mangeoires pour les chevaux.
Les Armagnacs allaient d'ailleurs affamés, épiés par les brigands et sans argent-. Ils tournaient dans cette pensée autour de Saint-Denis.
Un matin, après la messe, Charles d'Orléans fit réunir dans le réfectoire le vénérable abbé et les religieux de l'abbaye. Le comte d'Armagnac, dans un petit discours, leur rappela les fatigues que les seigneurs présents avaient endurées pour le triomphe de la justice ; qu'ils avaient à cette fin réuni une invincible armée qui, depuis longtemps, attendait l'argent de sa solde : qu'unanimement ils avaient pensé qu'il fallait y suppléer à l'aide du trésor de la reine confié cà leur garde; qu'ils étaient prêts à leur donner décharge régulière des sommes reçues.
Les religieux ne paraissaient pas comprendre. Sur ce, le connétable se fit ouvrir brutalement la porte du trésor de Saint-Denis, ses gens crochetèrent les coffres et s'emparèrent des vases d'or \
Cette affaire causa à Paris autant d'horreur que d'envie.
î. Religieux de Saint-Denys, t. IV, p. 524, 526,