‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 135 sur 639 · Bourgeois de Paris, p · texte numérisé non relu

Bourgeois de Paris, p

LES CABOCHTENS II7

Duchâtel, les capitaines de la Bastille, ceux du Louvre et du pont de Charenton ' ; le 23 août le duc de Bourgogne était trop heureux de s'enfuir indemne de Paris ^

Dans la troisième semaine d'août, ceux qui gouvernaient commencèrent à porter des huques à foison de feuilles d'argent et à la devise : « Je droit chemin ». Elles étaient de drap violet, avec une grande croix blanche \ Puis le roi mandait à Paris les ducs d'Orléans, de Bourbon et d'Alençon ^.

Charles se rendit donc de Blois à Orléans, où il acheta chemises et mouchoirs pour son frère Philippe ' ; mais à Paris, s'ils arrivèrent en bien humble état, du moins furent-ils reçus à grande joie^ Charles demeurait vêtu de noir, selon sa coutume. Ce que monseigneur de Guyenne, le dauphin, ne voulut souffrir. Il exigea qu'il se fît faire une robe semblable à la sienne et pendant un certain temps ils se montrèrent toujours vêtus de même/. C'est pourquoi, le 29 août, Charles d'Orléans acheta à une drapière de Paris, Agnès la Buigniète, 12 aunes de violet de Bruxelles pour faire quatre huques brodées à la devise « le droit chemin » ; les orfèvres y ajoutèrent de petites feuilles d'or^

Ainsi Charles quitta le noir pour la robe des bandés. Et les princes entrèrent dans la ville de Paris par la porte Saint-Jacques, au son des trompettes, tous vêtus de beaux

1. Bourgeois de Paris, p. 40-43 ; Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 142.

2. Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 148 ; Juvénal des Ursins, p. 486.

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